Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Danemark 2012 : Jour 4 - Louisiana

Bonsoir à toutes et à tous !

Pour ce premier jour sur l’île de Seeland, j’ai décidé de me consacrer à la visite de deux musées qui me font de l’œil depuis ma première visite au Danemark, il y a deux ans de cela : je parle du Karen Blixen Museet à Rungsted et de Louisiana, le magnifique musée d’art moderne qui se trouve à Humlebæk (à dix minutes de train d’Helsingør). C’est donc après un petit déjeuner copieux et généreux que je me suis rendu à la gare pour entreprendre mon périple muséal au nord de la Seeland ; première étape : Rungsted, une ville que l’on traverserait sans états d’âme si elle n’avait pas donné au monde une des plus grandes écrivaines du vingtième siècle ; je parle, bien entendu, de Karen Blixen (1885-1962), qui s’est faite connaître grâce à des romans comme La ferme africaine, Sept histoires gothiques ou Le dîner de Babette.

En plus d’avoir été une auteure à la plume affûtée et passionnante, Karen Blixen a été une femme à la destinée hors du commun dont la vie a été partagée entre son Danemark natal (elle est née et morte dans la maison de Rungsted qui abrite le musée) et l’Afrique où elle a vécu de longues années en essayant de faire tourner une ferme spécialisée dans la production de café (qui fera hélas faillite, ce qui obligera Karen Blixen à la vendre pour une bouchée de pain et à rentrer, totalement ruinée, au Danemark).

Les informations que je viens d’évoquer au sujet de cette femme d’exception, ne sont que quelques-unes qui sont donnée au public dans le musée Karen Blixen de Rungsted ; il y en a d’autres, mais ce serait trop barbant de toutes les reprendre ici. Comme je disais plus haut, le musée se trouve dans la maison où Blixen a vécu pendant une grande partie de sa vie ; c’est l’autrice elle-même qu’en créant une fondation visant à garantir la sauvegarde de sa maison a mis les bases à la fondation d’un musée en son honneur (créé quelques années après sa mort). Personnellement, je trouve que ce n’est pas le meilleur musée que j’ai vu au Danemark ; il y a beaucoup de panneaux à lire, très peu d’objets et lorsqu’on a la chance de pouvoir pénétrer dans quelques-unes des pièces de la maison (conservées dans le même état où elle se trouvaient le jour de la mort de Karen Blixen), on n’a pas le droit de prendre de photos, même sans flash… C’est un peu dommage car il n’y a pas grand-chose à voir en-dehors de ces pièces, sauf – bien évidemment – la nature qui entoure la maison qui est vraiment magnifique.

C’est donc avec un goût amer en bouche que j’ai quitté Rungsted (après une visite qui aura duré à peine plus d’une heure) pour me rendre deux villages plus loin au musée d’art moderne de Louisiana. Cela faisait deux ans que je souhaitais visiter ce haut lieu de l’art moderne, mais il y avait toujours autre chose à voir et Louisiana a toujours été écarté en faveur de différents châteaux et monastères. Et finalement c’est dommage d’avoir attendu aussi longtemps pour découvrir cet endroit hors du commun ; car ce n’est pas un musée conventionnel que l’on visite à Louisiana : c’est un œuvre d’art architectural (moderne) abritant des œuvres d’art moderne et contemporain, principalement des peintures, mais également beaucoup de sculptures (par ailleurs, une partie de ces dernières décorent l’immense jardin qui s’étend jusqu’à la mer). Le bâtiment est constitué par un long couloir qui épouse parfaitement la morphologie du territoire et qui joue habilement avec les lumières et les ambiances ; la salle consacrée au sculpteur suisse Alberto Giacometti est un exemple de cette recherche : il s’agit d’une grande pièce en forme de cube avec une baie vitrée qui occupe toute une paroi et qui donne sur un petit lac bordé de saules pleureurs et d’autres plantes.

Bref, le décor est tellement beau que l’on pourrait être distrait des véritables œuvres d’art, c’est-à-dire celles qui sont exposées ; il faut aussi avouer que l’art contemporain n’est pas toujours facile à comprendre : il n’y a pas de repères clairs et souvent même la lecture de la fiche d’information ne facilite pas les choses. Puis des fois on a l’impression que les artistes contemporains se moquent de nous : comment ne pas croire qu’on se fout de notre gueule lorsqu’on nous présente un grand tableau peint en blanc cassé avec quelques crêtes où la peinture est plus épaisse et que la légende dudit tableau indique que son titre est « Untitled » ? Franchement, je me le demande.

Enfin, Louisiana propose aussi des expositions temporaires ; en ce moment il y en a une en préparation sur les autoportraits (qui ouvre demain) et une autre – très intéressante – sur l’architecture nordique ; j’ai beaucoup aimé cette exposition dans laquelle plusieurs architectes ont essayé d’expliquer et de démontrer le concept que la perception de l’architecture dans les pays nordiques est spécifique à cette région et qu’elle est influencée par la lumière très particulière dans laquelle le Nord baigne, ainsi que par les matériaux qui se trouvent sur place. L’exposition met aussi l’accent sur l’importance d’une architecture « locale » dans un monde globalisé ; elle fait également l’apologie d’une construction plus réfléchie, économique et écologique et cela par le biais de nombreux exemples, à savoir des bâtiments publics qui ont déjà été construits un peu partout en Scandinavie, mais également d’autres projets en phase de réalisation.

Je suis ravi d’avoir enfin pu avoir l’occasion de visiter ce musée de Louisiana (et même celui consacré à Karen Blixen, même si je ne suis pas entièrement satisfait) ; ce fut une journée riche en émotions. Vivement la suite de ces aventures.

Bien à vous

Votre Stefano