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Les frères - chapitre 1, première semaine

Octobre

Où le protagoniste se présente et nous présente son univers.

Neuchâtel, le 20 octobre 2002 à 23h30

Voilà, ça y est ! Mon cousin et moi sommes enfin installés dans notre appartement à Neuchâtel. Il est dimanche soir et dans moins de douze heures nous allons commencer nos cours à l’université. J’ai toujours de la peine à y croire : il y a cinq ans en arrière, personne n’aurait parié un sou sur mon avenir professionnel et là je suis à deux doigts d’entreprendre une carrière qui va obliger ceux qui m’ont ri au nez et traité de bon à rien à se mordre la langue et à revoir leur jugement. Si tout se passe comme j’espère, ma réussite académique sera une grande revanche sur la vie et une façon de dire merci à tous ceux qui ont cru en mes capacités. Je ne sais pas où je serais aujourd’hui sans le support de ma famille et de mon cousin Alexandre ; c’est grâce au coaching de ce dernier que j’ai pu acquérir un tout petit peu de confiance en moi et sa présence au cours de cette nouvelle aventure ne peut que me donner davantage d’assurance; au départ il aurait aimé étudier à Lausanne, mais comme moi il est tombé sous le charme de Neuchâtel et il a donc décidé de me suivre ici (ce qui a ravi nos familles respectives).

Nous voilà donc dans notre appartement, rien que les deux, à des centaines de kilomètres du Tessin et de nos parents. La grande aventure peut enfin commencer ! Toutes ces nouveautés me font un tout petit peu peur, mais avec Alex à mes côtés je me sens prêt à faire face à ce qui nous attend. J’aurais encore plein de pensées à livrer à cette page blanche mais pour ce soir il faut que je m’arrête ici ; Alexandre veut absolument aller se coucher pour être en forme demain matin et il faut donc que j’éteigne mon ordinateur et la lumière (ce soir je dois partager mon lit avec mon cousin car le sien n’est pas encore monté). Dès que j’aurai quelques minutes de temps, je compte continuer à livrer mes pensées et émotions à l’aide de mon clavier ; j’ai l’impression d’être sur le point d’entamer une partie importante de ma vie et j’ai donc envie de laisser une trace de ces événements.

Neuchâtel, le 21 octobre 2002 à 8 heures

Après un réveil assez rude et une douche quasiment froide qui ne m’a pas complètement réveillé, me voici prêt à commencer une journée qui s’annonce très longue. Je profite des deux minutes consacrées au petit-déjeuner pour écrire quelques mots ; aujourd’hui est une journée très importante pour Alexandre et moi car ce n’est pas uniquement notre premier jour d’université, mais aussi le jour de notre vingtième anniversaire ! A chaque fois que je raconte à quelqu’un que mon cousin et moi sommes nés le même jour à quelques heures d’écart, je peux apercevoir de l’étonnement dans les yeux et la voix des personnes en face de moi ; il est vrai que cela est plutôt étrange, mais finalement rien n’a jamais été « normal » dans notre vie ; notre naissance n’est que la pointe émergée de l’iceberg.

Pour la petite histoire il faut dire que c’est moi qui suis né en premier ; il était 12h10 lorsque les peines de ma mère touchaient à leur fin. Toujours pour la petite histoire, Alexandre aurait dû naître aux alentours du 10 novembre et ce fut une surprise pour tout le monde lorsque sa mère annonça que le moment d’accoucher était venu ; elle a donc été amenée à l’hôpital où (vers 15 heures) elle a donné naissance à mon cousin.

Depuis tous petits Alexandre et moi avons été très proches ; notre lien a toujours été très fort (presque mystique selon ma mère) et on peut dire que chacun repose une confiance aveugle sur l’autre ; nous avons fait toute notre scolarité ensemble, nous avons côtoyé les mêmes personnes et nous avons aussi fait les mêmes bêtises. On est si proches que très souvent les gens croient que nous sommes des frères et pas des cousins ; je n’ai pas de frères et sœurs (Alexandre a un petit frère, Adrien, son cadet de deux ans) et j’ai toujours eu la tendance à considérer mon cousin comme mon grand frère (en y réfléchissant, cela n’est pas du tout logique étant donné que Je suis l’aîné ; mais lui il a toujours été plus mûr que moi).

Notre aspect physique est, lui aussi, plutôt trompeur ; en effet nous nous ressemblons beaucoup et lorsqu’on ne sait pas que nous sommes cousins, on peut facilement être tentés de croire que nous sommes des frères jumeaux ! Enfin, peut-être pas, mais la ressemblance est tellement évidente que nous avons appris à en profiter pour tirer notre épingle du jeu dans moult situations ; j’aimerais bien en dire davantage, mais je dois m’arrêter ici car il faut qu’on parte. Je n’ai aucune idée du déroulement de la journée, mais je sais déjà que ce soir nous allons souper dans un restaurant chic rien que les deux pour fêter dignement nos vingt ans.

