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Articles avec #cartes postales du paadre catégorie

La Voie révolutionnaire : du Gor de Vauseyon à Valangin

Bonjour à toutes et à tous !

Ce soir je vais vous proposer le deuxième des quatre articles consacrés au long week-end de l’Ascension ; après vous avoir parlé de la Fête de l’Uni et avoir partagé avec vous quelques clichés de Loïc, je souhaite vous proposer un petit texte sur ma longue promenade du vendredi après-midi ; il faut avouer qu’après avoir passé mon jeudi en « mode loque » j’avais très envie de sortir, de bouger et de profiter de ma journée et ainsi que j’ai bravé une météo en apparence assez hostile (juste en apparence car après le ciel s’est dégagé et on a eu droit à une fin d’après-midi torride et ensoleillée) et que je suis parti en forêt. Il faut aussi préciser qu’à la base j’avais prévu d’aller faire un tour pour chercher des fleurs de sureau afin de pouvoir faire quelques litres de ce magnifique sirop que ma grand-mère m’a appris à préparer lorsque j’étais plus jeune ; donc je suis sorti de chez moi et mes pas m’ont conduit d’abord vers le Gor de Vauseyon (qui est à une dizaine de minutes de chez moi) et ensuite – après une heure et quart de marche – à Valangin, ancien chef lieu du Comté qui portait le même nom.

En arrivant dans ce petit village par lequel je suis passé maintes fois en voiture ou en bus, je me suis dit qu’il était grand temps de visiter le château ; je me suis donc rendu à l’entrée du musée et j’ai abordé la jeune caissière en lui expliquant que j’avais envie de visiter, mais que je n’avais pas d’argent sur moi et que je pouvais payer avec ma carte… hélas vous saurez que le château de Valangin n’est pas doté d’un de ces appareils à cartes et que – malheureusement – il en va de même pour le reste du village ; pas un seul bancomat. Je suis donc reparti bredouille, avec un petit flyer faisant de la promo pour une journée de portes ouvertes qui se tiendra au château le 14 juin prochain, une journée où il y aura des dégustations de certains produits du terroir et où l’entrée sera libre. J’ai d’ailleurs déjà demandé à mon ATF (autre mordu des visites de monuments) s’il voulait m’accompagner pour cette journée qui s’annonce exceptionnelle et il me semble bien partant… on verra bien d’ici là si j’arriverai – enfin – à visiter ce château !

Mais je m’égare : je disais donc que je suis parti du château et après un petit tour dans le centre de Valangin (qui n’a pas pris beaucoup de temps vu que le village n’est pas très grand) j’ai repris mon chemin en direction de Neuchâtel et toujours en quête des fleurs de sureau ; finalement, au lieu de retourner vers Vauseyon, j’ai emprunté une autre route qui m’a conduit à la Coudre (donc tout à fait de l’autre côté de Neuchâtel), un long détour qui ne m’a pas servi à grand-chose car je n’ai pas trouvé de fleurs… il était encore trop tôt et les plantes n’avaient pas encore fleuri. Arrivé à la Coudre j’ai fait un pit stop stratégique chez Denner pour m’acheter à boire (vu que j’ai été assez malin pour partir de chez moi sans rien pour me réhydrater et sans prévoir que les nuages gris qui plombaient le ciel neuchâtelois à 14 heures auraient pu disparaître dans les heures suivantes) ; ensuite je suis descendu au bord du lac et j’ai suivi tout le littoral jusqu’au port de Neuchâtel… et c’est justement au bord du lac que j’ai trouvé les fleurs dont j’avais besoin ; d’ailleurs vous allez rire mais j’ai fait une marche de 4 heures et demi pour trouver ces fleurs et – en regardant par la fenêtre une fois rentré chez moi – je me suis aperçu que dans le petit bosquet juste à côté de chez moi il y avait assez de plantes de sureau pour faire 200 litres de sirop.

Enfin, je ne vais pas me plaindre de ma journée… même si j’ai fait un long détour inutile j’ai bien aimé cette promenade : j’aime bien ce contact avec la nature, le calme, les bruits de la forêt ; ça m’a vraiment fait beaucoup de bien. Voilà, je pense qu’il est temps de passer aux photos ;O).

