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Articles avec #b.o. pontificales catégorie

Renato Zero - Nei giardini che nessuno sa

Bonsoir à toutes et à tous !

Ce soir j’ai envie de partager une chanson avec vous. Il s’agit d’un morceau de Renato Zero, un des chanteurs italiens les plus en vue ; sa carrière a commencé au début des années ’70 et il su conquérir les foules avec des tenues farfelues et des spectacles assez incroyables. En Italie, il est considéré comme un mythe vivant : certains de ses tubes sont connus par tout le monde. Ces derniers temps il a sorti un nouvel album qui s’appelle « Segreto amore » et qui contient une série de titres enregistrés entre 1990 et 2009 ainsi que deux inédits (Segreto amore et Roma, dédié à sa ville natale).

Aussi connu pour sa musique et ses spectacles que pour le doute qui plane – depuis des décennies – sur son orientation sexuelle, Renato Zero est un véritable poète et ses textes sont parmi les plus fins et recherchés écrits par un chanteur/compositeur italien. La chanson que je vous propose ce soir s’appelle Nei giardini che nessuno sa (dans les jardins que personne ne sait/connaît) ; elle a été publiée en 1994 dans l’album « L’imperfetto ». Son texte parle d’aide aux personnes plus faibles, des handicapés, aux invalides, aux personnes âgées ; autant dire que cette chanson m’a tout de suite fait penser à mon Grand-père, de plus que je l’ai véritablement découverte quelques jours avant son départ.

Je vous propose donc d’écouter cette chanson en ligne ; ici de suite vous trouverez une traduction française réalisée par mes soins ; elle n’est pas exceptionnelle car il n’est pas facile de traduire les beaux textes de Renato, mais elle peut donner une idée de la profondeur de la chanson.

 


 
 


Nei Giardini che nessuno sa

(Renatozero / Renatozero, Riccardi)
Traduction : Stefano A.

Sens cette peau rugueuse
Un grand froid dans l’âme
Et même une larme a de la peine
à couler sur les joues.
Trop d’attentes derrière le coin,
Des joies qui ne t’appartiennent pas,
Ce temps inconciliable
Joue contre toi.

Voici comme tout se termine
Nous nous retrouvons cloués à une fenêtre,
tels des spectateurs, mélancoliques,
de bonheurs impossibles.
Beaucoup de voyages déjà repoussés
des valises qui sont vides depuis une éternité,
Cette douleur que tu ne reconnais pas,
elle seule ne t’abandonnera jamais
Ohhh… jamais.

Ce mal-être est un refuge
Trop de hâte dans ton envie de grandir
On ne fait plus de miracles,
Plus maintenant.
N’écoute pas ces poupées-la
Ne touche pas à ces pilules-la
Cette Bonne-Sœur a un bon caractère
Elle sait s’y prendre avec les âmes.

Je te donnerais mes yeux
Pour voir ce que tu ne vois pas,
L’énergie, l’allégresse
Pour te voler encore des sourires
Te dire oui, toujours oui
Pour que tu puisses t’envoler encore
Où tu veux, où tu sais,
Sans plus aucun poids sur le cœur.

Te cacher les nuages
Cet hiver qui te fait mal
Soigner tes blessures et puis
quelques dents en plus pour manger
et puis te voir rire,
et puis te voir courir encore.
Oublie, il y a ceux qui oublient
Nonchalamment une fleur ou un dimanche
Et puis…
Silences !

Et puis ?
Silences !
Silences...

Dans les jardins que personne ne sait
On respire l’inutilité
Il y a du respect, une grande propreté,
C’est presque de la folie.
Sais-tu comme il est beau de t’enlacer
Se retrouver ici pour te protéger,
et d’habiller, et de coiffer, oui,
Et te chuchoter « ne baisse pas les bras »
Dans les jardins que personne ne sait
Oh combien notre vie on traine par ici
Que de petit maux, de petites anémies
Nous ne sommes rien sans nos rêves.

Soutiens-les ! Aide-les !
Je t’en prie ne les laisse pas tomber
Fluets, fragiles
Ne leur nie pas un peu de ton amour
Des étoiles que maintenant se taisent
Mais qui donneront un sens à ce ciel,
Les hommes ne brilles pas,
S’ils ne sont pas également des étoiles.

Des mains qui tremblent à présent
parce que le vent souffle plus fort,
Ne les quitte pas, non pas maintenant,
Pour que la mort ne les surprenne pas.
Les malhabiles c’est nous,
Qui ne donnons pas même si nous avons tout
Oublie, il y a ceux qui oublient
Nonchalamment une fleur ou un dimanche
Et puis…
Silences !
Et puis ?
Silences !
Silences...
Silences...

Le coup de coeur de la Fête de la Musique : Take me Home

Bonjour à toutes et à tous !

Après quelques jours d’absence, me voilà de retour par ici avec un nouvel article consacré à mon coup de cœur de la Fête de la musique 2009, c’est-à-dire le groupe Take me Home.

Take me Home est un groupe genevois aux sonorités Indie/Pop/Rock (non ce n’est pas moi qui veux faire mon savant, j’ai lu ça sur leur page Myspace) et se compose de trois membres : il y a Claude, le chanteur et guitariste du groupe, Pat, à la basse et aux chœurs, ainsi qu’Alex à la batterie et également aux chœurs. Vous savez peut-être (si vous étiez au concert de samedi sur la Place Numa Droz, ou vous avez pris le temps de faire un petit tour sur leur page Myspace) que Take me Home est en train de peaufiner son tout premier album qui sortira au mois de septembre, d’abord en version digitale à télécharger légalement sur leur site et ensuite – si tout va bien – aussi dans les bacs.