Neuchâtel, le 21 octobre 2002 à 23h30

Je viens de rentrer de mon souper avec mon cousin et je prends deux minutes pour écrire avant d’aller me coucher. La journée a été moins chargée que prévu, mais elle a quand même été assez éprouvante ; à l’université nous n’avons pas eu de cours, mais des petites conférences ayant comme but de donner aux nouveaux étudiants toutes les informations dont ils pourraient avoir besoin. J’ai même assisté (avec Alexandre) au discours de bienvenue du doyen et d’autres personnalités de la faculté de lettres, mais il faut admettre que nous n’étions concentrés qu’à moitié et que nous avons rapidement perdu le fil de la discussion. En effet, l’autre moitié de nous (peut-être même les trois quarts) s’occupait de l’entretien et du développement de notre vie sociale et nous nous sommes sentis obligés de faire la connaissance des deux charmants jeunes hommes assis à côté de nous. En moins d’une heure nous avons découvert que nos voisins s’appelaient Marco et Lorenzo, qu’ils venaient d’Italie et qu’ils étaient à Neuchâtel dans le cadre d’un échange Erasmus.

A la fin des discours de bienvenue nous nous sommes longuement entretenus avec Lorenzo et Marco dans le hall de l’auditorium avant d’aller manger une crêpe chez Buck & Bach, une crêperie située près du bâtiment principal de l’Université. Nous avons même essayé de discuter en français pour nous entraîner, mais nous avons abandonné toute tentative juste avant l’arrivée de la crêpe sucrée. La complicité qui s’est installée avec les deux jeunes italiens s’est renforcée lorsqu’ils nous ont avoué qu’ils étaient homosexuels et qu’ils sont venus s’asseoir vers nous parce qu’ils nous trouvaient craquants. A ce moment-là Alexandre leur a dit que nous étions aussi gay et leur a avoué que nous les avions abordés parce que nous aussi les avions trouvés charmants. Après ces aveux respectifs, nous avons passé le reste de la journée ensemble, posés au bord du lac, près de la faculté des lettres (nous avons essayé de retourner à l’uni mais la motivation avait disparu) et nous ne nous sommes quittés qu’au moment où Alexandre et moi devions aller au restaurant pour souper ; je n’ai pas vu l’après midi passer et j’espère que ce sera le premier d’une longue série de moments passés avec Lorenzo et Marco.

Pour la première fois dans ma vie longue vingt ans j’ai le sentiment qu’un garçon que je trouve mignon s’avère être gay et que j’ai une chance réelle de lui plaire ; Alexandre a toujours eu plus de chance que moi avec les garçons, mais bon, il faut dire qu’il a beaucoup plus d’assurance que moi et que les mecs tombent dans ses bras comme des mouches (ce qui peut parfois s’avérer plutôt énervant). Pendant le souper j’ai longuement discuté avec Alex de nos nouveaux amis et j’ai pu comprendre qu’il en pince pour Marco (ce qui tombe bien étant donné que je suis plutôt attiré par Lorenzo) ; ce qui est encore mieux c’est que Lorenzo semble aussi très intéressé par moi et Marco a lancé des signes assez clairs à mon cousin. Il s’agit bien entendu d’une affaire à suivre, mais il est vrai que ce jour du vingtième anniversaire nous a réservé des très bonnes surprises (et je ne parle ni du magnifique souper gastronomique, ni du discours du doyen).

Je me réjouis de voir comment cette situation va évoluer. Pour l’instant j’ai de l’espoir concernant Lorenzo ; pour aujourd’hui je vais m’arrêter ici (aussi parce que Lorenzo vient de m’envoyer un sms et il faut que je lui réponde).

Neuchâtel, le 22 octobre 2002 à 22h15

Dans le message qu’il m’a envoyé hier soir, Lorenzo me proposait de nous voir un moment aujourd’hui pour boire un café et discuter un petit peu è quatre yeux ; il faut avouer que je n’ai pas tout de suite répondu et que j’ai failli ne pas le faire du tout, mais finalement j’ai pris tout le courage dont je dispose dans mes mains et j’ai à mon tour envoyé un message à ce charmant Italien pour lui dire que j’acceptais sa proposition et que je l’aurais attendu à la cafeteria de la Faculté de Lettres à 10 heures.

Ce matin j’étais plutôt stressé à l’idée de passer du temps avec Lorenzo ; il est vrai que la veille nous n’avions pas pu discuter rien que les deux et qu’il m’avait semblé plutôt réservé. En fait j’ai eu l’impression qu’il aurait des tonnes de choses à partager mais qu’il est tellement timide qu’il préfère vivre dans l’ombre assez imposante de son ami Marco, un véritable showman. La relation entre Marco et Lorenzo me fait d’ailleurs penser au rapport entre Alexandre et moi : des deux, mon cousin est celui qui est mieux dans sa peau et je dois admettre que souvent il est très pratique de rester dans son ombre et de vivre de la lumière qui rayonne autour de lui, mais, au contraire de Marco qui semble bien apprécier l’influence qu’il exerce sur Lorenzo, Alexandre aimerait me voir plus « indépendant » et essaie (tant bien que mal) de booster mon estime de moi-même.

Mais je reviens à mon rendez-vous avec Lorenzo : il est arrivé à l’heure (la ponctualité est à mes yeux très importante car elle indique tout de suite si la personne en face me respecte et  a un minimum de considération pour moi) ! Nous avons commandé deux cafés et ensuite nous sommes allés nous asseoir ; le courant entre nous s’est tout de suite bien passé et je peux dire que ma première impression sur lui et son caractère s’est confirmée pendant cette rencontre : en une heure il n’y a pas eu un seul blanc dans la conversation ; pas de mots inutiles prononcés juste pour « faire de la conversation », mais un échange enrichissant qui nous a permis de mieux nous cerner.