 


On commence avec une photo de la Maison du Prussien, un restaurant dans lequel j’aimerais bien aller manger une fois. J’attends vos propositions et invitations ;O).

 


Ensuite, voici un des moulins à eau construits au Gor de Vauseyon ; en fait je ne l’ai pas expliqué dans mon texte, mais à cet endroit précis on avait construit des moulins qui fonctionnaient grâce à la puissance que le Seyon développait dans cette espèce de gorge. Dans des temps plus récents le Gor de Vauseyon a même appartenu aux de Chambrier (je vois déjà l’ATF en train de glousser :D).

 


Encore une image du Gor de Vauseyon…

 


… et des gorges que ce cher Seyon, qui parfois nous semble si inoffensif (surtout si on pense au petit ruisseau qui coule au long de la rue qui porte le même nom au centre de Neuchâtel) a creusé au fil des millénaires.

 


Ensuite, une petite prise de vue d’un trait du chemin qui porte à Valangin. Spectaculaire !

 


Le château de Valangin photographié depuis la forêt.

 


J’aime bien cette vue de Valangin car elle n’est pas très « conventionnelle ».

 


La colline du château.

 


Le vieux centre du village de Valangin… enfin, le centre tout court vu qu’il n’en existe pas un autre. Magnifique !

 


La collégiale de Valangin. Elle est 'extra muros', juste en-déhors des murs de l'ancien village, comme dans la tradition...

 


Et voici une petite photo que j’ai pris en forêt, une « milestone » qui – vous vous en doutez – date de 1903.

 


Et, pour terminer, une petite photo rien à voir de cette petite famille de canards prise au port de Neuchâtel.

Bien à vous

Votre Stefano

The Kent Tour 2007 - Etape 1 : Canterbury


Une carte du Kent ; le cercle rouge avec la croix à l'intérieur indique la ville de Canterbury, première étape du Kent Tour 2007.

Comme je vous l'avais déjà annoncé, après mon dernier examen j'ai débuté le Kent Tour 2007, qui devrait me conduire, dans ces derniers jours de permanence en Angleterre, à la découverte du Kent.

Et comme ça fait huit mois que je vis à Canterbury, le chef-lieu de Kent, il est plus que normal que je commence ma tournée par cette ville et c'est pour cette raison que ces derniers jours je me suis promené dans Canterbury et j'ai pris énormément de photos. Avec tout ce matériel, j’ai crée un petit album que vous pouvez voir en cliquant ICI… Il s’agit d’une collection de cinquante clichés dans lesquels je vous présente Canterbury dans toute sa splendeur… Chaque photo est même complétée par un commentaire de votre serviteur qui est censé vous expliquer qu’est-ce que vous êtes en train de regarder.

Suivez donc le guide dans cette première étape de ce tour virtuel de cette contée charmante aux mille secrets qui est le Kent.

Votre Paadre dévoué

PS: vous pouvez trouver le lien d'accès à l'album photo aussi sur la barre de gauche de cette page.

Ticino ti amo

Ces derniers jours j’ai pas mal de temps à consacrer à ce site et j’enchaîne les articles (pour votre bonheur, mais aussi le mien) ; aujourd’hui je vais vous proposer une petite virée au Tessin et un petit tour touristique de la région dans laquelle votre Paadre a grandi. Ce n’est pas un secret que, malgré sa maîtrise de la langue française qui lui permet de se fondre dans la foule, votre Paadre peut vanter des origines tessinoises qui sont à la fois sa fierté mais aussi (parfois) un fardeau assez lourd à porter ; quoiqu’il en soit, votre serviteur retourne de temps en temps sur les terres qui l’ont vu naître et grandir et c’est pour cette raison qu’aujourd’hui il va vous accompagner dans ce petit tour de ce qui, pendant 19 ans et 364 jours a été son univers.



