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Articles avec #words & music catégorie

Mylène Farmer - Bleu noir

 

Bonsoir à toutes et à tous !

Ce soir je souhaite vous proposer une petite chanson qui tourne en boucle dans mon baladeur depuis quelques mois… elle a même fait partie de mon best of 2010… il s’agit de Bleu noir, la chanson qui donne le titre au dernier opus de Mylène Farmer ; écrite par notre Rousse flamboyante et par le talentueux Moby (qui signe la plupart des morceaux du dernier album de cette artiste mystérieuse), Bleu noir et une chanson dans laquelle – en quelques mots – Mylène nous dit que malgré toutes les souffrances et les blessures, la vie vaut tout de même la peine d’être vécue. Un message très positif pour notre Rousse qui – au cours de sa longue carrière – nous a habitué à des textes plus noirs et tourmentés.

Dans Bleu noir nous retrouvons Mylène qui « marche vers les ténèbres » vers un « horizon funeste » ; elle semble perdue, mais la vie qui « l’entoure et la baigne » lui disent que ça vaut la peine de vivre. Il est difficile de se mouvoir dans « ce convoi de larmes » qui compose notre existence. Mylène trouve la force d’aller de l’avant « au fond de [sa] peine », au fond d’elle où son « cœur couleur vermeille » a survécu aux épreuves de la vie.

Le texte de ce morceau est assez facile à comprendre : certains fans ont critiqué les nouvelles chansons de Mylène pour cette « accessibilité » qui ne sied pas trop au personnage ; personnellement, j’aime beaucoup avoir la possibilité d’interpréter ces anciens morceaux, mais je trouve qu’il est encore plus important de retrouver de l’émotion dans ces chansons… et puis je trouve que le vocabulaire reste tout de même très recherché et le charme des morceaux farmeriens reste intacte.

Enfin, je vous laisse en juger par vous-mêmes. Ici de suite vous trouverez le texte de Bleu noir, par contre, si vous cliquez sur l’image, vous pourrez accéder à Youtube et vous pourrez visionner le clip officiel de cette chanson qui a été choisie comme deuxième single extrait de l’album. Je trouve le clip très simple, mais réussi… et certainement beaucoup plus intéressant que celui de Oui mais… non ; non, je n’ai pas encore digéré ce single, mais – ma foi – il a atteint son but (ramener Mylène au sommet des classements)…

 

Bleu_Noir.jpg


Bleu noir
Paroles : Mylène Farmer
Musique : Moby

Je marche vers les ténèbres
Vers l’horizon funeste
Mais la vie qui m’entoure et me baigne
Me dit quand-même ça vaut la peine

Et qui peut se mouvoir
Dans ce convoi de larmes
Je te dédie ma mort
Et je saigne, saigne encore
Mais…

La bataille est belle
Celle de l’amour
Disperse tout
La bataille est celle
Des longs, longs jours
Oh mon amour

L’on peut se retourner
Mais l’horizon ressemble à l’ombre
Quand tu pars
Il ne reste qu’un bleu noir

Je tombe en defaillace
Vienne ma délivrance
Me dit quand-même qu’au fond de ma peine

Survit un cœur couleur vermeil
Qui bat. Mais…

Refrain


Bien à vous

Votre Stefano

Leave me Alone (I'm Lonely)

Bonsoir à toutes et à tous !

Ce soir j’allais vous proposer la suite de mes aventures aux archives ; cependant, il faut parfois faire preuve de souplesse et savoir changer ses plans si un événement imprévu se produit. Ce matin j’étais dans le train, je me rendais à Fribourg et j’écoutais – comme très souvent – de la musique : je suis tombé sur une chanson de P!nk qui a toujours la capacité de me donner la pêche et je peux vous dire que la magie a opéré une fois de plus. Il s’agit de Leave me alone (I’m Lonely), un de mes morceaux préférés en absolu de cette artiste qui était jadis la Madonna de Florian (là elle ne l’est plus à cause du Funhouse Tour, mais je suis confiant que notre Floppy va finir par renouer avec elle un jour ou l’autre).

Ce qui est bien avec ce morceau c’est qu’il est entrainant, dansant et que son texte me parle : c’est l’histoire de cette jeune fille qui a besoin de son espace pour mieux profiter de la relation avec son copain. Et là, c’est dans le mille ! C’est tout à fait moi et c’est donc pour cela que je propose cette chanson après les deux derniers articles consacrés à ma vie sentimentale. J’aurais pu faire une longue dissertation sur le sujet, mais je trouve que notre amie P!nk a une approche beaucoup plus humoristique et drôle ; et elle n’a pas tout tort : certes, Adam et Eve n’avaient pas trop de distractions, mais – si on assume qu’ils ont vraiment existé – je me dis que parfois chacun des deux était dans son coin d’Eden et que l’autre lui sortait des yeux.