Lorenzo est quelqu’un de vraiment très gentil et bien élevé : lors de notre première rencontre j’avais été frappé par son aspect physique ; aujourd’hui je me suis rendu compte qu’il n’est pas seulement charmant, mais aussi très intelligent et cultivé ; ce fut un vrai bonheur pour moi de discuter avec lui car nous avons pu parler de tout et n’importe quoi. Malgré son corps d’athlète et ses beaux yeux verts, il m’a avoué d’être plutôt mal dans sa peau et de complexer sur son aspect physique ; je me suis empressé de lui dire qu’à mon avis il n’avait vraiment aucune raison de complexer car il est plein de charme (c’est à ce moment précis que j’ai eu droit à un tendre sourire et à un « merci t’es chou »). J’ai ensuite eu le cran de lui demander s’il était à la recherche d’une histoire sérieuse ou bien s’il voulait juste profiter de sa jeunesse ; il m’a répondu qu’il n’appréciait guère les plans cul et qu’il était donc à la recherche d’une histoire sérieuse avec une personne ayant envie de s’engager et rester fidèle. Une réponse qui m’a fait chaud au cœur étant donné que je recherche à peu près la même chose

Finalement ce fut très difficile pour moi de partir en cours à 11 heures ; j’aurais voulu passer le reste de la journée à parler avec Lorenzo, mais il faut admettre que cela n’aurait pas été judicieux étant donné qu’aujourd’hui était le premier, véritable, jour de cours. On devrait, en principe, manger ensemble demain soir, mais il n’y a rien de moins sûr ; ce qui est sûr c’est que mes yeux se ferment tous seuls et que je vais m’arrêter là pour ce soir.

Neuchâtel, le 23 octobre 2002 à 21 heures

Décidément, Alexandre ne perd pas de temps : en rentrant à la maison après mes cours je suis tombé sur Marco qui sortait de sa chambre en caleçon. Je le connais bien mon cousin et je sais pertinemment qu’il ne va pas par quatre chemins lorsqu’il s’agit de mettre un mec dans son lit, mais cette fois j’ai été surpris par la rapidité avec laquelle les choses entre lui et Marco ont évolué ; nous avons rencontré Marco et Lorenzo en même temps lundi matin et ils ont déjà couché ensemble, alors que Lorenzo et moi nous sommes en train de prendre le temps que j’estime nécessaire pour mieux nous connaître. Quoiqu’il en soit, ça fait trois heures que je suis rentré, Marco a pris sa douche et s’est joint à nous pour le souper ; je trouve qu’il est très sympathique et marrant, mais de loin moins brillant que Lorenzo. Il est plutôt égocentrique et la plupart des discours qu’il fait portent sur sa petite personne ; autant dire que cela devient vite fatigant et que j’ai été ravi de quitter sa charmante compagnie pour venir travailler mes cours.

Le souper prévu avec Lorenzo n’a hélas pas eu lieu ; à la fin il avait d’autres affaires à régler. Mais pour se faire pardonner il a décidé de m’inviter manger chez lui samedi soir : il va cuisiner pour moi en guise de cadeau d’anniversaire en retard (il s’en veut de ne pas m’avoir fait de cadeaux). Je me réjouis déjà de cette soirée et j’ai le sentiment qu’elle va être décisive pour ce qui pourrait (ou pas) se passer entre nous.

Neuchâtel, le 25 octobre 2002 à 21 heures

J’ai de la peine à réaliser que la première semaine de cours vient de se terminer ; je n’ai pas vu le temps passer… J’ai du mal à croire que la journée d’accueil des nouveaux étudiants était il y a (déjà) cinq jours… pour moi c’est comme si c’était hier ; les cours ont commencé et j’ai rapidement dû passer à la vitesse supérieure pour suivre.

Après une semaine de cours je dois dire que je ne regrette pas d’avoir choisi de faire une licence en histoire et anglais ; par contre j’ai des doutes concernant ma branche secondaire : je pensais que ce pouvait être intéressant de suivre des cours de journalisme, mais d’après ce que j’ai pu voir pendant cette première semaine, le cursus n’est pas orienté vers la direction qui m’aurait intéressée. J’aurais aimé suivre des cours dispensant des conseils pratiques sur la meilleure façon d’écrire, des cours pendant lesquels on proposait nos textes et on recevait des feedbacks, mais je me suis vite rendu compte que les cours de journalisme sont plutôt centrés sur ce qui tourne autour l’écriture comme le droit de la communication, les sciences politiques ou encore l’économie politique. J’hésite donc à changer de branche secondaire, mais je ne sais pas trop qu’est-ce que je pourrais prendre à la place. Je pourrais prendre une autre langue (le français ou l’italien) ou bien la géographie (un de mes professeurs d’école secondaire enseignait à la fois la géographie et l’histoire) ou encore l’archéologie. J’ai décidé de me laisser quelques semaines pour prendre une décision.

Les cours d’anglais sont, eux, très intéressants ; le programme de première année est plutôt axé sur l’étude de la langue que sur la littérature, mais cela est assez logique : il faut d’abord apprendre à comprendre et analyser la langue avant de pouvoir s’attaquer la littérature de manière efficace. C’est pour cette raison que je suis avec plaisir et intérêt les cours de grammaire, linguistique et phonétique ; les professeurs sont à la fois assez stricts (ils nous mettent de la pression et nous font comprendre que les tests de fin d’année ne sont pas une formalité et qu’il faudra bien travailler pour les réussir) mais aussi très sympathiques et gentils. En plus je trouve qu’ils donnent une certaine importance à l’interaction avec (et entre) les étudiants ; c’est d’ailleurs en cours d’anglais que j’ai fait la connaissance de la majorité des personnes que j’ai rencontrés cette semaine. J’ai commencé à discuter avec Julie, une fille très sympathique avec qui nous avons entrepris de travailler ensemble nos travaux pour le cours de phonétique (deux têtes sont mieux qu’une).

En histoire, ma branche principale, je dois aussi suivre une série de cours d’introduction aux méthodes qu’un historien est censé employer dans ses recherches, mais à côté de cela je suis aussi des cours d’histoire suisse (très intéressants), d’histoire médiévale et d’histoire moderne et contemporaine ; j’ai même un cours de paléographie qui est censé me fournir les outils nécessaires pour déchiffrer des manuscrits médiévaux. A part cela, il m’est parfois difficile de suivre mes cours d’histoire car Lorenzo les suit aussi ! Hier nous étions en cours d’histoire suisse et, au lieu de prendre des notes, nous avons passé une bonne demi heure à nous échanger des petits messages ; nous avons même failli nous faire surprendre par le professeur, ce qui a mis fin à notre conversation et nous a obligés à essayer de reprendre le cours du cours.

En parlant de Lorenzo : le souper chez lui approche (moins de 24 heures) et je commence à stresser ; j’ai une boule l’estomac et je crains que quelque chose se passe mal ! J’ai peur de dire quelque chose qui puisse plomber l’ambiance et donc de maladroitement tout gâcher. J’ai exposé mes craintes à Alexandre qui m’a dit que je me fais trop de soucis et que je passe beaucoup trop de temps à réfléchir au lieu qu’agir… c’est clair que lui au contraire ne prend jamais beaucoup de temps pour réfléchir : il fonce et cela a presque toujours donné les résultats espérés. Il suffit de regarder son histoire avec Marco : hier soir le jeune Italien était de nouveau chez nous et il y sera aussi demain (ce qui veut dire que Lorenzo et moi serons seuls chez eux). Je ne peux pas adopter le même mode de fonctionnement que mon cousin ; j’ai besoin de réfléchir et je peux agir uniquement après avoir attentivement pondéré les avantages et les inconvénients de chaque situation.

Pour revenir au rendez-vous de demain soir, j’ai décidé d’écouter mon sixième sens (qui se trompe rarement, voir très rarement) qui me dit que Lorenzo est un mec à qui je peux faire confiance et qui me dit aussi que je peux aller chez lui sans me faire trop de soucis.

Neuchâtel, le 27 octobre 2002 à 14h30

Je viens de rentrer ; j’ai passé la soirée et la nuit chez Lorenzo et ce fut fantastique. Ce qui est encore plus fantastique c’est que je ne suis plus célibataire ; c’est officiel : Lorenzo et moi sortons ensemble ! Je suis sur mon petit nuage et j’ai encore un peu de mal à y croire. Dans ma tête tout est encore assez confus, mais je vais faire un petit effort pour essayer de raconter les choses dans l’ordre.

Hier soir je me suis donc rendu au souper qu’il avait organisé chez lui pour fêter mon anniversaire ; lorsque j’ai sonné, il m’a ouvert en costard (alors que moi, il faut le reconnaître, je n’avais pas fait des grands efforts pour m’habiller) ; en plus de cela il était parfaitement coiffé et rasé. Il était, si possible, encore plus charmant que d’habitude. Il m’a donc fait accommoder, ensuite il a pris ma veste pour la pendre au vestiaire et m’a fait visiter l’appartement ; j’aime bien son chez lui, surtout sa chambre à coucher qui a été emménagée avec beaucoup de goût. C’est quand même assez surprenant de voir ce que Marco et lui ont fait dans cet appartement lorsqu’on pense qu’ils vont l’occuper seulement pendant une année.

Après la visite il m’a fait accommoder au salon où il a servi l’apéritif (du blanc d’assez haute gamme) ; nous avons commencé à discuter et je me suis excusé de ne pas être venu un peu mieux habillé. Il m’a répondu qu’il n’y avait pas de problèmes et qu’il me trouvait aussi charmant que d’habitude (il a un don pour me faire rougir le jeune homme). Ensuite nous sommes passés à table et, encore une fois, j’ai rapidement compris que Lorenzo avait mis le gros paquet ; en fait, il ne s’est pas contenté de me préparer un plat de spaghettis mais il a visiblement passé une partie de la journée derrière les fourneaux pour tout préparer ; en entrée il y avait une salade mélangée avec du jambon de Parme, suivie par de l’émincé de poulet au curry vert et une tarte aux fruits comme dessert. Le tout était arrosé par du vin rouge d’Italie (et après le café nous avons siroté un verre du mythique Limoncello).

Aucun homme n’avait jamais autant fait pour moi (à part Alexandre, mais bon lui ça ne compte pas) ; j’ai vraiment eu l’impression que Lorenzo était en train de me courtiser et je dois admettre que cette sensation ne me déplaît point. Après le souper nous nous sommes installés à nouveau au salon où nous avons continué de discuter pendant un bon moment ; ensuite mon hôte a proposé que l’on regarde un DVD et il a choisi « Vacances Romaines », un long-métrage avec Audrey Herpburn que j’ai toujours adoré (je me demande d’ailleurs s’il ne s’est pas concerté avec Alexandre pour ce qui est du choix du film).