On ne peut pas rentrer au Tessin e ne pas aller faire un petit coucou à ma grand-mère ; tout d’abord il est impossible de l’éviter car elle habite dans la même maison que mes parents (mais à l’étage en-dessous) et il faut forcement passer devant chez elle pour aller chez mes parents. Ensuite, et cela n’est pas du tout négligeable, il faut savoir que les « nonne » tessinoises sont des vraies James Bond : elles savent tout et rien ne leur échappe ; c’est donc assez difficile de se pointer au Tessin en douce et de les éviter :D. Sur la photo vous pouvez voir Milù, le chien à ma grand-mère et une autre arme de son arsenal… Ce petit chien est très attachant et adorable…


Voici le Palais Pontifical de la famille Anelli à Artore (près de Bellinzona), un petit château dans lequel votre Paadre passe de temps en temps ses vacances. A présent ses parents, son frère et ses grands-parents y passent toute l’année. Pour les plus curieux je dirai que la chambre pontificale se trouve au deuxième étage… il s’agit de la fenêtre de gauche sur le Balcony.


Et comme au Tessin l’agriculture et l’élevage sont  encore (et toujours) assez importants, et que mon père a bâti (au fil des ans et pour hobby) une véritable petite ferme, voici la chèvre qui a été « offerte » à votre Paadre il y a quelques années… Bon en réalité c’est plus compliqué que cela, mais il est vrai que c’est ma petite chèvre avec son petit de cette année… Pour les curieux j’avouerai que je ne lui ai pas donné de nom.


Une vue très rurale des prairies en-dessus d’Artore. La montagne que vous voyez s’appelle Motto della Croce et c’est depuis son « sommet » que j’ai pris les photos « aériennes » qui suivent. Au milieu de cette montagne, à environ mille mètres d’altitude, la famille Anelli possède quatre chalets dans lesquels notre famille élargie se délecte à passer ses vacances. D’ailleurs votre Paadre a passé toute les étés de son enfance et une partie de celles de son adolescence dans un de ces chalets avec ses grands-parents… C’était le rêve et c’est dommage qu’on ne puisse plus le faire…


Sur cette photo vous voyez quelqu’un qui n’a désormais plus besoin de présentations… votre Paadre, inspiré probablement par le Confessions Tour de Madonna (mais aussi d’MC n’est-ce pas mon cher Abbé ?) essaie la croix qu’il utilisera probablement dans sa prochaine tournée mondiale :D : la croce del Motto della Croce :D, un produit du terroir :D.


Et voici une vue du Tessin prise au Motto della Croce ; ici c’est la vallée qui est au nord de Bellinzona et qui s’appelle Valle Riviera. Tout au fond, vers une ville appelée Biasca, la Valle Riviera se divise en deux parties : la Valle di Blenio et la Valle Leventina (où il y a Ambrì-Piotta, Airolo et le Col du Gothard). C’est au nord de la Valle Leventina, dans la Valle Bedretto qui nait le Ticino, la rivière qui donne le nom au canton.


Après avoir regardé au nord, voici ce que l’on peut voir si on regarde vers le sud : la grande plaine que vous voyez s’appelle Piano di Magadino et dans le passé était très différente ; la rivière n’était pas aménagée et il y avait beaucoup de marais. C’est seulement au XIXe siècle (et après que le Tessin soit devenu un canton souverain) que l’on a entrepris l’aménagement du territoire ; le résultat a été cette plaine qui est aujourd’hui le principal centre agricole du canton. Tout au fond vous voyez le Lac Majeur ou Lago di Locarno et le Mont Rose qui est une des montagnes enneigés derrière le lac.


Ma tante Doris et mon oncle « Togn » posent au Motto della Croce. Derrière vous pouvez deviner le magnifique paysage que j’ai décrit précédemment. Tante Doris est celle qui me reproche le plus souvent de ne jamais être au Tessin et de ne pas trop donner des nouvelles, mais bon, si je devais appeler toute la famille chaque semaine je crois que j’aurais droit à des factures de téléphone beaucoup plus conséquentes :s…


La ville de Bellinzona
vue depuis le « Motto ». J’adore cette ville ! Au plein milieu de la photo, immergé dans la verdure, il y a le village d’Artore.


