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Auto-analyse Pontificale

Je suis venu au Tessin quelques jours pour mettre de l’ordre dans mes pensées mais, pour l’instant je n’ai pas eu beaucoup de succès à ce boulot. Il me semble qu’il y a plein de pensées et d’émotions éparpillés que je n’arrive pas à mettre en relation avec les autres. C’est comme un grand puzzle qu’il me faut recomposer et j’ai le sentiment que je n’aurai pas les idées plus claires jusqu’à quand je n’aurai pas réussi à remettre chaque pièce à sa place. Une fois on m’a dit que je passe trop de temps à essayer de comprendre les choses et que, par conséquent, je n’arrive pas à agir au bon moment ; je ne pense pas que cela ait une influence réelle sur le bordel qui est dans ma tête en ce moment… le temps que je passe à réfléchir devrait au contraire faire en sorte que ce qui se passe dans ma tête soit rangé ; il ne devrait pas y avoir de confusion dans mes pensées, juste de l’ordre.

Pendant ces derniers jours, j’ai essayé de comprendre d’où vient cette sorte de malaise intérieur et il faut avouer que je ne suis pas sûr d’avoir trouvé la bonne solution (et puis finalement est-ce qu’il y a une bonne solution ?). Un ami m’a conseillé de faire de l’auto-analyse et c’est ce que j’ai essayé de faire ; j’ai commencé par me demander pourquoi je n’allais pas trop fort ces jours : la réponse a été très difficile à dénicher et j’ai dû parcourir tous les domaines de ma vie pour la trouver.

Je me suis demandé si c’était la vie « professionnelle » qui me causait autant de peine, mais j’ai rapidement compris que ce n’est pas le cas ; il est vrai que je rentre dans une période assez stressante pour ce qui concerne l’université, mais j’aime bien ces périodes et en plus je ne cède jamais à ce genre de pression. L’année qui commence dans quelques semaines va être sûrement la plus chargée depuis un moment, mais je fais face à tout cela (examens, mémoire, équivalence) avec une certaine sérénité…

J’ai ensuite analysé ma vie de famille et je me suis rendu compte que le problème ne réside pas là non plus ; il est vrai, il y a toujours un coming out qui m’attend derrière le coin, mais j’ai réussi à repousser tout ceci au-delà de n’importe quelle limite. Ma vie n’est pas centrée sur mon homosexualité ! Je ne suis pas Stefano le Gay ; le fait d’être homo n’est pas la seule chose qui compte dans ma vie : je suis gay, tessinois, fan de Madonna, amant du Martini, … Je ne me définis pas en me basant sur mon orientation sexuelle. Ce serait stupide et réducteur ; en plus je déteste les étiquettes !

Il y a quoi ensuite ? Les amis : je ne pense pas avoir des problèmes particuliers là-dessus ; j’ai le sentiment d’être bien entouré et je n’ai pas à me plaindre. Autour de moi il y a des personnes qui m’apprécient, des gens qui croient en moi et avec lesquelles je partage pas mal de choses. Le week-end passé j’étais ici au Tessin et plusieurs personnes m’ont écrit pour savoir si je sortais en ville, donc il est difficile de se sentir seuls avec des amis comme ça.

La santé ? Peut-être que cet état cache un problème de santé qui ne va pas tarder à se manifester ? Je ne pense pas ! Physiquement je me sens bien (très bien même) et à part quelques kilos de trop que j’aimerais bien perdre, je n’ai point de remarques à faire sur ma forme physique. Peut-être que je pourrais explorer le côté « aspect physique » car il est vrai que je rêve (de temps en temps) d’avoir une apparence différente ; quand je parlais des quatre âmes dans un de mes articles précédents, j’ai aussi parlé de Vintage et j’ai essayé d’expliquer son envie de revenir en arrière. Eh bien, il m’arrive de partager cette envie et de regretter de ne pas avoir fait du sport pour avoir un physique plus agréable à regarder ; je regrette aussi de ne plus avoir beaucoup de cheveux et d’avoir perdu quelque chose à laquelle je consacrais énormément de soins ; il est facile de faire des blagues très basses sur la rareté de mes cheveux ou sur l’absence d’abdominaux sculptés, mais derrière tout cela j’ai parfois l’impression, en ce monde trop souvent plus intéressé par l’extérieur que par l’intérieur, d’avoir une sorte de tare, un désavantage qui fait tout son poids sur mon bonheur.