En attendant ce moment – qui est souvent crucial pour des artistes émergents – le groupe ne va pas chômer : en fait, après leur prestation à la Fête de la Musique, Take me Home va se produire dans le cadre du tremplin Lémanique du Montreux Jazz Festival le 13 juillet prochain avec la reprise du classique du rock « Gloria » écrit par Van Morrison et enregistré par le groupe Them en 1964. Le groupe va également donner des concerts dans la région genevoise et s’expatrier en Suisse alémanique à la fin du mois d’août pour se produire à Zurich. Je vous conseille donc, de visiter leur site officiel et leur page Myspace pour avoir une vue d’ensemble de leurs concerts et – si vous êtes dans les parages et vous avez une soirée de libre – d’aller écouter leur musique car ça vaut la peine ; d’ailleurs, sur leur Myspace il vous pouvez écouter leur reprise de « Gloria » et visionner des extraits vidéo d’autres titres qui – j’espère – vont apparaître dans leur album à venir (j’aime spécialement « To Party all Night Long »).

Que dire de plus ? Eh bien que je me réjouis de la sortie de l’album (que je me presserai de télécharger) ; en tout cas le concert de samedi était vraiment très sympathique, énergétique, bref une belle surprise au sein de cette Fête de la Musique édition 2009. Je vous propose donc de passer à quelques photos et à une petite « surprise » finale.

 


Take me Home sur scène.

 


Close-up de Pat, le bassiste…

 


… et de Claude, le chanteur.

 


Autre photo de Claude, peut-être la plus réussie de la série…

 


Take me Home.

 


Et, pour finir, en exclusivité pour ce site, une photo de Take me Home après leur gig : de gauche à droite : Claude, Pat et Alex.

 


Et – comme je ne suis jamais avare de surprises et d’extras – voici un extrait de « Gloria » live from Neuchâtel.

Bien à vous

Votre Stefano

Mylène Farmer - Avant que l'ombre...

Bonjour à toutes et à tous !

Pour terminer en beauté ce mois de février, j’ai envie de vous présenter un de mes disques préférés ; il s’agit d’Avant que l’ombre…, l’album que Mylène Farmer a publié en 2005 après plusieurs années de silence. Beaucoup de monde reposait beaucoup (trop) d’attentes sur ce nouvel opus de la rousse Mylène : les critiques ont souvent été élogieuses, mais une partie de ses fans n’ont pas aimé. En ce qui me concerne j’ai beaucoup aimé cet album car je trouve qu’il présente une Mylène qui a beaucoup grandi depuis l’époque Libertine / Sans contrefaçon. Je pense que c’est normal qu’un artiste évolue et on ne peut pas prétendre qu’il n’innove jamais et reste toujours le même.

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Dans Avant que l’ombre…, nous retrouvons une Mylène plus tranquille et posée, amoureuse qui n’a pas pour autant vaincu ses démons. La mort, le sexe et le sang sont encore très présents dans ses textes, à côté de « nouveaux » thèmes ; Mylène nous livre ses réflexions sur la vie, la mort, la dualité entre l’amour et le sexe et le fait avec des textes ironiques remplis de sous-entendus et de jeux de mots. Dans cet article je vais passer en revue chacun des quinze titres et vous parler de ce que j’ai compris et ce que je ressens en les écoutant. A titre indicatif je vais noter les chansons sur la base de trois critères : les paroles de la chanson, sa musique et les émotions que je ressens en l’écoutant.

01 - Avant que l’ombre : magnifique ouverture et entrée en matière ! Peut-être un peu trop longue, mais je n’enlèverais pas une seconde à ce morceau de six minutes. Les paroles et la musique sont impeccables et je ressens une foule d’émotions en écoutant Mylène parler de ce qui arrive avant que l’ombre ne vienne. Note 6 sur 6.

02 – Fuck them all : morceau choisi comme premier single ; un choix tout à fait discutable, mais justifiable si on veut mettre en avant le talent de parolière de Mylène. Le texte parle de la relation entre homme et femme, il est assez hermétique et présente beaucoup de jeux de mots et de double-sens. Note 4.92 sur 6.

03 – Dans les rues de Londres : chanson à l’ambiance mélancolique, un hommage à Virginia Woolf et aux rues de Londres qu’elle a célébré dans ses nouvelles. C’est une chanson avec des paroles une fois de plus assez hermétiques qui se marient très bien avec la musique dominée par le piano. Le frisson et l’émotion sont garantis. Note 5.08 sur 6.

04 – Q.I. : Choisi comme deuxième single d’Avant que l’ombre…, ce morceau a été un de mes préférés dès la première écoute de l’album. J’adore les paroles (que l’on pourrait trouver « cucul ») et je trouve que le texte est très ironique et il décrit bien cette dualité entre amour et sexe. Note 5.33 sur 6.

05 – Redonne-moi : troisième single extrait de l’album et un de ses points forts ; un morceau impeccable avec des paroles qui vont droit au cœur et une musique qui donne des frissons. Une chanson très « Mylène » laquelle nous invite à être nous-mêmes, car sinon nous ne serions que des fantômes. Note 6 sur 6.

06 – Porno Graphique : la dualité abordée dans Q.I. est aussi le thème de ce morceau qui divise les fans : soit on l’aime, soit on le déteste. Moi je l’aime bien car la musique est très différente du reste de l’album ; le texte est intéressant mais pas aussi ironique que celui de Q.I. Note 5.08 sur 6.

07 – Derrière les fenêtres : c’est le morceau d’Avant que l’ombre… que j’aime le moins ; il n’est pas foncièrement faible, mais les paroles et la musique ne me transmettent pas grand-chose. Je n’arrive pas à percer l’hermétisme des paroles et, par conséquent, je n’arrive pas à percevoir les émotions que la chanson devrait éveiller. Note 4.58 sur 6.

08 – Aime : comme le morceau précédent, Aime ne rencontre pas trop ma faveur ; j’aime sa musique un peu « rock », mais je trouve que ses paroles sont un peu niaises (à l’image de la rime « aime, tous les mots sont les mêmes ») et qu’elle ne me donne rien. Note 4.83 sur 6.

09 – Tous ces combats : retour de l’émotion après deux morceaux un peu fades. Encore une fois la musique est dominée par le piano, omniprésent tout au long de l’album ; les paroles, quant à elles, nous présentent une Mylène qui doit se battre pour faire face aux défis de la vie et au doute. Note 5.08 sur 6.

10 – Ange, parle-moi : chanson à émotion garantie ; il m’a fallu du temps pour l’apprécier et c’est grâce au concert de 2006 que j’ai appris à me laisser toucher par ce titre et le message que Mylène adresse à son ange gardien (son frère décédé) pour l’implorer de ne pas la laisser mourir. Note 5.33 sur 6.

11 – L’amour n’est rien : j’adore cette chanson ! Un quatrième single intriguant qui traite, une fois de plus, le thème de la dualité entre amour et sexe. La chanson présente une musique qui donne la bougeotte et texte est très ironique qui donne le sourire (« l’amour n’est rien, quand c’est politiquement correct »).  Note 5.33 sur 6.

12 – J’attends : nouvelle chanson lente qui poursuit cette lignée de chansons à émotion lancées par Tous ces combats et Ange, parle-moi. Dans cette chanson à la musique très influencée par le rock (surtout vers la fin), Mylène attend que le vent (la mort ? l’oubli ?) l’emporte. Une chanson très Mylène Farmer. Note 5.17 sur 6.

13 – Peut-être toi : cinquième et dernier single extrait d’Avant que l’ombre…. Au début j’aimais bien ce morceau car il bouge bien, mais peu à peu je me suis lassé, principalement à cause du texte qui est assez fade et ne transmet pas grand-chose. Il faut quand même reconnaître que la musique est très bien. Note 5 sur 6.

14 – Et pourtant… : à mes yeux il est capital de commencer et terminer convenablement un album ; Avant que l’ombre… est un très bon morceau d’ouverture et le choix d’Et pourtant… comme conclusion est, selon moi, très approprié. Avec Et pourtant… l’écoute de l’opus finit sous le signe du doute et de l’espoir. Note 5.25 sur 6.

15 – Nobody Knows : morceau caché qui se trouve après la fin d’Et pourtant… ; au début je trouvais qu’il n’aurait pas fallu l’inclure car je le trouvais assez nul, mais je l’ai un peu redécouvert durant le concert à Bercy et même s’il ne me transmet toujours rien, maintenant je le trouve sympa. Note 4.83 sur 6.

S’il fallait donner une note globale à cet album, ce serait 5.25 ; la moyenne des notes des chansons est de 5.19, mais je trouve que plusieurs éléments tels que l’ordre des chansons, le concept de l’album et d’autres détails justifient le fait que la note soit montée à 5.25.

Bien à vous

Votre Paadre dévoué   

Moment France Gall

Après l’article consacré à l’album de Nathanaël, j’ai envie, avant de passer à autre chose et reprendre la suite des événements, de m’arrêter dans le domaine de la musique (que j’aime) et vous parler d’une artiste que j’apprécie dont les chansons me touchent énormément. Et cette fois il ne s’agit ni de Madonna, ni de Mylène, ni de Grégory Lemarchal, mais d’un véritable monument de la chanson française : France Gall.



J’ai eu le plaisir d’approcher cette immense chanteuse pendant les longues heures passées dans le bureau d’Anne-Lise à préparer l’exposition pour les 40 ans de Champréveyres en 2004 à travers une anthologie très mal faite car elle ne contenait pas des tubes tels que Il jouait du piano débout ou La déclaration d’amour. J’ai en tout cas apprécié les chansons sur ce double album et depuis j’ai essayé de connaître davantage sur cette femme. J’ai alors appris qu’elle a été victime d’un destin assez tragique qui lui a fait endurer, en moins de cinq ans, la perte de son génie de mari et de sa fille Pauline (morte à 19 ans à cause de la mucoviscidose). Depuis 1997 France s’est éloignée de la scène, mais ses chansons restent un patrimoine inestimable.

En 2005 j’ai acheté le coffret 3CD appelé Evidemment et j’ai enfin eu un aperçu plus fidèle d’une carrière qui se déroulait sur trois décennies entre 1973 et 1996. C’était un best of de la période Warner de France qui présentait les meilleures chansons que Michel Berger avait écrit pour elle (et pour lui) ; un long parcours entamé par La déclaration d’amour (chanson que j’ai adoré de la première écoute) et clos par les « ré-visitations » de ses tubes (et de quelques tubes de Michel) apparues dans l’album France (de 1996) en passant par des inédits ou des raretés.

Mais comme je suis toujours un novice de la musique française et que je découvre à fur et à mesure, j’ignorais que notre France était une icône déjà avant 1973 grâce à une « première carrière » commencée en 1963 et ponctuée par des hymnes tels que Sacré Charlemagne, Poupée de cire, poupée de son et la mythique Les sucettes, une collaboration inoubliable (et choquante à l’époque) avec Serge Gainsbourg. Lorsque j’ai découvert cette partie de sa carrière j’ai voulu chercher un best of et je suis tombé sur l’excellent Poupée de cire, poupée de son qui retrace les années 1963-1968 avec une collection de 23 chansons (dommage qu’aucune chanson de la période 1969-1973 ait été incluse dans cette sorte de best of).

Ma connaissance de la carrière de France était donc à peu près complète, mais il y avait un objet que je voulais à tout prix et que j’ai fini par avoir : l’édition « limitée » et numérotée d’Evidemment : l’intégrale de la discographie de France Gall à partir de 1974 (ses années chez Warner) ! 13 CD + 1 DVD (d’un concert à Bercy) qui comprennent ses huit albums studio, huit live, des b-sides pour la première fois sur CD et des morceaux inédits tels La seule chose qui compte et Une femme tu sais. Dommage que l’intégrale ne soit pas une intégrale de sa carrière, mais bon, il est vrai qu’il y a des chansons intéressantes dans les débuts de sa carrière, mais rien ne vaut sa collaboration musicale (ainsi que dans la vie de tous les jours) avec Michel Berger.

J’ai donc eu mon coffret numéroté le 10 juin 2007 et depuis je l’ai pas mal écouté. J’adore le style de France et grâce à elle j’ai eu envie de connaître davantage la musique de Berger et d’écouter les chansons qu’il a écrites pour lui… et j’ai aussi beaucoup aimé. Je discutais avec Natha de la carrière de France Gall et il me disait qu’il trouvait que c’était dommage qu’elle ait arrêté après la mort de son mari, mais d’un côté je la comprends. Elle a été sur la vague du succès pendant plus de trente ans, elle a dû faire face à des épreuves rudes et je comprends qu’elle n’ait plus trop envie de sortir des albums maintenant que celui qui la comprenait le plus n’est plus parmi nous.