J’ai aussi trouvé le temps de me balader un peu à la montagne et un jour je suis allé jusqu’à Pian Dolce, une « plaine » qui se trouve sur le sommet d’une « montagne » à quelques heures de marche du « Motto ». Depuis Pian Dolce on peut aussi profiter d’une vue magnifique sur le Piano di Magadino, mais aussi sur la Valle Morobbia, une vallée encore assez rurale qui se trouve près de Bellinzona. Voici un cliché du paysage alpin pris depuis Pian Dolce. Celle que vous voyez c’est la Valle Morobbia dans toute sa splendeur :D.


Autre photo prise au Pian Dolce : le Camoghé, une des montagnes les plus hautes de la région de Bellinzona. C’est un sommet que j’aime beaucoup et que j’ai eu l’occasion de visiter lorsque j’avais douze ou treize ans. J’aimerais y retourner…


Et pour finir, une photo de Samuele (à gauche) et Daniele (à droite), mes cousins. Ils posent devant le petit autel que mon oncle avait construit dans le jardin du chalet à mes grands-parents ; dans l’autel il y a une photo de la Vièrge (la Madonna) et de Saint-Joseph. Enfin je ne vais pas vous raconter l’histoire de cet autel car il n’y en a pas vraiment :D.

Voilà donc pour le petit tour… J’espère que vous avez apprécié et que cela vous donne envie de visiter mes terres natales.

Take care

Votre Paadre dévoué

Canterbury

Cela fait plus de trois semaines que mon aventure anglaise a commencée et je n’ai pas encore trouvé le temps et l’envie de vous amener faire un tour virtuel de la charmante ville de Canterbury ; or, à ma décharge je pourrais dire qu’il m’a fallu du temps pour opérer un tri des photos (et sélectionner les plus significatives), mais je me rends bien compte que cela ne m’excuse pas complètement. C’est donc pour cette raison que je m’excuse mille fois de cette longue attente et je vous invite (illico) à me joindre pour le tour de la Canterbury historique (et non historique bien sûr). C’est parti…

Je vais commencer par quelques informations générales concernant la ville : Canterbury est le siège de l’Archevêque de Canterbury, le deuxième personnage plus important de l’Eglise Anglicane après la Reine elle-même. La toute puissance dudit Archevêque remonte au début du Moyen-âge (à 598 pour être exact) lorsque le Roi du Kent se convertit à la religion chrétienne et passa un accord avec (Saint) Augustin établissant la primauté de Canterbury sur toutes les autres Eglises du Kent (et ensuite de l’Angleterre).

Mais Canterbury n’est pas uniquement le siège de l’Archevêque ; c’est aussi l’unique « city » du Comté de Kent (County of Kent et pas Kentshire) ; en fait, et cela selon mon amie Wikipedia, jusqu’à 1998 Rochester était aussi considéré comme « city », mais maintenant on la considère comme un « town ». Toujours selon Wikipedia, la différence entre « city » et « town » c’est que la première a une Cathédrale, tandis que la seconde ne l’a pas. Quoiqu’il en soit cela est beaucoup bien plus compliqué et apparemment seulement la Couronne a le pouvoir d’accorder ou ôter le statut de « city ».

Donc, avec ses 42’258 habitants (pas impressionnant si on considère que la ville de Neuchâtel comptait 31571 habitants en décembre 2003), Canterbury est le siège de l’Archêveque, une importante « city » du Kent, mais aussi une destination touristique assez importante et cela grâce à la Cathédrale, magnifique bâtiment sacré qui fait partie du Top 10 des monuments les plus visités d’Angleterre et cela pour différentes raisons : je vous passerai tous les détails techniques (et architectoniques) et je me concentrerai tout de suite sur le détail croustillant : l’histoire de Saint Thomas :