Pendant le film nous étions assis sur la canapé un à côté de l’autre ; à un certain moment j’ai posé ma tête sur son épaule et lui il a un petit peu bougé pour faire en sorte que je sois plus confortable. Ensuite il a mis ses bras autour de moi et il m’a enlacé ; je pouvais sentir son cœur battre et j’ai dû faire un effort colossal pour calmer le galop du mien. Lors d’une scène particulièrement romantique de « Vacances romaines » j’ai pris sa main dans la mienne, je l’ai serrée en prenant le temps de savourer le contact de nos doigts, ensuite je l’ai regardée dans les yeux pendant un long instant avant de poser ma bouche sur la sienne et l’embrasser (d’ailleurs j’ai toujours du mal à croire que c’est moi qui a pris l’initiative). Jusqu’à la dernière seconde avant que nos lèvres se touchent j’ai eu peur qu’il me repousse ; finalement cela n’est pas arrivé et il m’a embrassé à son tour.

A partir de ce moment nous avons complètement perdu le fil du film et nous avons continué à nous embrasser jusqu’à bien après le générique de fin ; nous étions dans le noir lorsque tout à coup Lorenzo rompit le silence (entrecoupé uniquement par le frottement de nos mains sur l’autre) et me dit qu’il aimerait sortir avec moi mais qu’en même temps il n’a aucune envie de faire les choses de manière précipitée ; il m’a ensuite raconté qu’il venait de sortir d’une histoire très compliquée et que son ex-copain lui avait fait passer l’envie de faire confiance aux hommes. Je lui ai répondu que moi aussi je souhaitais qu’on laisse que les choses entre nous suivent leur cours ; je lui ai aussi avoué que je n’ai jamais eu de copain et que donc j’étais plus que ravi d’avancer pas à pas dans ma première relation sans brûler les étapes. C’est ainsi que nous avons décidé de sortir ensemble, mais de prendre notre temps pour faire les choses de la bonne façon. On pourrait presque dire que nous avons scellé notre « promesse » par un long baiser avant qu’il me propose d’aller nous coucher ; et nous n’avons fait que dormir… J’ai dormi dans les bras de mon amoureux et c’était magnifique.

En rentrant tout à l’heure j’ai retrouvé Alex et Marco à la cuisine en train de déjeuner ; ils avaient remarqué que je n’étais pas et lorsqu’ils m’ont vu franchir la porte ils m’ont fait un grand sourire ; ils ont sûrement deviné où j’avais passé la nuit, mais ils ont eu du mal à croire que nous n’avons rien fait d’autre que dormir. Enfin je ne me faisais pas d’illusions… je savais qu’Alexandre allait tout de suite appliquer son mode de fonctionnement à mon cas et qu’il n’allait pas réfléchir comme je le ferais.

Neuchâtel, le 27 octobre 2002 à 20h30

Lorenzo me manque déjà ! Je ne suis rentré à la maison que depuis quelques heures et j’ai déjà envie d’être à nouveau dans ses bras et de sentir le goût de ses lèvres sur les miennes. J’ai longuement discuté avec Alexandre qui m’a conseillé de ne pas me laisser emballer trop vite par cette histoire ; il a tenu à me rappeler que personne n’est parfait et que Lorenzo aussi doit avoir quelques défauts caché sous cette prétendue perfection ; mon cousin a cessé de croire à l’existence de l’homme parfait il y a longtemps et je dois admettre que je serais du même avis que lui si j’avais traversé ce qu’il a vécu à cause de certains idiots qui ont croisé son chemin. Je cautionne que l’on puisse ne pas avoir de chance en amour, mais Alexandre a tout cumulé, et cela en très peu de temps, juste après son coming out « général ».

Le mec qui l’avait poussé à confesser son homosexualité à ses parents l’a quitté quelques jours après en prétextant qu’il était temps pour mon cousin de grandir et passer à autre chose et que le temps était venu pour eux de prendre des chemins différents (quelques temps après cet enfoiré sortait avec quelqu’un d’autre). Le copain suivant l’a trompé au moins dix fois en moins de deux mois ; au début Alexandre ne disait rien car il était complètement accroc à ce mec et voulait tout faire pour le garder, mais à un certain moment il a décidé de réagir, aussi pour calmer certains rumeurs désagréables sur son compte qui avaient commencé à circuler. Il a largué le mec juste à temps : deux mois après il sortait avec quelqu’un d’autre, il l’a trompé et il a attrapé cette saloperie qui porte le nom de SIDA !

Après cette deuxième histoire désastreuse Alexandre a voulu prendre une pause mais il a rencontré un jeune homme avec qui le courant s’est très vite bien passé et quelques jours après ils sortaient ensemble. Ce fut l’amour fou pendant bien plus qu’une année jusqu’au moment où, par hasard, mon cousin a découvert que le jeune homme en question avait un autre copain (qui, lui aussi, ignorait l’existence d’Alexandre). Dépité par cette découverte, mon cousin a largué son copain ipso facto et est entré dans une période de sa vie dont il n’aime pas trop parler : il a fait une petite dépression et c’est vrai qu’il a mis du temps pour se remettre de cette série d’échecs dans sa vie sentimentale ; depuis il n’a plus été en mesure de faire confiance aux hommes : il a continué à avoir du succès avec la gens masculine, mais ses relations s’arrêtent souvent au plan physique et ne vont jamais beaucoup plus loin. Je me demande d’ailleurs comment il va gérer son histoire avec Marco ; ce dernier ne me semble pas non plus quelqu’un de très romantique et peut-être qu’une simple relation basée sur le sexe lui suffira, mais si ce n’est pas le cas, je sens que je vais le ramasser à la petite cuillère comme il m’est arrivé de faire avec d’autres jeunes hommes qui ont espéré conquérir le cœur d’Alexandre.