Je trouve aussi que des fois il faut savoir s’arrêter avant de s’acharner à faire quelque chose, surtout si on sent qu’on ne pourra pas la faire aussi bien qu’avant. Après tout, France a arrêté de sortir des disques, mais nous avons une série de chansons immortelles qui ne vieillissent pas. Voici quelques coups de cœur :

La déclaration d’amour, La chanson d’une Terrienne, Si, maman, si, Musique, Il jouait du piano débout, Diego, libre dans sa tête, Tout pour la musique, Débranche, Cézanne peint, Ella, elle l’a, Papillon de nuit, Babacar, Laissez passer les rêves, Jamais partir, ainsi que les reprises exceptionnelles de La groupie du pianiste, Message personnel, La minute de silence, Lumière du jour, et sa participation extraordinaire à Starmania où elle a brillé avec Besoin d’amour, Monopolis et Quand on n’a plus rien à perdre.

Pour terminer, car je ne veux pas à chaque fois vous faire subir un article de plusieurs pages, je ne peux que vous conseiller de prendre un peu de temps pour écouter cette femme ;O).

Bien à vous

Votre Paadre dévoué

Nathanaël - Mots pour maux

Dans mon article consacré aux Portes Ouvertes de Champréveyres j’ai évoqué en passant le concert de Nathanaël et l’achat de son CD. Aujourd’hui je veux retourner sur ledit CD et vous en parler de façon un peu plus approfondie, et cela pour plusieurs raisons ; je connais Natha depuis plusieurs années (pour être exact, depuis avril 2004 lorsqu’il est arrivé à Champréveyres pour faire son service civil). Pendant ces années j’ai appris à connaître et apprécier ce jeune homme soit comme personne qu’en tant qu’artiste. Il lui aura fallu du temps pour arriver à publier son premier album, mais cette attente n’aura pas été infructueuse car il en a profité pour s’améliorer et pour élargir ses connaissances dans le domaine du son.



C’est donc en mai 2007, un petit mois avant les Portes Ouvertes, que Mots pour maux, le premier CD de Natha, a vu le jour : onze morceaux pour presque cinquante minutes de musique aux textes très personnels et recherchés (tout ce que j’aime dans une bonne chanson) qui m’ont enchanté dès la première écoute. Nathanaël aborde des thèmes qui lui et me tiennent à cœur, tels que l’exploitation des enfants ou l’importance de suivre ses rêves, ou encore la relation entre la vie et la mort. Il faut aussi préciser que le jeune homme a écrit l’intégralité des textes et de la musique (sauf les paroles et la musique de Sans la nommer, morceau phare de Georges Moustaki).

Je veux maintenant, pour vous donner envie d’acheter ce CD, dire un ou deux mots pour chacun des onze titres :

[01] Dérive aux nuages : Mots pour maux s’ouvre avec un morceau instrumental composé par Stanislas Romanowsky (qui s’est d’ailleurs occupé des arrangements de tous les morceaux de l’opus) ; c’est une idée (celle de débuter avec un morceau instrumental) qui me plait beaucoup et qui permet à celui qui écoute le CD de se mettre gentiment dans l’ambiance. Dans Dérive aux nuages on a l’impression que le piano et le violoncelle se cherchent et se poursuivent comme deux nuages lâchés au gré du vent dans le ciel.

[02] Le silence de l’amour : deuxième titre de l’album, et premier coup de cœur pour votre Paadre ; j’aime bien le changement assez brutal de rythme dans le refrain. En ce qui concerne le message, il s’agit d’une chanson qui nous rappelle que l’amour n’est pas fait que de mots, mais aussi de caresses, regards, saveurs et désir. Est-il possible d’aimer sans parler ? Si l’on croit à Natha, il semblerait que oui.

[03] Au-delà de l’ombre : je dois avouer que j’ai dû écouter cette chanson plusieurs fois avant de comprendre ce que Nathanaël voulait dire, et je ne suis pas sûr que la conclusion à laquelle je suis arrivé est la bonne… Je dois aussi avouer que cette chanson me fait penser à Avant que l’ombre de Mylène Farmer ; non elles ne se ressemblent pas, mais les deux évoquent « l’ombre » et tandis que le morceau de Madame Farmer se penche sur ce qui se passera « avant que l’ombre s’abatte à ses pieds », Natha s’interroge sur ce qui nous attend au-delà de l’ombre. Cette « ombre » devient donc une image de la mort (au moins, moi je la vois comme ça). Qu’est-ce qu’il y a après la mort ? Est-il vrai qu’une vie meilleure que celle qu’on vit sur cette terre nous attend ?

[04] Chasseur d’étoiles : Ma chanson préférée, et cela depuis que je l’ai entendu, longtemps avant la sortie de l’album. Chasseur d’étoiles parle d’un homme qui a tout quitté à l’âge de huit ans « privé de télé pour un carreau brisé chez Vieux-Con d’à côté » et qui a trouvé sa raison de vie dans la chasse aux étoiles. Ce que j’aime bien dans cette chanson, à part les paroles, c’est le fait qu’elle incite celui qui l’écoute à suivre ses propres rêves et à faire ce qu’on a envie de faire ; après tout qui sont les autres pour nous dire que ce que nous faisons est inutile ? Chasseur d’étoiles aurait fait un très bon premier single.

[05] Petite fille : Encore une fois une chanson que je connais depuis un bon moment et que j’ai apprécié dès la première écoute ; il s’agit d’un morceau dans lequel Nathanaël s’adresse à une petite fille avec qui il avait l’habitude de parler, une petite fille sur le point d’abandonner son innocence et ses rêves. Le chanteur incite la petite fille à ne pas abandonner l’espoir et à continuer à croire en ses rêves malgré le fait que la vie n’est pas toujours facile.

[06] Les murs du silence : Il faut avouer qu’au début j’ai eu un peu de peine avec cette chanson car je la trouvais extrêmement longue. En plus de cela, Les murs du silence n’est pas vraiment chantée, mais plutôt parlée, comme s’il s’agissait d’un poème que Nathanaël était en train de réciter accompagné d’un piano. Finalement je commence à l’apprécier de plus en plus grâce à un texte qui me touche beaucoup : la chanson parle de l’importance de ne pas oublier les souvenirs, les émotions et les sensations de notre enfance et de notre jeunesse ; les chanteur les retrouve, les trie, fait de l’ordre, les protège et les donne aux autres.

[07] Traverse ou reste : Comme Au-delà de l’ombre, Traverse ou reste se penche sur la relation entre la vie et la mort ; si dans la première Nathanaël s’interrogeait sur ce qui nous attend après la mort, dans Traverse ou reste il a un approche plus « joyeux » et nous fait savoir qu’il se penchera sur les questions existentielles sur la vie et la mort une fois qu’il « sera prêt à faire ses bagages sur son dernier souffle » et que pour le moment il préfère profiter de la vie. Il avisera « quand arrivera le moment de la grande traversée ».

[08] Sans la nommer : Changement radical par rapport à la chanson précédente ; Sans la nommer est un hymne que Monsieur Moustaki avait écrit pour célébrer la « révolution permanente » ; je ne suis pas un type révolutionnaire, mais il est parfois bien de garder à l’esprit que des fois il faut se battre pour faire valoir nos droits et notre liberté. J’aime bien ce dernier morceau ; malheureusement je ne connais pas la version de Georges Moustaki et je ne puis donc me lancer dans une comparaison des deux interprétations, mais celle de Nathanaël vaut, à mon avis, le détour.

[09] Urgence : Sans la nommer introduit parfaitement cette Urgence, une chanson dans laquelle le chanteur se penche sur le problème de l’exploitation des enfants ; « urgence, partout ! » il dit en nous rappelant que beaucoup d’enfants dans le monde sont privés de leur enfance, transformés en machines de guerre, ou exploités par des entreprises. Ce que je trouve dommage c’est qu’encore une fois le texte est plutôt récité que chanté. Je pense que cette chanson aurait été beaucoup plus puissante si elle avait une sonorité un peu plus rock.

[10] Un jour banal : dernier morceau chanté du CD ; Nathanaël choisit un reggae breton pour raconter la « journée d’un homme qu’on retrouve dans ses paroles » et qui soudain se rend compte de toute la misère du monde. J’ai entendu ce morceau en concert et c’est très bien pour faire chanter tout le monde à la fin du spectacle…

[11] Voyage au vent : Mots pour maux se termine comme il était commencé : avec un morceau instrumental qui annonce la fin du voyage dans le monde de Nathanaël. Encore une fois le morceau a été composé par Stanislas Romanowsky et, encore une fois, piano et violoncelle se suivent, se cherchent et s’accompagnent dans ce voyage.

Voilà tout ce que je pouvais bien vous dire concernant cet album ; en lisant l’explication morceau par morceau, vous vous êtes probablement rendus compte qu’il ne s’agit pas d’un CD que l’on peut écouter avec une oreille ; pour bien apprécier Mots pour maux il faut se poser et prendre le temps de réfléchir aux paroles, aux textes et se laisser bercer par la musique. C’est un voyage que je vous encourage à faire car il ne peut qu’être enrichissant. Si cela vous intéresse, vous pouvez commander l’album (pour 30 francs seulement) sur le site de l’association Scène Destination (une association qui s’occupe d’accompagner les artistes dans leur parcours musical) : voici l’adresse : http://www.scene-destination.ch.

Pour aujourd’hui c’est tout

Bon vent, prenez soin de vous

Votre Paadre dévoué

Grégory Lemarchal - (mon cadeau) de temps en temps

Le deuxième de ces trois articles que j’ai décidé de consacrer à Grégory en ce jour où il aurait fêté son 24e anniversaire consiste en un petit cadeau que je veux faire à toutes celles et à tous ceux qui l’appréciaient et qui veulent passer quatre-vingts minutes en compagnie de sa musique ; comme vous pouvez imaginer je n’ai pas le droit de poster ici des liens pour télécharger Je deviens moi ou l’audio du Live à l’Olympia, mais j’ai quelque chose d’autre, quelque chose qui n’a jamais été publié officiellement : des performances live de Grégory lors des quatre mois qu’il a passé au château de la Star Académy. Il s’agit d’une série de duos avec ses « copains de classe », mais aussi avec des grands noms de la musique française et internationale (j’ai nommé Laura Pausini, Céline Dion et d’autres encore).

Voici donc la track listing de ce CD que j’ai appelé de temps en temps.


cliquez sur l'image pour télécharger le dossier compressé avec les 21 titres.


01 – Tous les cris les SOS (avec Radia et Sofiane)
02 – SOS d’un terrien en détresse
03 – Je ne suis pas un héro
(en duo avec Matthieu)
04 – Tomber pour elle
(avec Cyril et Faudel)
05 – Rien n’est comme avant
(en duo avec Hélène Ségara)
06 – Resta in ascolto
(en duo avec Laura Pausini)
07 – Vivre pour le meilleur (en duo avec Lucie)
08 – L’envie
(en duo avec Hoda)
09 – Toute la musique que j’aime
(en duo avec Patricia Kaas)
10 – Comme un yoyo
(en duo avec Jenifer)
11 – Casser la voix
(en duo avec Patrick Bruel)
12 – L’Hymne à l’amour
(en duo avec Nolwenn Leroy)
13 – Sous le vent
(en duo virtuel avec Céline Dion)
14 – Con te partirò
15 – Je viens du sud
(en duo avec Chimène Badi)
16 – Un Ave Maria
(en duo avec Lara Fabian)
17 – Je ne sais pas
18 – Je suis en vie
(en duo avec Magalie Vaé)
19 – Et maintenant
20 – The Show Must go on
(en duo avec Patrick Bruel)
21 – De temps en temp (titre inédit)


Je m’excuse déjà pour la qualité, mais il faut admettre qu’extraire l’audio des fichiers de youtube ne donne pas toujours des résultats parfaits (la qualité est en tout cas plutôt bonne et les morceaux se laissent écouter) ; parmi ces 21 chanson j’ai bien entendu eu des coups de cœur immédiats, mais toutes méritent d’être écoutées (ne soit-il qu’une fois dans la vie).

J’ai commencé la collection avec Tous les cris les SOS, un morceau que Grégory avait chanté avec deux camarades lors du premier prime de la Starac’ 4 ; j’aime bien cette chanson et c’est juste dommage que Radia ne soit pas foutue de chanter comme il faut et gâche la première performance en prime de Grégory et Sofiane (qui lui arrive plus ou moins à assurer sa partie). Suit le SOS d’un terrien en détresse qui est une de mes chansons françaises préférées ; je crois que la version de Grégory est la seule, avec celle de Balavoine, qui arrive à me donner des frissons.

Une mention spéciale va ensuite aux duos avec Lucie et Hoda (les deux filles qu’en 2004 s’étaient disputées la place pour être en finale avec lui) : deux chansons pleines de puissance et un Grégory qui donne la pêche. Les deux morceaux qu’il a interprétés avec Patrick Bruel sont aussi deux moments puissants du CD, notamment The Show Must go on que j’ai placé de façon très symbolique à la fin du CD pour clore la partie « live » et avant d’introduire de temps en temps, un titre inédit qu’on aurait probablement trouvé dans le deuxième album (que Grégory était en train d’enregistrer).

La deuxième partie du CD (à partir de la chanson numéro 12) est un peu plus tranquille et Grégory nous enchante avec sa voix magnifique lorsqu’il chante Con te partirò, une de mes chansons italiennes préférées (d’ailleurs je suis désolé mais je n’ai pas pu couper la présentation de Daniela Lumbroso car j’aurais dû couper le début de la chanson) ; j’adore le fait que Grégory chante en italien et je dois dire qu’il se débrouille très bien (à part le « qui con me »). Con te partirò est suivie par le duo avec Chimène Badi sur je viens du sud, celui avec Lara Fabian sur un Ave Maria et le classique d’Edith Piaf (l’hymne à l’amour) chanté avec Nolwenn Leroy. Grégory était un fan de Céline Dion et il n’est pas surprenant qu’il ait repris quelques unes de ses chansons pendant ses jours à la Star Académy : ici je me suis limité à proposer Je ne sais pas et le duo virtuel (avec Céline elle-même) sur Sous le vent.

Il serait trop long de parler de chaque morceau dans cette récolte ; à côté des chansons que j’ai cité, il y a d’autres performances avec d’autres grands artistes (tels que Patricia Kaas ou Laura Pausini) mais aussi des morceaux chantés avec des autres académiciens de sa promotion ou avec les gagnants des autres éditions (comme le duo sur Je suis en vie chanté avec Magalie).

Je vous propose donc de redécouvrir Grégory Lemarchal à travers ces performances live que j’ai compilé pour vous (d’ailleurs j’ai dû faire un tri assez considérable… j’aurais eu assez de matériel pour remplir deux CD, mais je me suis limité au plus beau matériel que j’ai trouvé) ; je vous propose ainsi de redécouvrir un artiste à la voix superbe (sur les vingt chansons live qui se trouvent sur ce CD vous ne l’entendrez pas une seule fois faire une fausse note), au charisme et à la sensibilité remarquables qui aura marqué plus d’un esprit.

En espérant que cette collection vous plaise, je prends congé de vous.

Votre Paadre dévoué

Grégory Lemarchal - Je deviens moi

S’il était encore en vie, aujourd’hui Grégory aurait fêté son 24e anniversaire ; malheureusement le destin en a décidé autrement, mais cela ne m’empêche pas de consacrer cette journée à ce jeune artiste récemment parti rejoindre les anges (purée là il me semble de parler comme Nikos de la Starac’). Dans ce premier d’une série de trois articles, j’ai décidé de vous présenter Je deviens moi, le seul album que Grégory aura eu le temps de publier, un opus que j’apprécie et qui me touche énormément. Je vous invite donc à me suivre dans ce voyage à travers les douze titres qui composent l’album.



Comme je viens de dire, Je deviens moi est l’unique album studio publié par Grégory Lemarchal ; il est sorti en plein milieu de l’année 2005 et a connu un succès assez considérable (je pense qu’il a été double disque de platine, soit plus de 200'000 exemplaires vendus) ; l’album a été produit par Yvan Cassard (que certains d’entre vous connaissent probablement suite à ses collaborations avec Mylène Farmer) et a été lancé par le titre Ecris l’histoire, premier single extrait de l’opus. Le deuxième single a été Je suis en vie qui a été suivi par A corps perdu, single annulé à cause d’un manque de passages dans les radios (la chanson était, parait-il, trop triste pour avoir du succès à la radio) dont le clip avait néanmoins déjà été tourné.

Avant de passer au survol des titres de Je deviens moi, il faut préciser que Même si (what you’re made of) duo que Grégory a enregistré avec Lucie Silvas (et qui a été publié comme single en 2006) ne fait pas partie de l’album et que Le feu sur les planches est bel et bien un des titres de Je deviens moi, mais a été utilisé pour promouvoir le live à l’Olympia et non l’album lui-même.

Mais je viens aux chansons de l’album :

Je deviens moi : la chanson qui donne le titre à l’album est aussi celle qui a été choisie pour ouvrir l’opus ; il s’agit d’un très beau morceau qui parle de quelqu’un qui gagne son indépendance vis-à-vis de quelqu’un d’autre. Il s’agit d’une indépendance qui fait du bien à cette personne qui peut finalement s’épanouir et devenir elle-même.

Pochette du single "Je suis en vie"

Je suis en vie : le deuxième morceau de l’album est celui qui a été choisi comme deuxième titre ; il faut admettre que c’est une de mes chansons préférées surtout la partie « je suis en vie / et ça n’a pas de prix / et ce n’est pas à vendre ». Je trouve que ce titre montre vraiment la joie de vivre qui distinguait Grégory et son envie de vivre et croquer la vie à pleines dents malgré la maladie qui l’affligeait. A ce propos il faut dire que Grégory n’a écrit aucun des douze morceaux de l’album, mais il a été capable de choisir des morceaux très autobiographiques.