Ce besoin d’espace décrit par Madame P. je le ressens aussi ; mais en même temps, je ressens la solitude. C’est tout le paradoxe de mon être, de cette chair humaine qui enveloppe mon âme. Je vous propose donc d’écouter ce morceau en version Live en cliquant sur l’image de la pochette du single, tout en suivant ses paroles (que vous trouverez plus bas) ; pour une fois, je ne me suis pas amusé à traduire le texte car je trouve que je n’aurais pas pu rendre son efficacité en français… rien que le titre pose problème car il n’est pas aussi facile de rendre en français cette différence essentielle entre « alone » (le fait d’être tout seul) et « lonely » (qui dénote plus une sensation et un sentiment de solitude). Toutefois, si vous voulez voir une traduction en français, vous la trouvez ICI :


Pink

 

Leave me alone (I’m lonely)
(écrite par P!nk et B. Walker)

 

Go away
Give me a chance to miss you
Say goodbye
It'll make me want to kiss you
I love you so
Much more when you're not here
Watchin all the bad shows
Drinking all of my beer

I don't believe Adam and Eve
Spent every goddamn day together
If you give me some room there will be room enough for two

Refrain :
Tonight
Leave me alone I'm lonely
Alone I'm lonely
I'm tired
Leave me alone I'm lonely
Alone I'm lonely tonight

I don't wanna wake up with another
But I don't wanna always wake up with you either
No you can't hop into my shower
All I ask for is one ***kin' hour
You taste so sweet
But I can't eat the same thing every day
Cuttin’ off the phone
Leave me the fuck alone
Tomorrow I'll be beggin' you to come home

(Refrain)

Go away
Come back
Go away
Come back
Why can't I just have it both ways
Go away
Come back
Go away
Come back
I wish you knew the difference
Go away
Come back

Go away
Give me a chance to miss you
Say goodbye
It'll make me want to kiss you
Go away
Give me a chance to miss you
Say goodbye
It'll make me want to kiss you
Go away
Give me a chance to miss you
Say goodbye
It'll make me want to kiss you

(Refrain)

Bien à vous

Votre Stefano

J'ai crié des profondeurs

Bonsoir à toutes et à tous !

Lorsque je vous ai parlé de l’horloge de Charles Baudelaire, je vous disais que j’aimerais combler mes lacunes en littérature française ; eh bien, c’est chose faite… enfin, j’ai commencé à lire des grands classiques des auteurs francophones les plus immortels. Et – pour ne pas être trop dépaysé – j’ai commencé par l’opera omnia du seul auteur que je connaissais : c’est ainsi que – quelques jours après mon article sur l’horloge – je me suis acheté Les fleurs du mal de Charles Baudelaire.

Il faut que j’admette que j’avais peur de me lancer dans la lecture des poèmes du Roi du spleen : je pensais me trouver devant des textes hermétiques et incompréhensibles, mais finalement il n’en est rien. Certes, ils ne sont pas aussi faciles qu’une liste de courses, mais ils se laissent lire et il n’a pas fallu longtemps avant que l’univers baudelairien commence à opérer son charme sur votre humble serviteur. Homme tourmenté et sensible, ce cher Charles aborde certains thèmes de prédilection : la solitude, le temps qui passe, la vieillesse (le temps qui passe ?), la beauté et – bien évidemment – l’amour, souvent malheureux et tourmenté. Certains d’entre vous pourraient me dire : « mais finalement Charles Baudelaire était une sorte de Mylène Farmer du XIXe siècle… ». Ce n’est pas faux, de plus que – comme on a déjà vu – la Rousse flamboyante s’est inspirée à l’univers du poète des « fleurs » pour son propre univers.


Eclipse

Ce soir, je souhaite vous proposer un poème que je lisais dans le train pendant mon trajet de retour à Neuchâtel : il s’agit du texte de profundis clamavi (j’ai crié des profondeurs), un poème qui m’a frappé car il illustre assez bien mon article d’hier sur ma vie sentimentale. Après le « Frozen heart », voici le « soleil de glace », un astre « sans chaleur » qui, avec sa « froide cruauté », n’arrive pas à me sortir « du fond du gouffre obscur » qui a englouti mon petit cœur. Certes, je n’ai pas un « unique » que j’aime (ou peut-être oui ? Mystère…), mais ce texte m’a beaucoup frappé car je m’y suis retrouvé et je n’ai pas pu résister… j’ai dû le publier, même si à la base je voulais vous proposer un autre poème (ça viendra).

 

XXX - De profundis clamavi
par Charles Baudelaire

J'implore ta pitié, Toi, l'unique que j'aime,
Du fond du gouffre obscur où mon cœur est tombé.
C'est un univers morne à l'horizon plombé,
Où nagent dans la nuit l'horreur et le blasphème ;

Un soleil sans chaleur plane au-dessus six mois,
Et les six autres mois la nuit couvre la terre ;
C'est un pays plus nu que la terre polaire
- Ni bêtes, ni ruisseaux, ni verdure, ni bois !

Or il n'est pas d'horreur au monde qui surpasse
La froide cruauté de ce soleil de glace
Et cette immense nuit semblable au vieux Chaos ;

Je jalouse le sort des plus vils animaux
Qui peuvent se plonger dans un sommeil stupide,
Tant l'écheveau du temps lentement se dévide !

C. Baudelaire - L'horloge (en duo avec M. Farmer)

Bonsoir à toutes et à tous !

Ce soir je souhaite partager avec vous un de mes poèmes préférés, un des seuls que je connais en français ; je n’ai jamais eu l’opportunité d’étudier la littérature française au cours de mes études primaires et secondaires au Tessin ; c’était la littérature italienne et j’en garde des très bons souvenirs. Toutefois, il est vrai j’aimerais bien approfondir mes connaissances en littérature française (ou francophone) en lisant quelques classiques ; j’ai lu un peu de Maupassant, Chessex, Dumas… mais il y a tellement plus à découvrir…

Le poème que je souhaite vous proposer ce soir a été composé par un des plus grands poètes français (et pour dire ceci, il ne faut pas des connaissances très poussés de littérature) : il s’agit de l’horloge de Charles Baudelaire qui – en vingt-quatre lignes – parvient à capturer toute l’angoisse et le sentiment d’inéluctabilité liés au temps qui passe. A chaque instant nous faisons un pas de plus vers la mort et l’oubli. J’ai décidé de parler de cette composition car elle m’est revenue à l’esprit, suite à mes divagations dominicales sur mon avenir. Je me suis rendu compte que – parfois – je devrais passer moins de temps à réfléchir sur ma vie et plus de temps à la vivre. Tiens, cette phrase ferait une bonne résolution pour une des années à venir… à marquer dans mon agenda :D.

Et en plus, ce poème de Baudelaire, tiré des Fleurs du mal, est vraiment magnifique.

La description du temps comme un Dieu sinistre, effrayant et impassible dont le doigt nous menace et nous dit « souviens-toi » (ce « souviens-toi » va revenir maintes fois au cours du poème : un rappel constant du faits que nous ne sommes que des pauvres êtres humains condamnés à redevenir poussière), est à mon avis très réussie. A l’instar du « souviens-toi », le « doigt » du temps nous rappelle que nous ne sommes pas éternels, que notre vie suit un parcours qui a un départ et une destination bien définis ; toutefois c’est à nous de définir les étapes intermédiaires (ça c’est moi qui l’ajoute… le poème ne le dit pas). Chaque moment qui passe nous dévore un morceau du délice de la vie qui passe et coule comme un fleuve en direction de la mer ; on ne peut pas revenir en arrière, ni rattraper les instants passés. Le temps passe vite : le présent devient passé dès qu’on l’a vécu, comme le dit si bien Baudelaire dans la troisième strophe : la Seconde, n’a même pas le temps de chuchoter Souviens-toi qu’elle doit déjà se rendre à l’évidence que maintenant je suis autrefois.

Le temps qui passe… une sale affaire (si j’ose…) ; mais, au moins, la loi universelle du temps qui passe est la même pour tous (cf. le « gosier de métal » de l’horloge « parle toutes les langues ») ; elle vaut pour les riches comme pour les pauvres, pour les gentils comme pour les méchants. Il faut profiter du temps qu’on a : Les minutes, mortels folâtres, sont des gangues (d’après le Robert Micro, une gangue est une matière sans valeur qui entoure un minerai ou une pierre précieuse à l’état naturel) qu’il ne faut pas lâcher sans en extraire l’or, c'est-à-dire, il faut tout exploiter et profiter un maximum.

Le poème continue avec un avertissement : Souviens-toi que le temps est un joueur avide, qui gagne sans tricher, à tout coup, c’est là loi. C’est vrai : personne ne peut échapper à la mort ; chaque instant nous approche fatalement de cet événement incontournable (le jour décroît, la nuit augmente ; souviens-toi, le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide). Vous trouvez que ce poème devient de plus en plus morbide ? Je vous l’accorde, ce n’est pas très gai tout ça, mais je trouve que Baudelaire a été très habile à relater d’une manière très imagée ce voyage sans retour vers le néant (si vous êtes athées) ou vers le paradis (si vous êtes croyants).

Enfin, je vais peut-être vous laisser aux paroles du poète lui-même qui a su expliquer tout ceci tellement mieux que je l'ai fait. Si vous n’aimez pas lire (même quand il n'y a que 24 tous petits vers), je vous invite à regarder  et écouter cette version de l’horloge que Mylène Farmer et son complice Laurent Boutonnat ont composé et enregistré pour l’album Ainsi soit-je… (a.d. 1988) ; je vous promets qu’avec les paroles de Baudelaire, la musique de Boutonnat et la voix de notre chère Mylène, plus basse que de coutume (du moins pour l’époque), le résultat est saisissant : le clip que je vous propose est tiré du Live filmé au cours de la première tournée de la Rousse flamboyante (a.d. 1989)… elle commence le spectacle avec « sa » version de l’horloge et – personnellement – j’aime beaucoup (petite note : si vous voulez juste entendre la chanson, faites défiler le temps de la vidéo jusqu’à environ 3 min 50).


L’horloge
par Charles Baudelaire



Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit: Souviens-toi !
Les vibrantes Douleurs dans ton cœur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible;

Le Plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse ;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.

Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote: Souviens-toi ! - Rapide, avec sa voix
D'insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !

Remember ! Souviens-toi ! Prodigue ! Esto memor !
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or!

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! C'est la loi.
Le jour décroît; la nuit augmente; souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif; la clepsydre se vide.

Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le Repentir même (oh ! La dernière auberge !),
Où tout te dira " Meurs, vieux lâche! il est trop tard ! "

 

Bien à vous

Votre Stefano

ABBA (et Madonna) - Like an Angel Passing Through my Room

Bonjour à toutes et à tous !

Ce soir je vous propose le texte d’une chanson que j’aime beaucoup ; il s’agit de « Like an Angel Passing Through my Room », un titre du groupe suédois ABBA qui n’est certainement pas aussi connu que « Dancing Queen » ou « Mamma mia », mais qui mérite d’être écouté au moins une fois dans la vie. La chanson a été écrite par Benny Andersson et Björn Ulvaeus (c’est-à-dire par les auteurs de la plupart des tubes qui ont contribué au succès planétaire du groupe) et fait partie de The Visitors, le dernier album studio de ABBA, un album qui se différencie des précédents par une série de chansons magnifiques, très intimistes mais – hélas – pas très commerciales (d’où justement un succès beaucoup moins remarquable par rapport aux autres opus du groupe) ; j’adore The Visitors et j’ai toujours aimé cette « Like an Angel Passing Through my Room » et je vous laisse donc imaginer ma joie lorsque j’ai découvert qu’une certaine artiste américaine pour laquelle j’ai une admiration sans borne en avait enregistré une version à elle, version qui n’avait finalement pas été utilisée mais qui a fait surface sur le net il y a tout juste une année.