Ce n’est pas qu’il soit une salope et qu’il veut juste profiter des hommes qu’il drague, c’est juste qu’il ne peut pas leur faire confiance et n’arrive pas à bâtir quelque chose de plus stable ; je lui ai souvent dit que les hommes ne sont pas tous pareils et qu’un jour il y en aura un qui va sortir du lot et l’obligera à changer d’avis. Je ne sais pas si cet homme sera Marco, mais je suis persuadé que le succès ou l’échec de mon histoire avec Lorenzo vont contribuer à l’évolution de la vie sentimentale de mon cousin ; je crois qu’Alexandre va devenir moins méfiant vis-à-vis des hommes, si j’arrive à lui prouver qu’il est possible de leur faire (entièrement) confiance sans qu’ils en abusent.

Je ne comptais pas écrire autant ce soir ; je pensais juste écrire que Lorenzo me manque déjà et qu’en ce moment j’aimerais trop être dans ses bras, mais j’ai fini par dévoiler une partie de l’histoire de famille… Je pense en avoir assez dit pour aujourd’hui et je vais donc m’arrêter ici ; une longue journée m’attend : à midi je mangerai avec Lorenzo et le soir je vais travailler mes cours de phonétique avec Julie et une autre fille.

Les frères - quelques mots introductifs

Il est dimanche après midi lorsque j’écris ces lignes, mais elles ne seront pas publiées avant mardi après midi. Comme je vous ai longuement expliqué dans mon dernier message, du 12 au 30 novembre je sers la patrie dans un coin pas mieux précisé de Suisse, et il est très difficile pour moi de participer activement à l’entretien de ce site ; cependant, cela ne doit pas être une raison pour l’abandonner à son destin (et en même temps d’abandonner mes lecteurs) ; c’est ainsi que j’ai un petit peu réfléchi et j’ai pris le parti de publier quelques articles pour vous présenter quelque chose que j’affectionne.

Comme vous le savez, j’aime bien écrire car cela me permet de mieux véhiculer mes émotions et mes sentiments ; c’est cela qui m’avait poussé à créer cette page et qui m’a poussé à débuter la rédaction d’une nouvelle, une fiction que j’espère un jour pouvoir terminer et publier.

J’ai commencé à écrire de façon plus ou moins régulière au mois de septembre et depuis j’ai rédigé une petite trentaine de pages. L’intrigue est assez simple : je retrace la vie et les expériences d’une jeune homme de vingt ans à travers son journal intime ; chaque jour, ce jeune homme, qui n’a pas (encore) de nom nous raconte des bouts de sa vie, des émotions et des sentiments. Ce n’est pas un hasard que le récit débute la veille de son vingtième anniversaire lorsque il emménage à Neuchâtel avec son cousin. Au fil des jours (pour l’instant je suis arrivé au 20 novembre) le protagoniste nous relate son évolution et celle des personnes qui l’entourent.

Il est vrai, je l’avoue, que ce protagoniste me ressemble un tout petit peu (je suis aussi né le 21 octobre, j’ai aussi emménagé à Neuchâtel la veille de mon vingtième anniversaire), mais par la suite le personnage acquiert sa propre identité. Il faut en tout cas garder à l’esprit, si vous décidez de lire mon histoire, qu’il ne s’agit pas de mon autobiographie… je ne suis pas encore aussi gonflé que cela ;O), mais bon, il était évident pour moi d’y inclure des fragments de mon expérience personnelle car je n’ai pas vécu tout cela pour que ce soit perdu à jamais ; il n’y a rien de mal à cela… même Lord Byron a utilisé ses journaux de voyage et son journal pour rédiger certaines de ses œuvres... donc pourquoi pas moi ? :D

Dans quelques jours vous pourrez lire les premières pages du récit et j’attends avec impatience vos réactions et vos critiques. Je ne vous tiendrai pas rigueurs si vous n’aimez pas… En tous cas ce serait bien si je recevais des critiques (positives et négatives), comme ça je pourrais les appliquer pour la suite de mon travail… car oui, j’ai écrit une trentaine de pages, mais le projet est colossal : j’ai l’intention de suivre le personnage pendant les cinq (ou six) ans (et je ne suis qu’à la fin du premier mois) qu’il passera à l’université. Il y a du boulot, mais j’ai déjà des idées pour des rebondissements et des anecdotes pour toute la période et je sais déjà comment cette histoire va se terminer. Six ans d’histoires de vie, de mort, d’amour et de sexe…

Je vous donne donc rendez-vous pour jeudi pour lire la première partie de cette nouvelle dont le titre (plus que) provisoire est Les frères ; vous n’allez peut-être pas faire le lien entre le titre et l’intrigue en lisant ces premières pages, mais je peux vous promettre qu’une fois que le récit sera complet, le lien sera plus qu’évident.

Je me congédie donc de vous, je vous souhaite une bonne lecture, et j’attends avec impatience vos commentaires et vos réactions.

Bien à vous

Votre Paaadre dévoué

Paaadre : Swiss Army Champion

Chères lectrices, chers lecteurs,

En ce dimanche très nuageux, je prends quelques minutes pour vous donner des nouvelles de moi… Enfin, plus que de nouvelles, je prends plutôt le temps de vous annoncer que pendant les trois prochaines semaines je ne serai pas très présent par ici ; la patrie appelle et, hélas, je suis obligé de répondre à son appel ! C’est ainsi que du 12 au 30 novembre je serai quelque part en Suisse en train d’effectuer mon (premier) Cours de répétition.

Je vois déjà, à travers mon écran, vos visages étonnés (vois choqués) après cette petite annonce… Je peux vous dire en tout cas que c’est la réaction la plus fréquente lorsque je dis que je pars à l’armée pendant trois semaines ; il est vrai que je n’ai pas une tête de soldat, mais, si on y réfléchit deux secondes il n’y a rien de bien étonnant : je suis un homme sain, de nationalité suisse et avec un équilibre mental assez stable pour servir sous les drapeaux, donc ce n’est pas étonnant que je le fasse ;O).

Pour ceux qui me lisent et qui n’habitent pas en Suisse, il faut savoir que chez nous tous les hommes qui remplissent les trois conditions que j’ai listé il y a quelques lignes sont censés servir la patrie ; je dis « sont censés » car il est aussi possible de se faire réformer (ou écarter) et à la place faire le service civil (qui est, je le reconnais, parfois beaucoup plus utile que l’armée, mais bon…). Seulement que cette « réformation » n’est pas sans conséquences… il est vrai que la personne réformée n’est point obligée de se taper 17 ou 21 semaines d’école de recrue et ensuite trois semaines de cours de répétition chaque année (pour arriver à un total de 300 jours à l’âge de 30 ans), mais il y a quelques « désavantages » qui rendent l’armée presque plus « attractive ».

Tout d’abord ceux qui font le service civil doivent faire plus de 300 jours de service… Et puis, ce qui n’est pas négligeable, les personnes qui sont réformées doivent payer une taxe militaire (je pense qu’elle est en proportion au revenu), taxe que les « militaires » ne doivent point payer. En tant qu’étudiant je trouve que je dois déjà débourser assez d’argent comme ça sans ajouter des frais supplémentaires que j’aurais pu éviter.

Enfin, il faut savoir que pour ma part le choix de l’armée a été dicté par des raisons « stratégiques et financières » plutôt que par des raisons « idéologiques ». Je ne partage pas cette idéologie et ce choix de vie, mais pour certains raisons elle m’ont rendu (et me rendent toujours) service ; en acceptant de faire l’armée j’évite, comme j’ai dit, de payer une taxe militaire et, ce qui est encore mieux, je reçois une solde et une IPG (indemnité pour perte de gain)… ce n’est pas beaucoup d’argent car je n’ai pas gradé (je me suis arrêté au grade de soldat), mais c’est déjà ça lorsqu’on est étudiant. Une autre raison, plus personnelle, c’est qu’en 2001/2002, lorsque j’ai eu ma journée de recrutement (depuis les journées de recrutement sont devenues trois) il n’était pas facile de se faire réformer si on n’avait pas des raisons suffisamment « valables ».

Le fait d’être gay aurait bien entendu été une raison suffisamment valable car déjà à l’époque c’était un argument très persuasif… Comme vous pouvez imaginer on ne voulait pas trop de gays « incontrôlables » dans les rangs des sections et des compagnies… Il était donc suffisant de dire qu’on était gay (et le prouver je suppose) et qu’on aurait du mal à gérer certains moment communautaires (les douches et les nuits dans des dortoirs remplis de beaux mecs) pour se faire réformer. Or, vous pourriez vous demander pourquoi votre Paadre n’a pas joué cette carte lors de son recrutement… Eh bien la réponse est bien simple : en 2001 il était encore loin de s’assumer et loin de son coming out. Et puis (et voici un autre choix stratégique) je ne sais pas comment j’aurais pu présenter la chose à ma famille… je me voyais mal débarquer à la maison et dire à mes parents que je m’étais fait réformer parce que je suis gay…

Comme vous voyez, donc, je ne vais pas à l’armée parce que je m’éclate lorsqu’on fait des marches ou lorsqu’on tire avec notre fusil d’assaut (le mythique Fass90) ou encore parce que je partage leur idéologie, mais parce que, de manière assez tordue (je le reconnais) cela me rend service. C’est vrai que ça m’énerve de perde trois semaines de révisions et de lectures pour mon essai et mon mémoire, mais de l’autre côté ce sera trois semaines de « vacances payées » car je serai complètement pris en charge : on me dira ce qu’il faut faire (et ce qu’il faut pas faire) et on ne me demandera pas du tout de réfléchir… un grand changement par rapport à l’uni…

Donc voilà, pendant trois semaines je n’aurai pas beaucoup de possibilités pour venir par ici et vous raconter ma petite vie… Mais je me suis organisé et je peux déjà vous annoncer qu’il y aura quand même des articles qui vont paraître (c’est magnifique ce over-blog… on peut même choisir la date et l’heure de publication des articles) ; donc pendant la semaine qui vient, il faut s’attendre à deux articles et, probablement, un troisième pendant le week-end dans lequel je vais vous relater les événements marquants de cette première semaine sous les drapeaux.

Votre Paaadre ne vous oublie donc pas et pensera à vous tous (il aura tout le temps pour le faire :D)… Revenez donc faire un tour par ici dans les prochains jours pour voir la surprise que je vous ai réservée ;O).

Bien à vous

Votre Paaadre dévoué et camouflé.

Zazie - Chanson d'ami

Aujourd’hui j’ai envie de proposer un texte d’une chanson de Zazie que j’ai découvert tout récemment : le morceau, qui s’appelle Chanson d’ami, a été inclus dans l’album Made in Love (publié en 1998) et m’a beaucoup touché car j’ai déjà vécu le genre de situation décrite par Zazie. Je ne vais pas m’atteler à une « explication de texte » (quoique cela pourrait constituer un bon entrainement en vue de ma licence d’anglais) car il me semble que le texte parle de lui-même ; je pense que nous avons tous vécu quelque chose comme ça… on a des sentiments pour quelqu’un, mais ce n’est pas réciproque et on ne peut pas montrer à l’autre qu’on l’aime… Enfin, je vous laisse au texte

 

Chanson d’ami
(écrite par Zazie et Phil Baron)

Ça n'est pas du rimmel sur mes yeux
ni du rouge à mes lèvres
C'est pas c'que tu crois
juste que c'est beau
Ça n'est pas ma robe qui vole un peu
pas pour que tu voies mes jambes
C'est pas c'que tu crois
juste que j'ai chaud

Ce n'est qu'une chanson d'ami
d'ami, pas d'amour
Ce n'est qu'une chanson d'ami
promis, pas d'amour
Je ne t'aime pas
Je t'aime bien

Ça n'est pas ma main, là, dans la tienne
ta veste sur mes épaules
Non c'est pas c'que tu crois
juste que j'ai froid
Ça n'est pas ma main, là, qui te gêne
je sais, ça n'est pas drôle
Mais c'est pas c'que tu crois
c'est juste comme ça

Ce n'est qu'une chanson d'ami
d'ami, pas d'amour
Ce n'est qu'une chanson d'ami
promis, pas d'amour
Je ne t'aime pas
Je t'aime bien

Ça n'est pas pour celle que tu embrasses
pas pour ça que je pleure
Si c'est c'que tu crois
tu t'es trompé
Ça n'est pas parce qu'elle a pris ma
place
pas pour ça que je t'en veux
Si tu n'veux plus de moi
autant se quitter

Avec une chanson d'ami
d'ami, pas d'amour
Avec cette chanson d'ami
d'ami, pas d'amour
Ce n'est qu'une chanson
promis, mon amour
Je ne t'aime pas
Je t'aime bien
Tu ne m'aimes plus
mais ça fait rien.

Bien à vous

Votre Paadre dévoué

Confession du mardi soir... et cette fois j'ai bien bossé :D

Me voici à nouveau à la bibliothèque, à nouveau à la fin d'une énième journée de travail... Un peu comme vendredi soir j'ai ressenti l'envie de liver mes émotions par ici, mais, contrairement à vendredi, aujourd'hui j'ai l'impression d'avoir assez bien travaillé et d'avoir un tout petit peu avancé dans le gros tas de lectures que je dois faire pour mon essai (d'abord), pour ma licence (ensuite) et pour mon mémoire (dulcis in fundo).

Je me rends de plus en plus compte que la masse de travail qui m'attend d'ici à la fin d'année est monstrueuse et je commence à comprendre pourquoi certaines amies à moi (dont je tairai le nom, mais qui se réconnaîtront ici) ressentent cette envie folle de se défénestrer (ou débalconiser). C'est une envie plus que compréhensible lorsqu'on passe ses journées à lire des critiques, à dépouiller des livres pour ajouter une toute petite phrase à son travail de mémoire... comme je dis souvent, il faut lire 90'000 pages pour en écrire 90.

Finalement on pourrait nous rétorquer (à moi et aux filles qui veulent se défénestrer) que nous avons choisi ce chemin et qu'il faut en assumer toutes les conséquences... C'est juste, mais cela ne doit pas nous empêcher de pâlir ou être effrayés face à ce qui nous attend ;O). Et puis, il faut dire que le fait d'avoir pris conscience de la masse de travail qui m'attend m'a effrayé seulement pendant quelques minutes... eh oui ! Il n'y a point de temps à perdre et je me suis donc lancé dans cette nouvelle aventure avec mon corps et mon âme.

Certains d'entre vous vont penser que je suis un tout petit peu masochiste, mais j'aime bien le fait d'avoir beaucoup de travail car cela est beaucoup plus stimulant : c'est vrai, j'ai des milliers de pages à lire pour rédiger mon mémoire, mais je vais toutes les lire avec la même passion et le même intérêt car je suis toujours comme ça... une fois que je me suis lancé dans un sujet, je me passionne à ce que je fais et je finis par m'attacher à mon sujet... par contre je n'irais pas jusqu'à dire que ledit sujet me manque une fois que j'ai fini ;O).

Enfin, comme d'habitude, votre Paadre est une bête bizarre, mais finalement c'est ce qui nous rend intéressants vis-à-vis des autres ;O).

Voilà, je n'ai pas grand-chose de plus à vous dire. Bonne soirée

Bien à vous

Votre Paadre dévoué

Apéro Pontifical !

Samedi soir j’ai convié quelques amis pour un apéritif dans mon appartement ; c’était bien entendu l’occasion rêvée de passer une soirée avec des personnes que j’apprécie, mais aussi un moyen d’écouler le stock de boissons alcoolisées accumulé lors de ma récente fête d’anniversaire. Nous étions une petite dizaine de personnes et l’ambiance était au rendez-vous : nous avons bu, nous avons parlé, nous avons rigolé et cela pendant un bon moment… j’avais du mal à croire qu’il était déjà deux heures du matin lorsque, avec les derniers survivants, nous avons quitté mes appartements pour aller finir notre soirée au Paradox.

Voici donc, une petite sélection de photos et une vidéo très sympathique qui vont vous permettre de comprendre le ton de la fête… Enjoy :

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Pour commencer, une petite photo de groupe… de gauche à droite vous avez Olivier, Johann, Romain, