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Dans le noir...

Il est 9 heures 40 et mon réveil se déchaîne sur ma table de nuit. Je l’éteins une première fois. Il sonne à nouveau cinq minutes après, mais je lui réserve le même traitement qu’avant. Il est 10 heures 10 lorsque je trouve la motivation et la force de me lever. La première chose que je fais, après avoir couvert certaines parcelles de mon corps avec des bouts de tissu, c’est allumer l’ordinateur, vérifier les mails et faire un tout petit tour sur les forums et les sites que je visite d’habitude.

Je vais à la cuisine, je me prépare un café et je reviens dans ma chambre ; il est 10 heures 30 lorsque je lance la conversion en fichier .mp4 (le seul format vidéo reconnu par les iPod) du DVD du Confessions Tour. C’est la deuxième tentative ; hier j’ai essayé mais il y a eu un problème qui a fait tout échouer. J’espère de tout mon cœur qu’aujourd’hui la conversion fonctionne. Le compteur affiche le temps de conversion estimé : 8 heures. Ce n’est pas plu mal, il sera prêt pour l’heure du souper.

A 10 heures 45 je pars en cours ; j’ai un séminaire d’histoire. Tout se passe passablement bien pendant les deux heures suivantes : le sujet est intéressant et le débat assez vif. J’ai même l’occasion de connaître une de mes co-séminaristes.

Vers 12 heures 55 je sors de la salle et je me dirige au Gulbenkian où je suis censé rencontrer les gars de l’association LGBT ; j’espère qu’il y aura plus de gens que mardi à la soirée film (où on était cinq) et je cache avec difficulté ma déception quand je me rends compte que nous ne sommes que trois.

Vers 13 heures 45 je quitte le Gulbenkian et je me dirige à Rutherford pour aller récupérer mon premier essai d’histoire ; je suis nerveux, très nerveux. J’arrive et il faut que j’attende pendant qu’une autre personne, assez paumée, obtienne ce qu’elle cherche. C’est mon tour, je demande mon essai et la secrétaire, après quelques recherches, me le donne ; j’ai eu un 64. Je ne sais pas si être satisfait ou déçu, mais lorsque je lis les commentaires du professeur je sens l’amertume et la rage monter. Ce brave homme a bien vu que j’étais à court d’arguments (oui je l’admet, au moins 500 mots de l’essai étaient censés remplir mon texte pour lui faire dépasser la barre des 2000 mots), mais il ose me dire (ou m’écrire) que mes phrases sont trop longues et complexes ! Comment ose ce petit être, doctorant qui a peut-être deux ou trois ans plus que moi, critiquer ma façon d’écrire ? Je reconnais que ce n’est pas l’essai le plus brillant que j’ai produit dans ma carrière universitaire, mais je déteste que l’on critique mon style d’écriture.

A 14 heures je franchis la porte du numéro 4 de Marley Court ; je suis furieux, contre ce professeur qui adresse des critiques rien à voir, et je médite sur la meilleure façon de réagir ; il est hors de question que dans mon prochain essai je vais changer ma façon d’écrire pour lui faire plaisir… Après tout, cette fois j’ai réussi à avoir un 64 sans avoir suffisamment d’arguments et il ne devrait donc pas être difficile de répéter l’exploit pour le prochain écrit ; en tout cas s’il pense que je vais me réduire à écrire comme un gamin de 14 ans qui ne sait pas rédiger une phrase avec plus de trois mots il se trompe ! Je n’ai pas passé 25 ans de ma vie à façonner et créer mon style pour voir un type qui ne comprend rien me forcer à l’abandonner. S’il n’est pas capable de comprendre des phrases plus complexes que « Ma maison est grande » ou « Ma maison est belle », et bien il peut aller se faire voir.

Mais je reviens à mes moutons : à 14 heures j’entre dans ma chambre et je vois avec plaisir qu’il ne reste que 4 heures et demi avant la fin de la conversion ; l’idée du Confessions Tour sur mon iPod est largement suffisante à me redonner le moral.

Vers 14 heures 30, je vais prendre une douche et une demi heure après je me prépare quelque chose à manger.