« Ici commence l’histoire de Saint Thom… » [Paadre, au nom du Ciel, c’est votre lecteur fatigué de lire des bêtises qui vous parle : vous n’êtes pas Chaucer et vous n’étes pas en train d’écrire les Comptes de Canterbury, donc laissez tomber l’ « ici commence » et allez droit au but ! Merci c’est gentil !] Je disais donc, avant qu’on m’interrompe, qu’en 1162, un bonhomme appelé Thomas Beckett fut nommé Archevêque de Canterbury et cela grâce à l’appui du Roi de l’époque (Edouard II sauf erreur) qui comptait sur lui pour avoir un allié puissant dans le clergé. Malheureusement, une fois élu Thomas a décida de faire à sa tête et ne tint pas compte des promesses faites au Roi. C’est à cause de ce changement d’avis, ainsi que de la mauvaise interprétation de quelques propos tenus par ledit Roi (exilé en France) alors qu’il était en colère contre Thomas, que quatre vilains chevaliers pénétrèrent la nuit tombée dans la Cathédrale poignardèrent notre pauvre Archevêque recueilli en prière devant un autel (si vous aimez Ken Follet vous trouverez une description romancée de cet événement dans son roman Les Piliers de la Terre).

A partir de cette nuit tragique (surtout pour Thomas), des miracles ont commencé à se produire et peu à peu les gens ont commencé à se rendre à Canterbury pour visiter la tombe de Thomas, qui entre temps était devenu Saint Thomas de Canterbury, et lui demander un miracle. Parmi tous ces pèlerins il y a même eu le Roi qui dont les paroles avaient été si mal interprétées. Quelques années après la mort de Saint Thomas, une nouvelle tombe est construite et placée dans une section nouvellement bâtie de la Cathédrale (the Trinity Chapel) et elle y restera jusqu’au règne d’Henry VIII.

Voilà, après ces premières informations (historio-hagiogra-phiques) je passe à la visite proprement dite. On partira donc du Campus, qui est situé, comme j’ai déjà eu l’occasion de dire, sur une colline qui domine la ville de Canterbury et toute la plaine qui l’entoure.


Ce premier cliché que j’ai choisi vous montre la charmante vue que les étudiants du Campus ont lorsqu’ils décident de se rendre à Canterbury en bus (car si on veut s’y rendre à vélo ou à pied il y a un chemin beaucoup plus joli et direct pour le centre ville). Cette route descend la colline et arrive à la West Gate Tower, la Porte Ouest de la vieille ville, qui marque, encore aujourd’hui, la limite ouest de la vieille ville. A partir de ce point c’est à pied ou en vélo que l’on se déplace : pas de voitures sur la Main Street (il faudrait aussi dire que la Main Street ne serait même pas assez grande pour que l’on puisse rouler dans les deux sens).



Comme vous avez pu comprendre en lisant le commentaire précédent, la Main Street n’a rien de vraiment impressionnant ; tout d’abord elle n’est pas très large et ensuite il n’y a pas de grand bâtiments sur ses flancs, juste une longue série de restaurants, de fast-food, de boutiques et de magasins de toute sorte. En plus de cela, je trouve dommage que des bâtiments anciens, comme les deux en photo ci-dessus, soient utilisés comme café ou Mac Donald’s… C’est vraiment dommage et ça enlève une partie du charme potentiel de cette rue principale.


Une ruelle qui s’ouvre sur le flanc gauche de la Main Street (gauche si on vient depuis West Gate) nous amène au Bottom Market, une des places du marché de Canterbury. Cette Place est un peu la Place Pury de Canterbury : en fait, selon la charmante Madame qui nous a fait de guide (elle m’aimait bien cette Dame), c’est au Bottom Market que les gens fixent leurs rendez vous le week end. Ah, je me suis dit qu’il y avait enfin quelque chose qui me rappellait ma petite Suisse adorée… d’ailleurs il y a même une espèce de statue sur piédestal, un peu comme Monsieur de Purry à la PP :D. Sur un côté de cette Place on peut admirer la porte principale de l’enceinte de la Cathédrale. Cette porte a été bâtie à lorsque le grand frère d’Henry VIII s’est marié et cette histoire serait complètement futile si ce n’était pour le fait que ledit frère (qui avait dix ans le jour de son mariage), héritier du trône d’Angleterre est (malheureusement pour lui) décédé quelques jours après, laissant le champ libre à notre cher Henry qui est devenu le tout puissant Roi que nous connaissons.


Nous traversons cette magnifique et antique Porte (attention la partie plus laide de la Porte, c'est-à-dire cette horrible statue du Christ, a été ajoutée ensuite) et nous nous trouvons devant la magnifique Cathédrale de Canterbury. Je vois déjà une lueur d’intérêt briller dans les yeux de mon cher Abbé de Corcelles etc., mais je vous préviens tout de suite : il est hors de question que vous laissiez tomber la Oude Kerk pour la Cathédrale de Canterbury ! Je compte sur vous pour répandre la bonne parole à Amsterdam et puis, de toute façon, je vais garder ce magnifique bâtiment pour moi-même :D. Je n’ai pas réussi à prendre une photo du bâtiment dans toute sa grandeur, mais, la gentille guide (toujours elle) nous a suggéré de prendre une photo de la Cathédrale sous cet angle. Effectivement c’est pas mal et ça donne une idée de la magnificence du bâtiment.


L’intérieur de la Cathédrale est aussi magnifique que l’extérieur (mon cher Abbé il faut vraiment que vous veniez voir ce superbe monument). Sur ce cliché vous pouvez voir le cierge qui brûle au-dessus de l’endroit où était située la tombe de Thomas Beckett. Aujourd’hui nous n’avons plus la chance de pouvoir admirer cette tombe (décrite comme magnifique) car notre ami Henry VIII l’a faite détruire et piller à l’époque où il avait quelques différends avec le Pape, différends qui ont porté à la création de l’Eglise d’Angleterre. Nul ne sait quel sort a été réservé aux restes de Saint Thomas… Un des mystères de la Cathédrale.



Deux autres clichés de cette magnifique Cathédrale… Sur cette dernière vous pouvez admirer la Porte Ouest (oui ici ils sont obsédés par le Ouest) ; c’est l’entrée principale de la Cathédrale, et en tout cas celle par la quelle passe la Reine (ou l’Archevêque) lorsqu’elle vient en visite officielle à Canterbury. L’autre photo montre l’escalier qui conduit à la partie de la Cathédrale réservée aux moines et aux religieux ; cette partie était divisée du reste de l’Eglise par le magnifique mur richement décoré que vous apercevez sur la photo.


Là nous sortons de la Cathédrale et nous continuons notre visite en passant par ces ruines, qui sont les restes de l’infirmerie d’un ancienne Abbaye situé juste à côté de la Cathédrale. Pour des raisons que je ne peux pas vous énumérer, l’abbaye a été abandonné, mais il faut croire qu’elle a été très importante ; en tout cas elle disposait (aux dires de notre guide) d’un efficace système sanitaire qui a fait en sorte que la peste ne fasse pas beaucoup de victimes chez les moines (lol j’adore cette dame et ses anecdotes).


Une partie de cette abbaye a même été transformée en école, école qui existe encore aujourd’hui et qui est d’ailleurs une des écoles les plus chères d’Angleterre. On l’appelle « the King’s School » et devinez qui l’a nommée ainsi ? Mais bien sûr notre ami Henry VIII…


Le tour est terminé ! J’espère que vous vous êtes amusé en ma compagnie et que vous avez apprécié cette visite de Canterbury. Veuillez agréer les salutations de Ana (note : les lunettes sont à moi), mon assistante dans ce pèlerinage, et de votre Paadre dévoué. Si vous voulez continuer vos déambulations dans Canterbury, nous vous prions de prendre cette petite porte, qui vous conduira au cœur de la Canterbury non historique, celle qui plaît aux jeunes parce que remplie de petites lumières et de petits panneaux qui vous disent « sales », « - 50% » ou autres messages de la sorte.

Take Care

Votre Paadre dévoué

Prada

Après mon article sur la charmante Città di Bellinzona, je souhaite vous présenter un autre lieu hautement intéressant de ma région d’origine ; il s’agit du petit village fantôme de Prada (qui n’a rien à voir avec la marque Prada à laquelle vous êtes habitués). Je l’appelle village fantôme car il a été habité pendant un certain période au XIXe siècle et puis, du jour au lendemain, il a été abandonné et personne n’y a plus habité pendant plus d’un siècle.

