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"Vacances" Tessinoises

Après cette petite pause « musicale », il est grand temps de reprendre le récit de ma petite vie de jeune homme tout à fait commun, mais à la fois, tout à fait exceptionnel ; j’ai récemment eu le plaisir de vous parler des Portes Ouvertes de la Maison de Champréveyres, une manifestation qui nous (à mes amis et à moi) a pris pas mal de temps et d’énergie mais qui fut, à mon avis, un vif succès. Le temps est venu, pour le Paadre, de reprendre sa route vers le Tessin où il a retrouvé sa famille.

Comme vous savez (et si vous ne le savez pas tant pis), le Paadre avait quitté le Tessin et sa famille après avoir passé quelques jours des vacances de Pâques avec eux ; il les avait quittés pour retourner sur Neuchâtel, avant de rentrer en Angleterre pour les derniers examens et les dernières semaines de cet échange Erasmus dont il a été question dans plusieurs articles de ce site.

Or votre serviteur retournait au Tessin après deux mois d’absence et il a tout de suite senti qu’il n’aurait pas pu faire autrement ; il semblerait que ma famille s’est un peu sentie délaissée par ma décision de m’arrêter, comme d’habitude, d’abord à Neuchâtel et de retourner à Bellinzona seulement après quelques (plusieurs) jours passés auprès de mes amis. Il faut dire qu’ils n’ont pas tout tort en disant que je ne leur consacre pas assez de temps, mais ce que ma famille a parfois du mal à comprendre c’est que maintenant ma maison c’est Neuchâtel et plus Bellinzona ; je suis quasiment sûr qu’à la fin de mes études je ne reviendrai pas (comme le souhaite ma grand-mère) au Tessin pour chercher un travail, mais je resterai par ici, dans ce Littoral qui m’a tant donné.

Encore une fois je veux que ce soit clair : je ne fais pas cela parce que je n’aime pas mes parents ou ma famille ; je les aime immensément et il n’y a rien à dire là-dessus, mais je trouve qu’à un certain moment il faut prendre son chemin et se détacher des ailes protectrices de la « famiglia ». Je pense que ma mère a compris le fond de ma pensée et elle l’accepte ; mon père et mon frère aussi d’ailleurs… c’est plutôt auprès de ma grand-mère que le problème se pose : elle a toujours été habituée à avoir toute la famille à côté de chez elle, et elle ne comprend pas que moi je puisse mener ma vie à des centaines de kilomètres de chez elle. Enfin, je pense qu’elle devra s’y faire car je ne retournerai au Tessin que pour voir ma famille et passer des moments avec eux.

Mais là je m’égare : je disais que votre Paadre est retourné au Tessin qu’il a revu sa famille et qu’il a passé des excellents moments avec eux ; malgré qu’il était rentré voir ses parents pour faire un peu de vacances, cela ne s’est point produit, étant donné qu’il a décidé de se réfugier dans son chalet à la montagne et qu’il s’est mis à faire des « petits » travaux de ponçage et peinture… En fait, ce n’était même pas des petits travaux car votre Paadre, qui des fois ne réalise pas l’ampleur des couilles dans lesquelles il plonge, était loin d’imaginer que le ponçage et la peinture d’une paroi du chalet lui aurait pris une semaine entière. Finalement le résultat est magnifique et votre serviteur ne regrette pas ses efforts, mais il est vrai qu’il en a bavé.

A part cela je n’ai pas fait grand-chose d’intéressant : j’ai réfléchi à mon futur appartement (j’allais avoir les clés le 29 juin) et j’ai réglé deux ou trois soucis qui se sont posés sur mon chemin. Par contre, et cela il faut quand même le dire, un samedi soir, après avoir décidé de sortir en ville, en sortant d’un de mes bars préférés, j’ai été victime de propos et apostrophassions homophobes. J’ai fait semblant de ne pas les entendre et il faut avouer que j’ai regretté de ne pas avoir réagi ; en rentrant à la maison je me suis rendu compte que j’aurais eu envie d’aller vers eux (même s’ils étaient cinq ou six) et leur demander si ma sexualité leur posait un problème. Bon je risquais de me faire taper dessus, mais il y avait un Securitas à l’entrée du bar et il y avait des chances qu’il les empêche de trop m’amocher.

Cet événement du samedi soir n’est qu’un exemple de ce que j’ai dû endurer pendant vingt ans au Tessin. Après on se demande pourquoi je veux rester sur Neuchâtel… Si seulement je pouvais raconter ça à ma famille, peut-être qu’on me ficherait la paix avec la sempiternelle question « quand tu nous reviens ? ». Je ne suis pas prêt à retourner dans un endroit où je ne suis pas toléré et je fais l’objet de propos qui atteignent ce que je suis.

C’est donc avec un certain soulagement et une certaine hâte d’avoir les clés de mon appartement que le 26 juin j’ai repris la route vers Neuchâtel, et alors qu’une époque tirait à sa fin et une autre s’ouvrait devant moi, je ne pouvais pas m’empêcher de m’interroger sur mon avenir et sur le bien fondé de ma décision de prendre un appartement. Ai-je bien fait ? Seulement le temps pourra répondre à cette question ; pour le moment je ne regrette pas mon choix.

Bien à vous

Votre Paadre dévoué