A 16 heures tapantes je m’installe confortablement sur mon lit et j’entame la dernière partie des lectures que je dois effectuer pour mon séminaire de littérature anglaise ; les textes sont particulièrement ennuyants et vers 16 heures 50 le sommeil commence à m’envahir. Avec un geste pas très élégant je déplace les feuilles et les bouquins éparpillés sur mon lit et je m’allonge. Plus qu’une heure et demi avant la fin de la conversion…

Je suis allongé et je ferme les yeux ; je ne sais pas si j’ai dormi, mais pendant près d’une heure mes sens sont à la merci de la torpeur. Je suis allongé sur mon lit et mon esprit divague ; je réfléchis à l’histoire que je veux écrire (et que j’écrirai un jour), je conçois des idées intéressantes, mais je n’ai pas le reflex de les écrire et lorsque je me lève, vers 18 heures, j’en ai oublié une partie.

A 18 heures 01 je me dirige vers la cuisine et je me prépare un chocolat chaud. Je m’installe devant mon ordinateur et j’attends avec une certaine impatience la fin de la conversion ; 18 heures 5, 10, 15, 16, e puis, tout à coup, la lumière s’éteint, ainsi que le disque dur externe connecté à mon laptop. Un cri sourd explose dans ma tête : « non, pas maintenant ! ». Je cherche de sauver  la conversion en la mettant en pause, mais le reflex est arrivé un peu trop tard et dans mon cœur je sens que les huit heures passées à convertir le Confessions Tour sont passées à la poubelle en 2 secondes.

Et déjà je maudis mes colocataires. Je me demande comment ont-ils pu faire péter les plombs (en fait cela est arrivé maintes fois pendant le premier trimestre lorsqu’à l’étage il y avait trop d’appareils électriques branchés). Je les maudis et je me dis que je vais tuer le responsable. Je remarque ensuite que la lumière ne revient pas et que dehors il fait tout noir. Le numéro 4 de Marley Court n’est pas le seul appartement touché par la panne d’électricité.

Je vais à la cuisine où je retrouve mes colocataires survoltés ; Scott et Adam sont survoltés et pensent déjà aux méfaits qu’ils peuvent perpétrer avec Aaron pendant le black out ; Kirsty est soulagée car la panne tombe juste avant une représentation théâtrale à laquelle elle n’a pas trop envie d’aller. Jenny arrive quelques minutes après, le moral dans les chaussettes, et nous explique qu’elle était en train de travailler sur un essai à la bibliothèque lorsque le courant a sauté. L’ordinateur sur lequel elle travaillait s’est éteint et elle a perdu son texte ; en gros c’est la poisse.

Tout le campus (et une partie de la ville de Canterbury) est dans le noir et selon les rumeurs qui commencent à circuler, la panne durera jusqu’à 21 heures 30.

Adam et les garçon rentrent d’un tour et nous communiquent que Woody’s est toujours ouvert en nous décidons d’y aller pour boire un verre et faire passer le temps. Il n’y a pas grand-chose d’autre à faire. Scott ne fait pas long (car il repart avec des types pour « fumer ») ; c’est ensuite le tour d’Adam de partir à Rochester pour voir Arielle. Britney et son charmant copain nous quittent un moment après et je reste donc avec Kirsty et Ally, une amie à elle. Après tout, même si la situation est gênante, j’ai passé un moment très agréable avec les deux filles.

Vers 21 heures Kirsty et moi rentrons à la maison ; j’ai faim et je commence à me préparer quelque chose à manger (heureusement qu’on a encore le gaz et l’eau courante). Et puis… surprise… peu après 21 heures la lumière revient.

Je me précipite vers mon ordinateur pour constater le sort du Confessions Tour ; malheureusement le fichier a été corrompu par l’interruption du courant et on ne peut pas le lire. Il était à 96 %, l’avant première montrait clairement que le concert lui-même était converti et que le programme s’attaquait au générique de fin. Rien que 15 minutes de plus et la tâche aurait été accomplie ; la frustration atteint son comble.

Pour conclure, je pourrais dire que cette journée n’a pas été un des plus beaux jours de ma vie ; on a critiqué mon style d’écriture, j’ai passé une heure à lire des poèmes chiants et ma deuxième tentative de convertir le DVD du Confessions a échoué à quelques minutes de la fin. Mais à part cela, j’ai passé des bons moments avec Kirsty (et même avec Britney, vous vous rendez compte ? Bon il faut dire que la présence de son Apollon de copain aide beaucoup… je sais c’est malsain, mais je regarde seulement, je ne touche pas :D) et que malgré tout la panne a cassé une routine dans laquelle je me suis emprisonné sans vraiment m’en rendre compte. Là il est  00 : 35 ! Je vais me coucher car le réveil sur la table de nuit se prépare à répéter son attaque mortelle demain matin à 09 heures 40.

Take Care

Votre Paadre dévoué