En effet son histoire est assez hors du commun ; au XIXe siècle les habitants de Ravecchia, un village qui est aujourd’hui collé à la ville de Bellinzona, pour échapper à la Peste se sont réfugiés à la montagne et ont crée ce petit village appelé Prada (qui se trouve à environ 600 mètres d’altitude). Les habitants de Ravecchia ont vécu dans cet autre village pendant plusieurs années, jusqu’au moment où, le danger de la Peste étant passé, il sont retournés dans leurs anciennes maisons et abandonné Prada à son triste destin.

Comme vous verrez des photos que je vais vous proposer ensuite, il ne reste plus grande chose du village aujourd’hui ; la nature a reconquis ces terres que l’homme lui avait « volé » et là où autrefois il y avait un petit et florissant village, avec ses champs, ses vignobles et ses pâturages, eh bien il ne reste plus qu’une très belle forêt de châtaignier. La plupart des quelques 30 bâtiments qui composaient le village (on peut donc imaginer qu’une centaine de personnes y habitaient) sont désormais en ruine et partiellement submergées par les feuilles et le humus. Et il en serait de même pour la petite charmante église de Prada si un groupe de personnes bénévoles de Ravecchia n’avaient pas, en 1974 crée une association ayant le but de reconstruire ladite église. Aujourd’hui l’Eglise a été complétée et reste là, témoin d’une page d’histoire charmante et intéressante.

Je veux maintenant vous présenter quelques clichés de ce petit village de Prada, ou au moins de ce qui reste du village…


Une petite vue du Piano di Magadino. En fait le seul moyen pour se rendre à Prada est la marche ; depuis Artore il faut compter une vingtaine de minutes dans un très beau châtainier.


Première maison du village... comme vous pouvez voir, il n'y a plus grande chose... Tout ce qui était en bois a disparu... Seulement les pierres sont réstées comme témoin d'une époque tragique de l'histoire tessinoise.


Une de ces ruines vue de l'intérieur.


Un des bâtiments les mieux consérvés de Prada (mis à part l'Eglise)... Vous pouvez remarquer qu'il ne reste plus grande chose et qu'on n'utilisait pas trop de ciment pour bâtir ces murs


La Nature reprend gentiment ce qui lui appartenait...


L'Eglise de Prada. Charmante n'est-ce pas ?


Dernier cliché de cette série : il s'agit d'une inscription en latin qui parle de la construction du clocher de l'Eglise (ou de l'Eglise) et qui nous fournit une date : 1816.

Voilà... j'espère que vous avez apprécié la petite promenade dans les ruines de Prada.

Votre Paadre dévoué

Saluti da Bellinzona

L’article que je vais publier ce soir est consacré à la ville dans laquelle j’ai grandi. Ca faisait un moment que je voulais vous proposer cet article et cela pour plusieurs raisons : tout d’abord parce que Bellinzona (ou Bellinzone) est une petite ville très charmante et remplie d’histoire ; ensuite parce que c’est la ville où j’ai grandi et où j’ai quand même passé la plus grande partie de ma vie. Enfin je veux aussi vous parler de Bellinzona car je voudrais une bonne fois pour toutes détruire quelques mythes et remettre les pendules à l’heure de manière que l’on ne me fasse plus des remarques telles que « ah mais c’est Bellinzona le chef lieu du Tessin ? Je croyais que c’était Lugano ! ».

Eh bien non ce n’est pas Lugano le chef lieu du seul canton entièrement italophone de la Suisse (il y aurait, pour être précis, l’intéressante exception du village Walser de Bosco Gurin au fond de la Valle Maggia), mais la charmante ville de Bellinzona. Or il faut savoir qu’au moment de la création du Canton Tessin, le chef lieu changeait régulièrement (sauf erreur toutes les années) et que les villes de Bellinzona, Lugano et Locarno étaient à tour de rôle le siège de l’administration cantonale. Seulement, comme vous pouvez bien imaginer, il était assez difficile de tout déplacer à chaque fois ; c’est ainsi que Bellinzona fut finalement choisie comme chef lieu du Canton (ce qui déchaîna le mécontentement des habitants de Lugano). J’aimerais dire à ce propos qu’il s’agissait du choix le plus judicieux car la Bellinzona se trouve au centre du territoire cantonal, donc une personne venant de Chiasso parcourt à peu près la même distance qu’une personne venant d’Airolo.

