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Articles avec #nathanael catégorie

22 février 2013 : concert de Nathanaël au Caveau du King

Bonsoir à toutes et à tous !

 

Le petit article qui suit est consacré au concert que Nathanaël a donné au caveau du King le 22 février pour présenter son nouvel album. Ce deuxième opus, qui porte le titre évocateur Il pleut sur le domaine public, s’inscrit partiellement dans la continuité de Mots pour maux (2007), dont j’avais parlé par ici à l’époque. En effet, on y trouve des chansons qui expriment le point de vue de Natha sur le monde qui nous entoure, mais - en même temps - elles nous offrent aussi des aperçus de la vie privée de l’artiste.

 

Avant d’être présenté au King, l’album avait fait l’objet d’un vernissage dans le Haut, dans le cadre époustouflant de la Tour d’Espacité ; n’ayant pas pu me rendre à cette première présentation, j’avais hâte de pouvoir assister au concert neuchâtelois, de plus que cet événement m’a permis de retrouver des personnes que je n’avais pas vues depuis un moment, je pense notamment à Natha et Carole, mais également à Mélanie et Sandra, deux filles que j’ai connues à Champréveyres, ou à Joël, que je croise tous les tremblements de terre depuis que je ne vais plus au Karaoké trois fois par semaine…

 

Et que dire du spectacle ? Natha, accompagné de quatre musiciens (batterie, contrebasse, guitare et piano) a savamment mélangé ses nouveaux morceaux avec des titres qui figuraient sur le premier album ; c’était un plaisir de réentendre Petite fille, Chasseur d’étoiles et la reprise moustakienne de Sans la nommer avec un nouvel arrangement. Et puis il y a les chansons tirées du nouvel album qui contient dix morceaux, neuf inédits ainsi et une jolie reprise de Vesoul de Jacques Brel. Les paroles ont été écrites par Nathanaël (mise à part celles de Il pleut sur le domaine public écrites Carole, la compagne de l’artiste) ; la musique et les arrangements des titres ont été soignées par les Musiciens généralistes, un collectif de musiciens neuchâtelois qui - par ailleurs -  ont accompagné Nathanaël sur scène au Caveau du King.

 

Du point de vue des paroles, on retrouve le style d’écriture que Natha avait dévoilé dans Mots pour maux ; il y a des textes personnels qui parlent de sa vie privée : La femme caméléon semble dédiée à Carole (« entre nous c’est l’amour »), tandis que La chanson de Bryan  a certainement été inspirée par son fils. Et Petits voyageurs semble être un message adressé aux jumeaux de Natha et Carole avant même qu’ils soient nés ? D’autres textes parlent du monde dans lequel on vit : ainsi Balkan, un titre que Natha chante depuis longtemps mais que n’avait pas trouvé sa place dans le premier album, évoque déchirures de cette région dévastée par des années de guerre civile, tandis que Les Ghettos parle des erreurs du passé que nous avons tendance à reproduire, car « on perpétue inconsciemment les plus jamais de nos parents ».

 

Du point de vue musical, le deuxième album de Nathanaël est beaucoup plus riche que le premier ; alors que l’on a l’impression que les arrangements concoctés pour le premier opus étaient très simples pour mettre en valeur la voix de l’artiste, Il pleut sur le domaine public présente des arrangements influencés par des styles musicaux très différents ; certes, on retrouve encore des morceaux aux arrangement très minimalistes (un piano, un guitare et pas grand-chose de plus, comme dans La chanson de Bryan, Equilibre ou La femme caméléon), cependant il y a des titres beaucoup plus élaborés, inspirés - par exemple -  par la musique gitane comme Les Ghettos. Quant à lui, le titre Balkan présente un arrangement très intéressant qui mélange lesdites influences gitanes à des tambours qui donnent une cadence quasi militaire et le tout accompagné par des chœurs qui me font penser à la musique sacrée (on a beaucoup attendu la publication de ce titre, mais il en valait la peine). Il y a aussi des influences plus jazzy comme dans Petits voyageurs où Natha nous fait même la trompette de bouche « à la Zaz » (oui, bon, je vous l’accorde ce n’est pas un référence, mais c’est elle qui l’a remise au goût du jour il y a quelques années). Au fil des morceaux, on se retrouve tour à tour dans l’univers du slam comme dans Il pleut sur le domaine public, qui clôt l’album, dans celui, plus étonnant pour Natha, des sonorités plus sophistiques et R&B du titre Black Ballad, un de mes coups de cœur, tandis qu’avec La page blanche Nathanaël semble vouloir nous amener sur la plage de sable fin d’une île des Caraïbes.

 

Vous l’aurez compris, chaque titre est particulier et nous permet de découvrir l’étendue des goûts musicaux et de l’univers de Nathanaël ; toutefois, en dépit de ces sonorités très hétéroclites, on peut écouter l’album d’une seule traite (aussi parce qu’il ne dure qu’une quarantaine de minutes) car l’ensemble est très harmonieux. Je vous conseille d’ailleurs de vous le procurer !

 

Bien à vous

 

Votre Stefano

Le nouvel album de Nathanaël.

Le nouvel album de Nathanaël.

Nathanaël et ses musiciens sur la scène du King.

Nathanaël et ses musiciens sur la scène du King.

Piano/voix.

Piano/voix.

Une guest star rejoint Natha et ses musiciens sur scène pour interpréter un morceau du nouvel album.

Une guest star rejoint Natha et ses musiciens sur scène pour interpréter un morceau du nouvel album.

Natha au piano pour le grand final.

Natha au piano pour le grand final.