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Le plus fort c'est mon père (pour de vrai)

Bonjour à toutes et à tous

Dimanche soir au Karaoké j’ai failli fondre en larmes lorsqu’une fille a chanté Le plus fort c’est mon père de Lynda Lemay. Cela fait un moment que je connais cette chanson et elle ne m’avait jamais fait un effet pareil : j’ai toujours aimé le texte et le concept de la chanson avec cette fille questionnant sa mère sur son père ; je me suis toujours dit qu’il s’agissait d’une chanson d’amour assez originale, et c’est seulement dimanche soir que j’y ai vu quelque chose de plus et que je me suis identifié avec ce morceau de la chanteuse québécoise.

C’est probablement parce qu’en ce moment les choses pour mon père les choses ne vont pas très fort ; après plus de vingt-cinq ans de bons et loyaux services auprès de la commune de Bellinzone, il se retrouvé à la maison suite à des déclarations malveillantes (de personnes sûrement jalouses ou juste trop connes) qui ont jeté le soupçon sur le travail de plusieurs fonctionnaires du département à mon papa. Evidemment je n’ai jamais cru une seconde à ces fausses accusations car je connais bien mon père et je sais qu’il n’aurait jamais fait ce dont on l’a accusé. Mais bon, apparemment les esprits malveillants et jaloux parviennent toujours à semer le doute et la zizanie et au final la commune a décidé de se séparer de mon père ainsi que des autres employés.

J’ai pas mal souffert au cours de cette histoire car je ne pensais pas que la jalousie ou je ne sais pas quel autre bas sentiment pouvait avoir un tel effet sur des vies humaines : ces personnes ont trainé des honnêtes gens dans la boue, ils ont essayé de jeter le discrédit et le soupçon sur leurs activités et cela m’a beaucoup blessé car j’ai vu mon père s’impliquer pour notre ville, pour notre commune adorée… je pense à toutes les heures supplémentaires qu’il a faites, à cette année où, le jour de Noël, il a dû quitter sa propre famille et les festivités pour aller organiser le dégagement de la neige qui s’accumulait sur les chaussées de Bellinzona. Tant d’heures, tant de travail et tant de sacrifices salis et ternis par des sales connards. Ils me dégoûtent et dégoûtent tous ceux et celles qui, comme moi, n’ont jamais cru à ces déclarations. Mais bien entendu, mon père et ses collègues étaient bien trop populaires en ville et la nouvelle administration communale (lire le Maire – un connard fini – et ses assistants) craignaient un peu cette popularité (et le fait que la plupart de ces employés n’avaient pas soutenu ce maire lors des élections n’a fait qu’empirer les choses).

Je n’ai jamais parlé de cette histoire par ici parce qu’il y avait un petit espoir que mon père et ses collègues ne perdent pas leur place. En plus, il faut avouer que je ne connais pas tous les détails : vous pourriez vous dire que c’est bizarre que je ne connaisse pas le tout, mais je n’ai jamais voulu forcer mes parents à parler de cette histoire et je ne répète que ce que ma mère m’a raconté. Là je ne sais pas encore qu’est-ce que mon père va faire ensuite, mais je doute qu’il va s’asseoir dans un coin et qu’il va déprimer : il aurait pu faire ça au moment où son travail a été mis en cause, mais cela n’a pas été le cas ; il aurait pu commencer à déprimer le jour où on l’a muté dans un autre poste pour qu’il ne puisse pas « altérer les preuves dans son ancien bureau », ou bien lorsqu’on l’accusait de profiter de sa position au sein de la commune, mais il ne l’a jamais fait ! Il a malgré tout accepté cette « mutation » et il a continué à aller travailler comme si rien n’était, jusqu’au dernier jour de son contrat. Il a toujours effectué son travail sans qu’on puisse lui faire le moindre reproche, même quand sa situation professionnelle aurait persuadé d’autres personnes à laisser tomber vu que de toute manière il n’y avait plus rien à faire.

Je me demande qu’est-ce qui va se passer ensuite… je me demande si mon père va trouver un nouveau travail ; d’un côté je me dis qu’il connaît beaucoup de monde à Bellinzone et ses alentours (les ethnologues diraient qu’il a un réseau social considérable) et qu’il ne devrait pas être si difficile pour lui de se faire engager quelque part… de plus qu’il a toujours eu une très bonne réputation et que les accusations lancées par ces jaloux n’ont pas eu beaucoup d’effets sur cette réputation bâtie en plusieurs années de travail honnête… D’un autre côté j’ai quand-même un peu peur car je me dis qu’il ne doit pas être facile de trouver un nouveau boulot à 50 ans… j’espère que tout se passera pour le mieux ; je sais que mon père peut le faire et qu’il va le faire, mais je ne peux pas m’empêcher d’être inquiet. Pour le moment il se plait d’ailleurs de dire qu’il va partir à la retraite à cinquante ans et m’exhorte à finir mes études au plus vite…

Et je dois avouer que cette exhortation trotte de temps en temps dans ma petite tête : en tout cas je m’en veux un tout petit peu d’être toujours étudiant, de devoir encore dépendre de lui et de ma mère pour vivre : j’aimerais ne pas être un poids financier, j’aimerais avoir mes rentrées d’argent et ne pas être à l’origine de cette somme d’argent plus que considérable qui pourrait être investie autrement. J’ai déjà soulevé le problème plus qu’une fois et ma mère m’avait juste dit qu’il ne fallait pas que je me fasse des soucis, qu’il y avait assez d’argent, et que je devais juste songer à finir mes études, mais je ne peux pas m’empêcher d’y penser. Je me dis que si j’avais été un peu plus « studieux » j’aurais déjà fini mon uni et je serais peut-être déjà en train de gagner ma vie… ça me gave et ça me pèse… Je me dis que je pourrais chercher un petit job à côté de l’uni (et à côté de Caarlo qui ne me fait, finalement pas beaucoup d’entrées) et j’ai commencé à regarder autour de moi. S’il faut que je fasse un petit sacrifice pour alléger les charges financières de mes parents, je le ferais plus que volontiers ; je leur dois bien ça après tout ce qu’ils ont fait pour moi.

Quoiqu’il en soit, je trouve que toute cette histoire a montré une fois de plus que c’est bien vrai : le plus fort c’est mon père.

Bien à vous

Stefano