De nos jours Bellinzona est et reste une charmante petite ville de 17'363 habitants (chiffre au 31 décembre 2005, offert gracieusement par l’OFS) située dans cette vaste vallée creusée par le Tessin, la rivière à laquelle le Canton doit son nom. Comme il a été dit de façon assez claire auparavant, Bellinzona est le chef lieu administratif du canton (Lugano est probablement le chef lieu économique et Locarno le chef lieu touristique).

S’il vous arrivait de passer par Bellinzona, il faut absolument visiter les châteaux ; nous en avons 3 et ils font partie (les trois) de la liste de l’Unesco des patrimoines de l’humanité : Castelgrande (ou Castello d’Uri), Castello di Montebello (ou Castello di Svitto) et Castello di Sasso Corbaro (ou Castello d’Unterwalden). Chacun des châteaux tire son nom des trois premiers « cantons » de la Confédération helvétique. Sinon vous pouvez aussi visiter la vieille ville et si vous vous y promenez le samedi matin, vous pouvez profiter du marché citadin.

En dehors de Bellinzona vous avez aussi la possibilité de faire des magnifiques promenades. Si vous aimez marcher dans la nature je vous conseille le Motto della Croce, une petit col à 1200 mètres qui trône en dessus de Bellinzona. Depuis ce col vous pouvez voir tout le Piano di Magadino, le plateau qui s’étend entre Bellinzona et le Lac de Locarno, Locarno, les îles de Brissago et même le Mont Rose s’il fait beau, ainsi que la Valle Riviera et le début de la Valle Mesolcina.

Voici donc quelques curiosités de cette charmante ville de Bellinzona. J’aimerais bien entendu vous donner beaucoup plus d’informations concernant cette petite ville, mais cet article risquerait de devenir trop long et ennuyant ; c’est en guise de conclusion que je vous propose maintenant quelques photos et quelques cartes postales de la ville.


Pour inaugurer cette série de clichés, je veux commencer par cette vue de Castelgrande. Cette photo a été prise en 1991 lors du 700e anniversaire de la Confédération. Dans la cour du château vous pouvez voir la mythique tente que Mario Botta avait projeté pour l'occasion. Sauf erreur de ma part, ladite tente gît maintenant à Europapark.


Vue assez classique des trois châteaux illuminés (Montebello est partiellement caché par Castelgrande). C'est un peu l'image classique que l'on file aux touristes :D.


De nouveau les châteaux illuminés... Cette fois il s'agit de Montebello et de Sasso Corbaro uniquement.


Une vue du marché du samedi matin. Autrefois il était beaucoup plus sympa, mais on peut encore trouver des produits typiques de la région.


La petite Eglise jaune que vous voyez sur cette photo est l'Eglise d'Artore, mon petit village. En fait je n'habite pas vraiment Bellinzona, mais Artore. Autrefois c'était un village autonome, mais maintenant il fait partie de la commune de Bellinzona, un peu comme la Coudre à Neuchâtel. J'adore ce petit pays et je suis content d'y avoir grandi car il y a encore pas mal de nature... Bref un petit coin de paradis à deux pas de la "grande ville".


Castello di Sasso Corbaro. On l'appelle aussi Castello di Unterwalden ou Castel da Cima (c'est ainsi qu'on l'appelle en dialecte). Il est assez proche du village de Artore et il n'était pas rare qu'on y allait, avec mes amis, pour revivre les aventures des chevaliers. En tout cas, mes chers amis, vous avez devant vous, la photo du premier (et modeste) Palais Pontifical.


Saluti da Bellinzona

votre Paadre dévoué