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Le calendrier : 20 décembre - Ana

Bonjour à toutes et à tous !

Aujourd’hui je souhaite vous proposer le dernier article (pour cette année 2008) de la rubrique « le calendrier de l’amitié » ; en dix mois j’ai eu le plaisir de vous présenter quelques-unes des personnes qui me tiennent le plus à cœur : j’ai commencé en fanfare le 21 février avec un texte sur Samuel, mon Cardinal du Haut du Canton ; ensuite, j’ai continué sur le même ton au cours des mois suivants et je vous ai présenté plusieurs membres de mon clergé et de mon entourage séculaire et il n’y a aucune raison pour que cette rubrique ne se termine (pour cette année) aussi en fanfare. Ainsi, après avoir consacré un texte à mon ATF (ou ATTF) sur la fin du mois de novembre, il est grand temps d’en consacrer un à la mythique (et unique) Ana, qui fête aujourd’hui ses vingt-cinq ans.

On pourrait dire qu’Ana et moi c’est une grande histoire d’amour… enfin il faudrait garder le terme « histoire », enlever « amour » et mettre « amitié » à la place, mais je ne suis pas ici pour jouer avec les mots… Mais si on veut être exacte (et surtout pour ne pas causer des incidents diplomatiques) je dirai qu’Ana et moi c’est une grande histoire d’amitié qui a commencé il y a fort longtemps lorsque nous venions de débarquer à Neuchâtel et nous venions de goûter à la vie d’universitaire (avec tous ses privilèges et tous ses problèmes). Je me souviens encore de la première fois qu’on a discuté ensemble : on devait être au mois de novembre ou décembre 2002, nous nous trouvions dans le bus numéro 7 (celui qui depuis la Place Pury et la gare amenait à Champréveyres) et dehors il faisait nuit : on était probablement en train de rentrer après des cours à l’uni et je me souviens que c’est moi qui l’ai approchée en premier vu que j’avais remarqué qu’on suivait les mêmes cours d’anglais et qu’on habitait les deux à Champréveyres.

Notre premier contact s’est bien passé : si je me souviens correctement, nous avons discuté de nos cours d’anglais (comme quoi l’anglais crée des liens…) et il n’a pas fallu longtemps avant qu’on commence à se rendre ensemble aux cours et qu’on commence à passer du temps ensemble (officiellement pour réviser, mais officieusement pour faire des siestes, des en-cas ou tout autre genre d’activité que nous réputions plus intéressante et utile que les cours de phonétique ou de linguistique qu’on devait se farcir en première année). En plus, c’est grâce à Ana que j’ai pu élargir mon cercle d’amis à Champréveyres (et donc à Neuchâtel vu que pour moi à l’époque Neuchâtel se réduisait à Champréveyres et à l’Université) : c’est en fait grâce à Ana que j’ai rencontré Marie (alias Manti), un autre personnage qui jouera un rôle important dans mon évolution en tant qu’être humain.

L’amitié avec Ana s’est donc développée à cheval entre l’Université et Champréveyres ; elle aurait pu être une simple amitié, comme celle qui se crée avec la plupart des gens qu’on rencontre dans notre vie, mais le lien entre nous n’a fait que de se renforcer au fil des mois et des années et je peux dire qu’aujourd’hui je ne pourrais pas imaginer ma vie sans Ana ; de manière plutôt grossière on pourrait dire qu’elle fait partie des meubles de la maison qui est ma vie, mais cette expression ne parvient pas à cueillir l’étendu de l’importance que cette chère Ana a à mes yeux.

Lorsque je pense à Ana, beaucoup de souvenirs me viennent à l’esprit : comment oublier touts les moments que nous avons passés ensemble ? Tous nos délires, tous nos rires, les heures passées à réviser (oui oui, il y en a eu, même si ceci n’est pas facile à croire). Et comment oublier les soirées passées aux Brandards (28 ?) – alias « la maison du bonheur » - ou dans le nouvel appartement chez Edmond ? Et comment ne pas mentionner nos apéros du jeudi avec Marie pendant lesquels on remémore les « temps anciens » et on cultive cette amitié qui est née dans ce bus en 2002 ? En plus de cela, Ana et moi avons eu notre expérience à nous – notre aventure – qui nous a amenés à Canterbury pour un séjour qui restera à jamais gravé dans ma mémoire. Que des délires et des bons moments.

J’évoquerai encore cette complicité qu’il y a entre Ana, Marie et moi car elle constitue un des éléments fondamentaux et caractéristiques de notre lien ; au cours des années nous avons appris à nous connaître et je pense qu’aujourd’hui on se connaît tellement bien qu’on arrive à deviner ce que les deux autres pensent ou leur réaction face à telle ou telle situation ; des fois avec Marie on rigole parce qu’on a l’impression de tellement connaître Ana qu’on sait déjà à peu près ce qu’elle va dire ou faire ; un bon exemple (qui nous fait sourire à chaque fois) c’est nos apéros du jeudi soir : normalement nous nous donnons rendez-vous à 18h ou 18h30 à la Place Pury et ensuite nous nous rendons dans un bar du coin pour boire un ou deux verres (et nous gaver aux cacahuètes) ; or, il faut savoir que la plupart des fois Ana a du retard à cause de tel ou tel imprévu survenu au journal où elle travaille : Marie et moi l’attendons pendant quelques minutes à la PP, puis nous nous rendons dans un bar et nous commençons notre apéro tout en discutant et en prévoyant ce qu’Ana nous dira en arrivant (avec parfois près d’une heure de retard)… et dans la plupart des cas nous avons raison. Enfin, ce n’est pas pour rien que je l’appelle parfois la Mythique Ana ;O).

Quoiqu’il en soit, je suis ravi de connaître cette jeune femme et ce serait vraiment difficile d’imaginer une vie sans elle. C’est pour ça que je tiens à lui souhaiter un joyeux anniversaire (en attendant de le faire en live ce soir) et à lui faire cadeau de ces clichés (inédits sur ce site) qui retracent quelques moments importants de ces six longues années d’amitié.


Pour commencer, voici un petit cliché qui date de juin 2003. Ana, Marie et moi avions décidé de faire une longue promenade de l’autre côté du lac de Neuchâtel ; le but c’était d’aller de Cudrefin à Avenches, mais il faisait très chaud et nous nous sommes donc arrêtés au bord du lac de Morat où nous avons piqueniqué avant de nous rendre à Morat (en bateau) pour prendre le train en direction de Neuchâtel (dans le train y avait une classe de gamins dont deux ou trois qui s’amusaient à chantonner une chanson d’Eminem).


Je continuerai par ce magnifique cliché pris en janvier 2004 chez Christina à Bienne lors du souper que cette dernière avait organisé pour son anniversaire. Il s’agit d’une photo que j’aime beaucoup à cause du jeu de lumières, mais aussi parce qu’elle a été une des premières que j’ai prises avec mon nouvel (premier) appareil numérique.


On fait un petit saut temporel, de janvier 2004 à septembre 2006 – ainsi qu’un petit « bond spatial », de Bienne à Canterbury, pour présenter cette petite photo d’Ana et moi qui a été prise (par je ne me souviens plus qui) devant la mythique cathédrale de Canterbury. Un petit souvenir de cette expérience unique.


On continue avec une photo d’Ana en train d’essayer LA mythique Robe de Zara. On était à Canterbury, c’était le jour de mon anniversaire et était (j’étais) en train de faire les magasins : je venais de m’acheter mon magnifique manteau et Ana avait zyeuté cette petite robe qui lui plaisait ; j’ai réussi à la convaincre de l’essayer et même si on a trouvé qu’elle lui allait bien elle n’a pas voulu l’acheter. Hélas quelques semaines après elle a regretté de ne pas avoir acheté LA robe et lorsque nous nous sommes rendus au magasin pour voir si elle était toujours disponible, elle n’était hélas plus là. Avec Célia on avait même pensé la lui offrir pour son anniversaire, mais elle n’était plus disponible, ni à Canterbury, ni à Lausanne. Une bien triste histoire…


Voici un petit cliché d’Ana (alias Tetta / Tits) et moi prise lors de la soirée que j’avais organisée pour fêter mes vingt-cinq ans. C’est au cours de cette soirée qu’Ana a reçu son mythique surnom ;O).


Et pour finir, un petit cliché d’Ana et moi pris au mois de mars lors d’une soirée que j’avais organisée pour fêter ma licence d’anglais ainsi que les soutenances de mémoire d’Ana et Marie.

Bien à vous

Votre Stefano

Egarement et retrouvailles

Bonjour à toutes et à tous !

Pendant ces dernières semaines je me suis fait plutôt rare par ici et j’ai été moins bavard que d’habitude ; il s’agit d’un « silence » involontaire qui n’est dû ni au manque de temps pour écrire ni au manque de choses à raconter, mais plutôt au sentiment de ne plus savoir donner une forme écrite à mes pensées. J’ai plusieurs fois essayé de me mettre à écrire, mais mes efforts n’ont rencontré aucun succès…

A chaque fois mes yeux ne faisaient que fixer une page blanche et mes doigts refusaient de bouger. C’est vrai, il y a eu une tentative plus aboutie que toutes les autres, mais je n’ai pas osé publier ce texte car il n’avait ni queue ni tête et il n’exprimait pas tout à fait ce que je ressentais comme je souhaitais.

Je ne suis pas sûr que ce texte parviendra à exprimer mes sentiments de façon beaucoup plus claire. Je suis rongé par les doutes parce qu’en ce moment j’ai le sentiment d’avoir perdu le peu de contrôle qui me restait sur ma petite vie… J’ai l’impression d’être dépassé par les événements et de ne plus être capable d’exercer ce contrôle qui m’est indispensable pour bien vivre ma vie. Ce qui est pire c’est que je sens très bien que je suis en train de m’égarer mais je n’arrive pas à comprendre pourquoi !

J’ai l’impression de me poser les mauvaises questions, de donner beaucoup trop d’importance à des broutilles et de mettre de côté ce qui est vraiment important. Ma vie si bien « rangée » (qui peut-être n’existe que dans ma tête) semble avoir perdu son côté « logique » et aller plus vite que moi et au lieu de redoubler les efforts pour y faire face, j’ai souvent le sentiment de m’être arrêté et d’être en train qu’elle m’engloutisse.

Enfin, c’est peut-être ce que j’ai ressenti à certains moments la semaine passée, lorsque j’ai été à deux ou trois doigts de craquer. Là – en ce moment – ça va beaucoup mieux : j’ai retrouvé une bonne partie de ma motivation pour faire face aux aléas du destin ; la bataille est loin d’être achevée ou vaincue, mais je remonte la pente et mon prochain séjour au Tessin (du 22 au 30) où je pourrai me ressourcer pendant que serai choyé par ma famille me permettra de me remettre sur pied une bonne fois pour toutes et cela, en prévision d’une année 2009 qui s’annonce riche et qui me demande d’être au top de ma forme.

A tout bientôt

Stefano

Le plus fort c'est mon père (pour de vrai)

Bonjour à toutes et à tous

Dimanche soir au Karaoké j’ai failli fondre en larmes lorsqu’une fille a chanté Le plus fort c’est mon père de Lynda Lemay. Cela fait un moment que je connais cette chanson et elle ne m’avait jamais fait un effet pareil : j’ai toujours aimé le texte et le concept de la chanson avec cette fille questionnant sa mère sur son père ; je me suis toujours dit qu’il s’agissait d’une chanson d’amour assez originale, et c’est seulement dimanche soir que j’y ai vu quelque chose de plus et que je me suis identifié avec ce morceau de la chanteuse québécoise.

C’est probablement parce qu’en ce moment les choses pour mon père les choses ne vont pas très fort ; après plus de vingt-cinq ans de bons et loyaux services auprès de la commune de Bellinzone, il se retrouvé à la maison suite à des déclarations malveillantes (de personnes sûrement jalouses ou juste trop connes) qui ont jeté le soupçon sur le travail de plusieurs fonctionnaires du département à mon papa. Evidemment je n’ai jamais cru une seconde à ces fausses accusations car je connais bien mon père et je sais qu’il n’aurait jamais fait ce dont on l’a accusé. Mais bon, apparemment les esprits malveillants et jaloux parviennent toujours à semer le doute et la zizanie et au final la commune a décidé de se séparer de mon père ainsi que des autres employés.

J’ai pas mal souffert au cours de cette histoire car je ne pensais pas que la jalousie ou je ne sais pas quel autre bas sentiment pouvait avoir un tel effet sur des vies humaines : ces personnes ont trainé des honnêtes gens dans la boue, ils ont essayé de jeter le discrédit et le soupçon sur leurs activités et cela m’a beaucoup blessé car j’ai vu mon père s’impliquer pour notre ville, pour notre commune adorée… je pense à toutes les heures supplémentaires qu’il a faites, à cette année où, le jour de Noël, il a dû quitter sa propre famille et les festivités pour aller organiser le dégagement de la neige qui s’accumulait sur les chaussées de Bellinzona. Tant d’heures, tant de travail et tant de sacrifices salis et ternis par des sales connards. Ils me dégoûtent et dégoûtent tous ceux et celles qui, comme moi, n’ont jamais cru à ces déclarations. Mais bien entendu, mon père et ses collègues étaient bien trop populaires en ville et la nouvelle administration communale (lire le Maire – un connard fini – et ses assistants) craignaient un peu cette popularité (et le fait que la plupart de ces employés n’avaient pas soutenu ce maire lors des élections n’a fait qu’empirer les choses).

Je n’ai jamais parlé de cette histoire par ici parce qu’il y avait un petit espoir que mon père et ses collègues ne perdent pas leur place. En plus, il faut avouer que je ne connais pas tous les détails : vous pourriez vous dire que c’est bizarre que je ne connaisse pas le tout, mais je n’ai jamais voulu forcer mes parents à parler de cette histoire et je ne répète que ce que ma mère m’a raconté. Là je ne sais pas encore qu’est-ce que mon père va faire ensuite, mais je doute qu’il va s’asseoir dans un coin et qu’il va déprimer : il aurait pu faire ça au moment où son travail a été mis en cause, mais cela n’a pas été le cas ; il aurait pu commencer à déprimer le jour où on l’a muté dans un autre poste pour qu’il ne puisse pas « altérer les preuves dans son ancien bureau », ou bien lorsqu’on l’accusait de profiter de sa position au sein de la commune, mais il ne l’a jamais fait ! Il a malgré tout accepté cette « mutation » et il a continué à aller travailler comme si rien n’était, jusqu’au dernier jour de son contrat. Il a toujours effectué son travail sans qu’on puisse lui faire le moindre reproche, même quand sa situation professionnelle aurait persuadé d’autres personnes à laisser tomber vu que de toute manière il n’y avait plus rien à faire.

Je me demande qu’est-ce qui va se passer ensuite… je me demande si mon père va trouver un nouveau travail ; d’un côté je me dis qu’il connaît beaucoup de monde à Bellinzone et ses alentours (les ethnologues diraient qu’il a un réseau social considérable) et qu’il ne devrait pas être si difficile pour lui de se faire engager quelque part… de plus qu’il a toujours eu une très bonne réputation et que les accusations lancées par ces jaloux n’ont pas eu beaucoup d’effets sur cette réputation bâtie en plusieurs années de travail honnête… D’un autre côté j’ai quand-même un peu peur car je me dis qu’il ne doit pas être facile de trouver un nouveau boulot à 50 ans… j’espère que tout se passera pour le mieux ; je sais que mon père peut le faire et qu’il va le faire, mais je ne peux pas m’empêcher d’être inquiet. Pour le moment il se plait d’ailleurs de dire qu’il va partir à la retraite à cinquante ans et m’exhorte à finir mes études au plus vite…

Et je dois avouer que cette exhortation trotte de temps en temps dans ma petite tête : en tout cas je m’en veux un tout petit peu d’être toujours étudiant, de devoir encore dépendre de lui et de ma mère pour vivre : j’aimerais ne pas être un poids financier, j’aimerais avoir mes rentrées d’argent et ne pas être à l’origine de cette somme d’argent plus que considérable qui pourrait être investie autrement. J’ai déjà soulevé le problème plus qu’une fois et ma mère m’avait juste dit qu’il ne fallait pas que je me fasse des soucis, qu’il y avait assez d’argent, et que je devais juste songer à finir mes études, mais je ne peux pas m’empêcher d’y penser. Je me dis que si j’avais été un peu plus « studieux » j’aurais déjà fini mon uni et je serais peut-être déjà en train de gagner ma vie… ça me gave et ça me pèse… Je me dis que je pourrais chercher un petit job à côté de l’uni (et à côté de Caarlo qui ne me fait, finalement pas beaucoup d’entrées) et j’ai commencé à regarder autour de moi. S’il faut que je fasse un petit sacrifice pour alléger les charges financières de mes parents, je le ferais plus que volontiers ; je leur dois bien ça après tout ce qu’ils ont fait pour moi.

Quoiqu’il en soit, je trouve que toute cette histoire a montré une fois de plus que c’est bien vrai : le plus fort c’est mon père.

Bien à vous

Stefano