Madonna s’était donc penchée sur ce titre de ABBA avec William Orbit dans l’optique de l’insérer dans le sublime Ray of Light ; personnellement je trouve que ce soit dommage que cette idée ait été écartée car je trouve que la démo de la Reine est vraiment très bien et peut-être même meilleure de l’originale… je sais, je ne suis pas très objectif quand il s’agit de Madonna (et c’est bien pour cela que je vous laisserai en juger par vous-mêmes), mais je trouve qu’elle a réussi à renforcer cette ambiance mélancolique créée par la chanteuse de ABBA. J’aurais bien vu « Like an Angel Passing Through my Room » à la fin de Ray of Light, tout juste avant « Mer Girl » ou bien comme b-side de « Drowned World / Substitute for Love ». En tout cas on voit bien que déjà en 1998 Madonna était fascinée par la musique de ABBA… dommage qu’on ait dû attendre 2005 et le sample de « Gimme, Gimme, Gimme » dans « Hung up » pour voir Madonna faire un tribut au groupe suédois.

Enfin, je vous laisse donc aux paroles (traduites par mes soins) ; ici de suite vous pouvez aussi visionner une vidéo dans laquelle on peut entendre la version de Madonna de « Like an Angel Passing Through my Room » et écouter la version originale de ABBA qui date de 1981.

 



Version publiée par un fan sur le net.



ABBA - Like an Angel Passing Through my Room (vidéo de fan).



Long awaited darkness falls
L’obscurité tant attendue arrive
Casting shadows on the wall
Et projette des ombres sur les murs
In
the twilight hour I am alone
A l’heure du coucher du soleil je suis seul(e)
Stitting near the fireplace,
Assis(e) à côté de la cheminée,
Dying embers warm my face
Les braises mourantes rechauffent mon visage
In this peaceful solitude
Dans cette solitude paisible
All the outside world subdued
Tout le monde exterieur est subjugué
Everything comes back to me again
Tout revient vers moi encore une fois
In the gloom
Dans l’obscurité
Like an angel passing through my room
Comme un ange qui traverse ma chamber

Half awake and half in dreams
A moitié réveillé et à moitié endormi
Seeing long forgotten scenes
Je vois des images oubliées depuis longtemps
So the present runs into the past
Ainsi le présent se mélange au passé
Now and then become entwined,
Maintenant et avant se fondent
Playing games within my mind
Et jouent des jeux avec mon esprit
Like the embers as they die
Comme les braises mourantes
Love was one prolonged good-bye
L’amour n’était qu’un au-revoir prolongé
And it all comes back to me tonight
Et tout revient à moi ce soir
In the gloom
Dans l’obscurité
Like an angel passing through my room
Comme un ange qui traverse ma chambre

I close my eyes
Je ferme mes yeux
And my twilight images go by
Et mes images de coucher de soleil continuent
All too soon
Tout tellement rapidement
Like an angel passing through my room
Comme un ange qui traverse ma chambre

Bien à vous

Votre Stefano

Mylène Farmer - Nous souviendrons-nous

Bonjour à toutes et à tous !

 


Pour clôturer cette énième semaine de travail j’ai envie de vous proposer un texte de chanson que j’aime particulièrement : il s’agit de la sublimissime Nous souviendrons-nous de Mylène Farmer dont j’ai parlé tout juste hier soir dans mon article consacré à la nouvelle tournée. Comme j’ai déjà eu occasion de dire dans mon dernier texte, Nous souviendrons-nous est un de mes morceaux préférés de l’album L’autre… et – même s’il n’est peut-être pas d’accès facile – je déplore le fait qu’il n’ait pas été choisi comme single et que notre chère Mylène ait attendu jusqu’à 2009 avant de la proposer en Live. Je dis qu’elle n’est pas d’accès facile car il s’agit d’une des chansons les plus « noires » de Madame Farmer et donc elle ne risque pas de faire un carton du casual listener. Mais avant d’en dire un peu plus, je vous laisse découvrir le texte :

Nous souviendrons-nous

Aux vies qui s’abaissent à voir la mienne
Je sais
Qu’il me faudra prendre congé d’elles
Un jour ou l’autre
Nos vies sont des larmes d’aquarelle
Nous ne sommes reliés qu’à nous-mêmes

Et si je perds la foi
En nous, en tout
C’est bien malgré moi
Nulle prière
A chacun de nos pas
Je doute de tout
Nous souviendrons-nous
De nous

Aux vies qui ont soutenu la mienne
Je n’ai
Qu’un long monologue poudré de neige
A partager
Nos vies qui s’écoulent chaque jour saignent
Nous ne sommes relies qu’à nous-mêmes

Et si je perds la foi
En nous, en tout
C’est bien malgré moi
Nulle prière
A chacun de nos pas
Je doute de tout
Nous souviendrons-nous
De nous

Et si je perds la foi
En nous, en tout
C'est bien malgré moi
Nulle prière
A chacun de nos pas
Je doute de tout
Nous souviendrons-nous
De nous

Nous


Ecoutez la chanson ici:

 



Il faut reconnaître qu’il ne s’agit pas de la chanson la plus joyeuse que notre chère Mylène nous ait proposé au long de sa carrière, mais elle m’a toujours frappé pour sa simplicité et son texte ; en plus, je trouve qu’à elle toute seule elle résume très bien le contenu de L’autre : en fait, elle évoque la lassitude – comme par exemple dans Désenchantée – ou bien son rapport avec la foi – comme dans Agnus Dei – ou ses relations avec les autres personnes – comme dans L’autre…. Je pense en fait qu’on pourrait s’amuser à trouver des liens avec chacun des neuf autres titres de l’opus, mais je ne vais peut-être pas vous imposer tout ce raisonnement ;O).

Nous souviendrons-nous est une chanson qui me donne la chair de poule à chaque fois car elle traite de sujets qui m’interpellent comme par exemple la mort et le congé qu’on devra prendre de ce monde lorsqu’on mourra. En plus Mylène semble s’adresser directement à ses fans : « aux vies qui s’abaissent à voir la mienne » me fait penser qu’on pourrait remplacer vies avec âmes ou personnes et je pense que ces personnes qui « s’abaissent à voir la vie de Mylène » sont ses fans. Après on peut interpréter le fait de « prendre congé » de plusieurs manières : les plus optimistes d’entre vous pourraient croire que Mylène parle de « partir à la retraite », mais en connaissant un minimum l’artiste je dirais que c’est bel et bien de la mort (donc d’un congé définitif et sans appel) qu’elle parle.

Je ne sais pas quoi penser de l’expression « Larme d’aquarelle » : j’ai toujours vu la peinture à l’aquarelle comme quelque chose de très léger et presque inconsistant ; contrairement aux couleurs des peintures à huile qui sont souvent très pétantes et relevées, les couleurs des peintures à aquarelle sont souvent très diluées et presque fades. En plus l’aquarelle semble plus « temporaire » que les couleurs à l’huile. Je pense donc que le passage « nos vies sont des larmes d’aquarelle » souligne le caractère provisoire de la vie et le fait qu’elle soit éphémère.

Ensuite Mylène dit « nous ne sommes relies qu’à nous-mêmes » : qui est ce « nous » ? On pourrait dire que ici Mylène veut dire que chacun d’entre nous est – au final – seul. Cependant, je pense qu’il faut interpréter ce passage de manière différente : je pense en fait que la Rousse avec « nous » se réfère à elle et aux « vies » de la première ligne, une façon de dire que l’artiste et ses fans ne font qu’un seul et unique élément.

Dans le refrain Mylène parle du Doute et dit : « à chacun de nos pas je doute de tout » : elle dit « nos pas » et pas « mes pas » ce qui semble renforcer cette impression de dialogue artiste-fans qu’elle a établi au début de la chanson. Donc Mylène doute constamment (de quoi ? De ses choix ? De ses actes ? Elle ne nous le dit pas… elle nous laisse le décider). Cette vision et attitude pessimiste va de pair avec le fait de perdre la foi (en nous et en tout) ; Mylène ajoute aussi que ceci arrive malgré elle, que ce n’est pas quelque chose de volontaire, mais quelque chose d’inné. Il faut aussi remarquer le vocabulaire utilisé dans ce refrain : les mots « doute », « foi » et « prière » ont une connotation religieuse : dans le texte elle dit qu’elle perd la foi en « nous » et en tout mais aussi qu’elle doute de tout et donc probablement aussi de la religion : donc elle n’a nulle-part où se réfugier, ni les fans, ni la religion et on a le sentiment de quelqu’un qui est en train de sombrer. Et c’est la que Mylène se demande, comme si la réponse pourrait lui apporter un peu de réconfort, si « nous souviendrons-nous, de nous ».

La question que Mylène semble donc se poser est la suivante : est-ce que mes fans – ces vies qui se baissent a voir la mienne – vont se souvenir de ma vie – de cette larme d’aquarelle – une fois que je prendrai congé d’elles ? La question reste sans réponse…

Le début du deuxième couplet parle des « vies qui ont soutenu la mienne » : Mylène continue de s’adresser à ses fans en leur disant qu’elle n’a « qu’un long monologue poudré de neige à partager » ; ce monologue peut être interprété comme sa musique ou bien – de manière plus large – comme l’histoire de sa vie. En tout cas on peut voir que ce monologue est la seule chose que Mylène croit pouvoir partager avec ses fans : au vu de la cape de mystère que Mylène a mis sur sa vie privée, on peut facilement déduire que le monologue doit plutôt être sa musique, c’est-à-dire, ces fragments de sa vie et de ses blessures qu’elle partage avec ses fans ; d’ailleurs le mystère pourrait être représenté par la neige : la neige me semble un bon symbole du mystère car elle cache et déforme la réalité.

Ensuite nous avons les vie qui « s’écoulent et chaque jours saignent » qui font écho aux « larmes d’aquarelle » du premier couplet : encore une fois Mylène utilise l’image d’un liquide qui coule (ou s’écoule) comme symbole de la vie qui passé. Les jours s’écoulent, tel un fleuve, et chaque jour saignent, c’est-à-dire que chaque jour de notre vie a sa « dose » de sang qui coule ; le sang représente probablement la souffrance, ce qui veut dire que chaque jour de notre vie a sa dose de souffrances.

Mylène répète ensuite « nous ne sommes reliés qu’à nous-mêmes » et deux fois le refrain et termine avec la question « nous souviendrons-nous, de nous ?» une question à laquelle on peut peut-être pas répondre de manière définitive, mais qui semble déjà contenir sa réponse.

Voilà, je pense avoir soulevé les points essentiels de ce texte ; ma critique se base sur mes réflexions personnelles, mais aussi sur un commentaire très intéressant que j’ai lu ici : http://www.lacoccinelle.net/traduction-chanson-104142-.html. Il s’agit une critique que je trouve très juste et que je partage à peu près dans son intégralité ; il y a juste deux ou trois détails que – comme vous verrez – j’ai interprété de manière différente.

Bien à vous

Votre Stefano

Jesse Mc Cartney - Just so you Know

Aujourd’hui j’ai envie de vous présenter un texte de chanson que je voulais vous présenter depuis un petit moment ; il s’agit d’une chanson de Jesse McCartney (jeune, charmant et talentueux artiste américain qui est surtout connu pour son rôle dans la série « Summerland ») qui s’appelle Just so you Know. Je sais, en voyant le nom de l’auteur il y en a probablement dès parmi vous qui sont en train de se dire « des fois ce Paadre écoute vraiment de la musique de m… », mais bon, j’assume ! Et puis, ce texte est tout de même assez intéressant et vaut le détour ; et d’ailleurs, cette chanson a failli faire partie de mon Best of 2007, mais j’ai dû m’incliner à la règle (souvent sournoise des 80 minutes disponibles sur un CD) et j’ai dû l’écarter de ma sélection finale.

Dans Just so you Know Jesse nous parle de se sentiments pour une fille à laquelle il ne peut pas avouer ses sentiments ; il est conscient qu’il ne pourra pas l’avoir et qu’il serait mieux de la laisser tomber et d’aller voir ailleurs… Mais finalement, même s’il arrive à peu près à se décider de la laisser tomber, il doit lui avouer ses sentiments (I have to say it all before I go, just so you know).

Enfin, ce qui me plait dans cette chanson c’est que je me retrouve beaucoup dans le texte… et je pense que ceux qui me connaissent bien (ou depuis plusieurs années) voient bien à quelle histoire ce texte me fait penser ; il est vrai que des fois il est difficile de laisser tomber, de tourner la page et d’aller voir ailleurs, mais il faut bel et bien le faire.

Bon je vous laisse au texte tout en espérant que vous allez aimer ?

Just so you Know

Jesse.jpg
I shouldn't love you, but I want to,
Je ne devrais pas t’aimer, mais je veux le faire,
I just can’t turn away
Je n’arrive pas à partir
I shouldn't see you, but I can’t move
Je ne devrais pas te voir, mais je ne peux pas bouger
Can't look away.
Je ne peux pas regarder ailleur.

And I don't know, how to be fine when I’m not
Et je ne sais pas comment aller bien lorsque je vais mal
‘Cause I don't know, hot to make the feelings stop.
Car je ne suis pas capable de faire cesser un sentiment.

CHORUS
Just so you know
Pour que tu saches
this feeling is takin’ control of me
Ce sentiment est en train de prendre le contrôle
And I can't help it
Et je ne peux pas l’empêcher
I won't sit around
Je ne vais pas rester assis
I can't let it win now
Je ne peux pas le laisser gagner maintenant
[I] thought you should know
Je ai pensé que tu devrais savoir
I tried my best to let go, of you
Que j’ai de mon mieux pour te laisser partir
but I don't want to
Mais je ne veux pas
I just gotta say it all before I go
Je devais juste tout dire avant de m’en aller
Just so you know
Pour que tu saches

It's gettin’ hard to,
ça deviant de plus en plus difficile
be around you
d’être à côté de toi
There's so much I can't say
Il y a tellement de choses que je ne peux pas dire
Do you want me to have feelings
Veux-tu que je caches mes sentiments
and look the other way
Et que je regarde de l’autre côté

And I don't know, how to be fine when I’m not
Et je ne sais pas comment aller bien lorsque je vais mal
‘Cause I don't know, hot to make the feelings stop.
Car je ne suis pas capable de faire cesser un sentiment.

CHORUS

This emptiness is killing me
Ce vide est en train de me tuer
and I'm wondering why I waited so long
Et je me demande pourquoi j’ai attend si longtemps
Looking back I realise
En regardant en arrière je me rends compte
it was always there
Que ce sentiment à toujours été là
Just never spoken
Seulement qu’on lui a jamais donné de voix
and I'm waiting here
Et je t’attends ici
been waiting here
Je t’attends ici

CHORUS

Zazie - Chanson d'ami

Aujourd’hui j’ai envie de proposer un texte d’une chanson de Zazie que j’ai découvert tout récemment : le morceau, qui s’appelle Chanson d’ami, a été inclus dans l’album Made in Love (publié en 1998) et m’a beaucoup touché car j’ai déjà vécu le genre de situation décrite par Zazie. Je ne vais pas m’atteler à une « explication de texte » (quoique cela pourrait constituer un bon entrainement en vue de ma licence d’anglais) car il me semble que le texte parle de lui-même ; je pense que nous avons tous vécu quelque chose comme ça… on a des sentiments pour quelqu’un, mais ce n’est pas réciproque et on ne peut pas montrer à l’autre qu’on l’aime… Enfin, je vous laisse au texte

 

Chanson d’ami
(écrite par Zazie et Phil Baron)

Ça n'est pas du rimmel sur mes yeux
ni du rouge à mes lèvres
C'est pas c'que tu crois
juste que c'est beau
Ça n'est pas ma robe qui vole un peu
pas pour que tu voies mes jambes
C'est pas c'que tu crois
juste que j'ai chaud

Ce n'est qu'une chanson d'ami
d'ami, pas d'amour
Ce n'est qu'une chanson d'ami
promis, pas d'amour
Je ne t'aime pas
Je t'aime bien

Ça n'est pas ma main, là, dans la tienne
ta veste sur mes épaules
Non c'est pas c'que tu crois
juste que j'ai froid
Ça n'est pas ma main, là, qui te gêne
je sais, ça n'est pas drôle
Mais c'est pas c'que tu crois
c'est juste comme ça

Ce n'est qu'une chanson d'ami
d'ami, pas d'amour
Ce n'est qu'une chanson d'ami
promis, pas d'amour
Je ne t'aime pas
Je t'aime bien

Ça n'est pas pour celle que tu embrasses
pas pour ça que je pleure
Si c'est c'que tu crois
tu t'es trompé
Ça n'est pas parce qu'elle a pris ma
place
pas pour ça que je t'en veux
Si tu n'veux plus de moi
autant se quitter

Avec une chanson d'ami
d'ami, pas d'amour
Avec cette chanson d'ami
d'ami, pas d'amour
Ce n'est qu'une chanson
promis, mon amour
Je ne t'aime pas
Je t'aime bien
Tu ne m'aimes plus
mais ça fait rien.

Bien à vous

Votre Paadre dévoué

Zazie - Sur toi / l'envie d'écrire et de partager

Hier j’ai découvert une nouvelle (en fait, une ancienne) chanson de Zazie et j’ai été très marqué par les paroles ; cette chanson, qui s’appelle Sur toi et le message d’une femme qui s’adresse à son homme et lui dit (plus ou moins) : « tu vois, si je ne parle jamais de toi dans mes chansons c’est parce que je suis heureuse avec toi… Mes textes ne parlent que de ce qui me fait mal et souffrir ».

Tout à coup j’ai pensé à ce qui me pousse à écrire et je me suis rendu compte que je ne suis pas tout à fait d’accord avec Zazie… Bon, d’un côté, mes meilleurs articles naissent quand je ne vais pas bien et que j’ai besoin d’évacuer les émotions ; mais cela ne s’arrête pas là : des fois je ressens même le besoin de dire au monde que je suis heureux et bien dans ma peau… Ce serait déprimant de parler uniquement de ce qui nous fait souffrir non ?

Et pourtant, il est vrai que, comme j’ai dit, c’est quand je ne suis pas au top que je produis mes meilleurs textes. C’est une envie de partage qui me pousse à écrire, et une envie de soulagement, d’absolution, qui me pousse à parler de ce qui ne va pas… En plus, c’est attesté, les lecteurs sont plus intéressés par les malheurs de bloggers plutôt que par leurs happy endings… ce qui est compréhensible : en tant que lecteur de blogs à mon tour, je préfère échouer sur un blog et lire des « malheurs » plutôt que lire des textes dans lesquels l’auteur nous fout son bonheur à la gueule…

Remarquez que là je ne suis pas en train de souhaiter que les auteurs des blogs que je lise soient mal... au contraire, je ne souhaite que leur bonheur car il s’agit de personnes que j’ai appris à connaître et apprécier, mais il est vrai que plusieurs auteurs n’écrivent que lorsqu’ils vont mal et donc je n’ai pas l’occasion d’apprendre à les connaître sous une lumière plus heureuse et positive…

Enfin, je pense que l’écriture soit quelque chose de fantastique et je suis toujours très réticent à critiquer ce que les autres écrivent sur leurs blogs… Chacun à ses problèmes et ses chats à fouetter et chacun réagit de manière différente : écrire c’est une bonne façon pour évacuer et coucher ses pensées… C’est comme si on voulait rendre concret quelque chose qui est abstrait et je trouve cela merveilleux ! Les pensées défilent sur une feuille ou sur un écran d’ordinateur, se rangent, se classent, se précisent et cela nous aide à avancer. Quoiqu’il en soit, je ne connais personne qui écrit pour reculer dans sa vie ou rester immobile dans son chagrin… même si on se noie dans la douleur, on ne veut qu’évacuer pour avancer.

Je suis sûr que je ne cesserai pas sitôt d’écrire et de coucher mes pensées noir sur blanc… Je veux continuer à parler de ma vie, de mes sentiments, de mes émotions et de ceux qui comptent vraiment dans mon univers : le silence et la censure sont des ennemis que je redoute et que j’essaie de combattre en criant ce que j’ai a dire et à transmettre. Et le jour où j’aurai un amoureux, un homme qui me rend heureux et qui me comble, eh bien je ne sais pas si j’arriverai à me taire sur le sujet… Je pense que je vais rester aussi prolixe que d’habitude… En attendant sa venue je ne peux que vous proposer ce magnifique texte de la chère Zazie.

 

Sur toi
(écrite par Zazie)

J'écris sur ce que j'endure
Les petites morts, sur les blessure
J'écris ma peur
Mon manque d'amour

J'écris du cour
Mais c'est toujours

Sur ce que je n'ai pas pu dire
Pas pu vivre, pas su retenir
J'écris en vers
Et contre tous
C'est toujours l'enfer
Qui me pousse

A jeter l'encre sur le papier
La faute sur ceux qui m'ont laissée
Ecrire, c'est toujours reculer
L'instant où tout s'est écroulé

On n'écrit pas
Sur ce qu'on aime
Sur ce qui ne pose pas
Problème
Voilà pourquoi
Je n'écris pas
Sur toi
Rassure-toi

J'écris sur ce qui me blesse
La liste des forces qu'il me reste

Mes kilomètres de vis manquée
De mal en prose, de vers brisés

J'écris comme on miaule sous la lune
Dans la nuit, je trempe ma plume
J'écris l'abcès
J'écris l'absent
J'écris la pluie
Pas le beau temps

J'écris ce qui ne se dit pas
Sur les murs, j'écris sur les toits
Ecrire, c'est toujours revenir
A ceux qui nous ont fait partir

On n'écrit pas qu'on manque de rien
Qu'on est heureux, que tout va bien

Voilà pourquoi
Je n'écris pas
Sur toi
Rassure-toi

J'écris quand j'ai mal aux autres
Quand ma peine ressemble à la votre
Quand le monde me fait le gros dos
Je lui fais porter le chapeau

J'écris le blues indélébile
Ça me paraît moins difficile
De dire à tous plutôt qu'à un
Et d'avoir le mot de la fin

Il faut qu'elle soit partie déjà
Pour écrire " ne me quitte pas "
Qu'ils ne vivent plus sous le même toit
Pour qu'il vienne lui dire qu'il s'en va

On n'écrit pas la chance qu'on a
Pas de chanson d'amour quand on en a
Voilà pourquoi, mon amour
Je n'écris rien
Sur toi
Rassure-toi

Bien à vous

Votre Paadre dévoué

Zazie - J'arrive

Le texte que j’ai envie de vous proposer aujourd’hui se marie parfaitement avec l’état d’esprit que je vous ai décrit dans mon article d’hier ; certaines d’entre vous pourraient penser qu’une chanson qui parle de la mort et de la vie après la mort ne peut être que très morbide, mais Zazie, une artiste que j’ai récemment commencé à découvrir et apprécier avec l’aide de mon ami Tom, a réussi à écrire un texte touchant et pas morbide du tout.

Dans j’arrive, cette charmante chanteuse française (qui a récemment écrit des morceaux pour la « célèbre » Tortue), nous raconte comme elle imagine les derniers instants de sa vie ; elle veut avoir le temps pour faire plusieurs choses (rentrer chez elle, repasser sa robe, finir son concert,…). Elle dit aussi qu’elle prend le temps de s’y faire (à l’idée de s’en aller) et de saluer tous ceux qu’elle laisse sur l’autre rive (ce passage me fait d’ailleurs penser à la chanson Traverse ou reste de Nathanaël). Elle n’est pas pressée de partir et elle dit qu’elle ne sait pas si elle peut se lasser de cette vie-là.

J’aime beaucoup ce texte parce que, même s’il parle de la mort, il nous propose une célébration de la vie et la description d’un mode de vie auquel j’essaie, tant bien que mal, d’adhérer. La mort est quelque chose d’inévitable et nous ne pouvons pas faire grand-chose face à elle ; mais nous avons la possibilité et la capacité d’y songer de temps en temps et de décider de quelle façon nous voulons l’affronter. Faire face à la mort c’est comme faire face à l’inconnu et je ne peux pas nier que quelque fois cela me fait peur… mais j’essaie de rester zen (titre d’une autre chanson de Zazie :D) et de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour me préparer à ce moment ultime : j’ai envie d’y arriver serein, sans aucun regret et je suis quasi-persuadé que si j’y arrive, j’affronterai cette dernière étape avec courage et sans peur.

Enfin, un peu comme Zazie, je ne suis pas prêt à me lasser de cette vie-ci et je veux en profiter un maximum avant que l’ombre ne vienne.

Je vous propose donc le texte de j’arrive, une nouvelle perle de la rubrique « words and music » ; si le cœur vous en dit, jetez-y un coup d’œil et partagez avec moi vois impressions.

Zazie-rod--o.jpg

 

J’arrive
(écrite par Zazie)

Le temps de passer chez moi
Verser la mousse dans le bain
Le temps de repasser ma robe
D'aller chercher le pain
Le temps de bercer mon enfant
Le temps qu'elle lâche ma main
Qu'elle lâche ma main

Le temps pour un dernier verre
Parler de tout et de rien
Le temps de finir le concert
Le temps du dernier refrain
Le temps de remettre ma vie entière
Entre vos mains
Entre vos mains

Le temps de m'y faire
Je prends mes affaires
Et puis j'arrive
Le temps qu'il me reste
Pour ceux que je laisse
Là, sur l'autre rive
Et sourire
Tant que je respire
Si j'y arrive
Et j'arrive

Juste le temps passé avec toi
Autant, tant que tu veux
A peine le temps de croire en moi
Pas le temps de croire en Dieu
Et me lasser de cette vie-là
Ca je sais pas si je peux
Je sais pas si je peux

Le temps de m'y faire
Je prends mes affaires
Et puis j'arrive
Le temps de dire adieu
A ceux
De l'autre rive
Et puis sourire
Jusqu'au dernier soupir
Si j'y arrive
Et j'arrive

Le temps du voyage
Je prends mes bagages
Et puis j'arrive
Je prends mon courage
A deux mains
Si ça m'arrive
Je prends juste encore
Le temps de vivre
Et j'arrive
J'arrive

Bien à vous

Votre Paadre dévoué