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Séjour au Tessin

 

Bonsoir à toutes et à tous !

Je reviens d’une charmante semaine de vacances passée dans mes Terres natales auprès de ma famille. Bien que le beau temps n’ait pas été au rendez-vous, j’ai passé des moments inoubliables en compagnie de mes proches. S’il fallait que je décrive ce dernier séjour au Tessin en utilisant un seul mot, je choisirais « nostalgique ». En effet, cette belle semaine a été imprégnée de nostalgie : pour un passé qui est désormais révolu ; pour des moments importants ; pour des personnes qui nous ont quitté. Je vous rassure tout de suite : ce n’était pas ce type de nostalgie dépressive qui donne le cafard, mais plutôt cette nostalgie qui nous arrache un sourire lorsqu’on évoque des choses plaisantes qui ont marqué notre passé.

Il est indéniable que mes séjours au Tessin se prêtent très bien aux éclats de nostalgie : j’ai passé vingt ans de ma vie sur ces terres, j’ai vécu des instants qui ont été essentiels pour mon développement en tant qu’être humain et il est clair que certains lieux à Bellinzona et à Artore restent très chargés de souvenirs impérissables. Au cours de ce séjour j’ai eu l’occasion de me promener dans mon village natal et dans le centre-ville du chef-lieu tessinois : mon regard a plusieurs fois été capturé par des éléments qui ont changé depuis que le Tessin était ma maison ; que ce soit des magasins qui ont disparu, des bâtiment fraîchement construits ou abattus, je me suis rendu compte que plusieurs repères de mon enfance et de mon adolescence n’existent plus.

C’est surtout en me promenant dans les rues d’Artore (cela ne prend pas beaucoup de temps puisqu’il n’y en a que trois…) que j’ai pu mesurer combien les choses ont changé depuis mon départ en 2002. J’ai parfois eu de la peine à reconnaître mon village : en dix ans, plein de maisons ont surgi et j’ai l’impression que l’ambiance ne soit plus la même ; je m’explique : j’ai l’impression qu’aujourd’hui Artore se soit transformé en un de ces affreux villages-dortoir où l’on ne connaît pas ses voisins ; lorsque j’étais enfant, Artore était encore un petit village de quelques centaines d’âmes qui se connaissaient, un village animé par des enfants qui jouaient ensemble dans la cour de l’ancienne école et qui vivait au rythme des saisons, des messes du dimanche et des manifestations organisées par le groupe des jeunes du village.

Un autre indicateur de ces changements est certainement la disparition de nombreuses personnes que j’ai connues au cours de ma vie : je l’ai réalisé lorsque je me suis rendu sur la tombe de mon grand-père (pour la première fois depuis son décès) ; à côté de lui reposent nombreuses personnes qui nous ont quitté au cours de ces dernières années ; je n’avais jamais réalisé qu’autant de personnes étaient parties depuis que j’habite Neuchâtel… je me rappelle parfaitement de tous ces individus et je pourrais raconter au moins une anecdote qui concerne chacun d’entre eux.

La vie est changement : le monde qui nous entoure change ; nous changeons ; et si j’ai l’impression qu’en dix ans la petite bulle dans laquelle j’ai grandi ait changé au-delà de mes rêves les plus fous, je peux aisément comprendre le ton nostalgique que ma grand-mère donne au récits de sa jeunesse ; au cours de ce séjour nous avons encore évoqué ensemble sa jeunesse et la vie au village au cours de la première moitié du vingtième siècle. Je pourrais écouter ces histoires pendant des heures et parfois j’aimerais vraiment avoir un bloc notes et une plume pour les noter, afin qu’elles ne disparaissent pas ; chacune de ces anecdotes constitue un aperçu d’un monde ancien qui n’est plus, un monde où les gens n’avaient pas grand-chose, mais où elles étaient probablement plus heureuses que nous. Enfin, je ne vais peut-être pas non plus idéaliser la vie de nos ainés car je suis bien conscient qu’elle avait aussi son lot de malheurs…

Avant de vous quitter, je souhaite partager avec vous une image qui - à mon avis - résume parfaitement l’état d’esprit que j’ai essayé de véhiculer dans cet article ; il s’agit d’une photo prise le 27 janvier 1958 lors du mariage de mes grands-parents que j’ai trouvée dans les archives photographiques de Mamie ; ce cliché est un témoignage frappant de ce passé révolu dont j’ai longuement parlé et me fait - bien évidemment - penser à mon grand-père avec certes une pointe de tristesse, mais aussi beaucoup de tendresse car ce sont uniquement les bons moments que nous avons passé ensemble qui me viennent à l’esprit.


Blog 2012 - 119

Bien à vous

Votre Stefano