Pochette du single "Ecris l'histoire"

Ecris l’histoire : c’est le morceau que tout le monde connaît, le premier single extrait de je deviens moi (d’ailleurs le b-side était SOS d’un terrien en détresse). Ecris l’histoire est comme une lettre ou une prière que le chanteur adresse à sa bien aimée pour qu’elle reste à côté de lui et « n’écrive jamais la fin ». Le chanteur est prêt à faire tout ce que sa bien aimée veut.

Pochette du promo monotitre "A corps perdu"

A corps perdu : j’adore cette chanson et c’est probablement le morceau de Grégory que je préfère ; je m’en fous royalement si les radios l’ont trouvé trop triste et n’ont pas été foutues de le passer, moi j’adore ! Il s’agit probablement du texte le plus autobiographique de tout l’album, une chanson dans laquelle le chanteur s’interroge sur l’utilité de vivre la vie à fond lorsqu’on sait qu’un jour ou l’autre on va quitter cette terre : « à corps perdu j’écrirai mon histoire / je ne serai plus le pantin du hasard / … /et si la vie n’est qu’une cause perdue / je partirai ivre d’y avoir au moins cru / à corps perdu, à corps perdu…  ». Simplement magnifique… Cette chanson me donne des frissons chaque fois que je l’écoute.

Pochette du promo monotitre "Le feu sur les planches"

Le feu sur les planches : cette chanson évoque la passion de Grégory pour la scène, un titre rythmé qui a été choisi pour promouvoir le live à l’Olympia : « et ça nous crame, des pieds jusqu’à l’âme ».

Je t’écris : mon autre grand coup de cœur dans cet album sublime : les paroles de la chanson ont été écrites par Marc Levy. Grégory nous fait faire un tour du monde, un tour rempli de mélancolie, un tour qui nous interpelle « je t’écris de l’Afrique où l’on meurt par milliers » ou « je t’écris des tranchées de guerre abandonnées ». C’est une chanson qui semble nous pousser à ouvrir les yeux, à aimer notre prochain. Enfin un petit chef d’œuvre de plus de six minutes, un morceau incontournable que je vous conseille de tout cœur.

Pardonne-moi : une chanson qui commence avec une série de « si » ne peut annoncer un morceau qui parle de regrets ; Pardonne-moi est en effet une chanson dans laquelle Grégory semble regretter de n’avoir pas pris au sérieux une histoire qui maintenant est finie. « Pardonne-moi le mal que j’ai pas fait / je ne voulais pas que l’on s’aime à peu près /…/ on ne donne rien quand on donne peu ».

Mon ange : ce titre est le récit de la première rencontre entre le chanteur et son âme sœur : « le jour où tu es tombée du ciel / tout m’a semblé plus léger / et je me sens pousser des ailes / accroché à tes baisers ». J’aime bien le message de ce morceau qui nous rappelle qu’il est plus facile de surmonter les épreuves de la vie lorsqu’on a la personne aimée à nos côtés. Je pense qu’on aimerait tous avoir notre ange à nos côtés.

Promets-moi : cette chanson parle de l’importance de toujours croire à nos rêves, dans n’importe quel domaine. C’est peut-être la chanson que j’aime le moins dans l’album… je ne saurais même pas dire pourquoi… c’est comme ça et c’est tout.

Il n’y a qu’un pas : « Il n’y a qu’un pas / un peu de terre / de l’aube à la fin du jour / de l’amitié à l’amour », un texte qui parle de l’évolution de la vie et des sentiments : tout peut changer en un instant… il n’y a qu’un pas qu’il faut souvent franchir qu’on le veuille ou pas. C’est mon coup de cœur post Je t’écris.

Le bonheur tout simplement : une chanson qui parle encore une fois de bonheur et de joie de vivre « s’il fallait donner un nom / à cette sensation / qui te fait grimper jusqu’au sommet du monde / il n’y aurait pas de mot assez grand / ou assez beau / mais si c’était ça le bonheur / tout simplement ?» ; le chanteur s’interroge sur la valeur de la vie, sur la nécessité d’apprécier le moment présent et les petites choses de la vie.

Une vie moins ordinaire : encore une célébration de la vie qui semble nous dire qu’il faut juste regarder autour de soi pour se rendre compte que notre vie n’est pas aussi ordinaire que cela et que nous pourrions rendre notre vie exceptionnelle si on le voulait. Cela ne dépend que de nous. Je trouve que ce morceau est une conclusion très bien choisie pour Je deviens moi.

Voilà, j’espère que ma critique vous a donné envie d’écouter et / ou acheter l’album. En tout cas je vous le conseille (et pas n’importe quel CD finit dans la catégorie « BO du Paadre »).

Take care

Votre Paadre dévoué

Najoua Belyzel - Entre deux mondes en équilibre

Le premier article de cette nouvelle rubrique consacrée à mes coups de cœur en matière de musique est consacré à Najoua Belyzel qui a tout récemment été définie comme la nouvelle Mylène Farmer ; or qui me connaît ne soit-il qu’un petit peu sait que je suis un grand fan de la rousse Mylène, c’est pour cette raison que j’ai attendu avec hâte l’occasion de donner mon point de vue concernant la déclaration susmentionnée.

Il est vrai que l’Univers musical de Najoua est très intéressant et se rapproche à celui de Mylène dans plusieurs aspects, mais je n’irai pas jusqu’à dire que Najoua est la nouvelle Mylène et si j’étais à la place de Najoua je ne serais pas ravi d’être continuellement vu de cette manière.

Najoua a aussi des choses à dire, ses fantasmes et ses peurs ; elle a aussi un Univers et à travers Entre deux mondes en équilibre nous avons pu en discerner les lignes générales ; maintenant il faudra voir qu’est-ce qui se passera ensuite, si cet Univers se précisera ou bien disparaîtra.  En tout cas Najoua a du talent et pourrait devenir un grand nom de la musique francophone sans avoir besoin d’une comparaison plus ou moins fondée avec la seule et Unique Mylène Farmer.

Je vais ici parcourir les douze titres de l’album et consacrer quelques lignes à chacun d’entre eux sans en tout cas avoir la prétention de vous inciter à acheter le CD, mais juste attiser votre curiosité et vous donner quelques pistes d’interprétation.


 

Je ferme les yeux : c’est la chanson qui ouvre le premier opus de Najoua et qui a été choisie comme deuxième single. Doubler le succès de Gabriel n’était pas évident, mais je pense que Je ferme les yeux avait toutes les caractéristiques pour s’imposer et pour imposer Najoua Belyzel au grand public. Le thème de cette chanson est l’amour ; la chanteuse est tiraillée entre un amour « terrestre » et un amour plus « céleste ». En plus elle parle de « l’Amour Universel » de « retrouver l’Etincelle » et elle s’adresse à l’Eternel à genoux et en sang, comme si elle était en train de prier.

Celui qu’il me faut : Ce deuxième titre de l’album parle en quelques sortes de l’âme sœur et nous rappelle quelque chose de très important : celui (ou celle) qu’il nous faut n’est pas forcement le plus beau, le plus intelligent, mais quelqu’un avec qui nous complète, quelqu’un qui nous fait sentir bien. J’aime bien le message de cette chanson et je ne peux pas ne pas le transférer à ma situation personnelle.

Bons baisers de Paris : Une chanson qui parle de Paris sous un angle différent que celui dont on entend parler d’habitude. Il faut avouer que cette chanson me rappelle Hollywood de Madonna car les deux abordent le même thème : on déménage dans la grande ville en quête de succès et célébrité et peu à peu on perd son âme, son identité et on change. On risque de devenir ce que les autres veulent que nous devenions et pas ce que nous voulons devenir. Personnellement j’aime beaucoup ce titre et je le verrais bien comme troisième single.

Comme toi : un autre titre qui parle d’amour ; cette fois la chanteuse nous parle de quelqu’un qui est accroché à son partenaire, qui dépend de lui, qui vit pour lui et qui en quelques sortes n’aime pas cette situation parce que cette situation la rend égoïste. Elle finit donc pour aimer et détester au même temps la personne aimée.

L’écho du bonheur : C’est la première chanson lente de l’opus ; Najoua s’adresse à un homme et lui dit qu’il est le seul qui pourrait la libérer, la faire devenir la « femme qui vit en elle ». Mais apparemment le rapprochement de ces deux âmes n’est pas possible dans l’immédiat car il y a des murs qui les séparent. Je trouve que ce titre laisse beaucoup de place à la libre interprétation de chacun d’entre nous ; déjà le fait que l’on parle de « murs » et non d’obstacles plus précis, fait en sorte que cette chanson puisse raconter l’histoire de beaucoup d’amoureux qui rencontrent des obstacles sur leur chemin.

Gabriel : Le titre que tout le monde connaît : c’est la chanson qui a lancé Najoua et qui a donné un aperçu de son univers. On s’interroge et on est intrigués par les lignes « es-tu fait pour lui / es-tu fait pour moi ?» et on se pose des questions sur ce cher Gabriel. C’est clair qu’ici l’ambiguïté est évidente, mais est-ce que ces deux lignes sont vraiment ambiguës ? La chanson dit assez clairement que Gabriel semble incapable de choisir s’il préfère les garçons ou les filles ou bien les deux…

Stella : Face à l’ambiguïté qui n’est pas ambiguë de Gabriel, dans Stella nous trouvons pas mal de matériel pour une longue et intéressante discussion concernant l’ambiguïté. Quels sont les liens de la chanteuse avec cette chère Stella ? Qu’elle est cette « maladie » dont souffrirait Stella ? A la fin de la chanson Najoua nous dit que Stella est la sœur qu’elle n’a pas, mais peut-on être sûrs que là derrière il ne se cache pas autre chose ? Et cette maladie ? Ce n’est pas à moi de rappeler que pas mal de personnes mal informées considèrent l’homosexualité comme une maladie. Ambiguë, très ambiguë…

Des maux mal soignés : Dans ce titre Najoua aborde un thème dans lequel, je suis sûr, beaucoup d’entre nous se retrouvent : nous tendons à cacher nos faiblesses à les enfuir au fond de notre cœur et on compte les soigner de cette façon. Mais on ne peut pas soigner ces maux de cette manière et Najoua nous invite à en parler, à les transmettre à nos proches. J’aime bien cette chanson qui, un peu comme L’écho du bonheur, est très lente et très douce.

Rentrez aux USA : L’OVNI de cet album ! Très belle chanson qui aborde le thème de la guerre (et on pourrait même dire la guerre en Iraq) et des soldats américains qui combattent loin de chez eux. Najoua incite les soldats à rentrer chez eux à retrouver leurs familles avant que « leurs veuves aillent chercher le bonheur ailleurs ». Une chanson très polémique dans laquelle la chanteuse incite les soldats à ne pas écouter la « voix des fous » (j’aime bien cette définition de G.W.B).

Mon sang, le tien : Une chanson qui parle très probablement de la relation privilégiée entre la mère et son enfant ; sur ce coup je ne suis pas sûr à 100% mais plusieurs indices me portent à cette conclusion : déjà le titre Mon sang, le tien me fait penser à deux personnes qui partagent le même sang ; ensuite on parle de « sein », de « premiers pas », de « trace » et de « fil ».

Docteur Gel : Ce titre parle d’abus sexuel de la part d’un adulte sur un enfant, de la peur de la part de cet enfant d’en parler, de sa souffrance et de la haine que cet enfant ressent pour ce Docteur Gel maintenant qu’elle comprend. J’aime bien ce titre.

La berceuse : l’agréable surprise de cet album : une chanson dérangeante, ambiguë dans laquelle Najoua dit (en deux mots) qu’elle en veut à ses parents de l’avoir conçue car elle n’avait pas envie de venir au monde. Elle décrit son père et sa mère comme ses premiers bourreaux et puis, de façon assez surprenante la chanson se termine avec « papa maman, je vous déteste, mais je vous aime ». A vous d’interpréter ceci comme un signe d’une schizophrénie latente ou encore comme un coup de génie inattendu à la fin de ce morceau. En tout cas c’est probablement dans ce titre que Najoua se rapproche le plus de Mylène Farmer.