En pensant à mon aspect physique et à son importance dans ma vie et dans le monde d’aujourd’hui, j’ai entrevu le chemin qui m’a conduit au cœur du problème ; finalement le physique n’a aucune importance pour les amis, la famille ou la vie professionnelle, mais il assume une importance plus que capitale dans le domaine sentimental de notre vie ! Et c’est là que j’ai trouvé la source de mon mal-être : je me sens seul ; j’ai envie de me réveiller avec quelqu’un à côté de moi, mais le candidat idéal pour partager mes nuits et mon lit ne semble pas vouloir se manifester. Chaque matin je me réveille tout seul dans un grand lit qui pourrait facilement héberger une autre personne ; chaque matin je prends mon petit déjeuner dans une cuisine énorme, en silence car il n’y a personne avec qui parler ; je mange souvent tout seul à midi (et le soir aussi) ; je sors en ville et je rentre tout seul ! Je fais le ménage et je vise à la perfection rien que pour moi vu que personne n’est là pour me faire à manger, ou me serrer dans ses bras lorsque je rentre, ou encore m’embrasser le matin lorsque je me réveille.

Comment ça se fait que tout le monde dit « ah mais il est super gentil Stefano », « on adore Stefano », « Stefano est un homme à marier » et puis je me retrouve tout seul dans cet appartement presque trop grand pour moi ? Je dois forcement avoir un défaut trop important qui refroidit les hommes ! Je ne suis en tout cas pas quelqu’un d’aussi parfait que l’on croit ; j’aimerais bien que l’on me dise, rien qu’une fois, pourquoi je ne trouve personne étant donné que je suis « si chou » et « si adorable ».

J’espère juste que mon célibat ne soit pas uniquement dicté par l’aspect physique car cela pourrait me tuer ; je sais de ne pas être le plus beau des hommes, ni le plus laid, mais je souhaiterais que l’on ne s’arrête pas à ça et que l’on creuse un peu plus en profondeur. On me dit « Stefano il ne faut pas chercher » et je ne cherche pas, j’ai arrêté de chercher après que l’on m’a brisé le cœur en mai 2006 ; après on me dit « des fois il faut chercher et provoquer les événements » : il faudrait se décider ! Je cherche ou j’attends ? J’attends ou je cherche ? Là ça fait plus de deux ans que je suis célibataire, je suis prêt à m’engager, mais je dois faire quoi ?

Enfin, je ne vois pas pourquoi je devrais me plaindre… Après tout il n’y a qu’une seule « partie » de ma vie qui foire… Je suis sûr qu’avec un petit effort je pourrais rayer ces problèmes de ma vie ; il faut juste faire le deuil de ma vie sentimentale et me dire que je ne rencontrerai jamais personne pour moi ! Finalement ce ne serait pas plus facile ? Je souffrirais une seule et unique fois et je suis sûr qu’à partir d’un certain âge cette souffrance disparaîtra. Mais alors quel sens aura ma vie si je vais la vivre rien que pour moi sans la partager avec quelqu’un ? L’autre jour, en écoutant « Lucas », une chanson de Dalida dans laquelle elle raconte son regret de ne pas avoir eu d’enfants, je me suis dit qu’un jour je pourrais bien finir comme elle, à désirer un homme ou des enfants que je ne pourrai plus avoir.

Je ne suis pas seul, mais je me sens seul ; ce n’est pas que je n’apprécie pas mes amis et ma famille, mais il me manque quelqu’un, quelqu’un qui n’est pas là et qui peut-être ne sera jamais là. On me dit de garder l’espoir et j’aimerais bien suivre ce conseil, mais je commence à avoir des doutes… Enfin on verra bien ce qui me réserve l’avenir.

Bien à vous

Votre Paadre dévoué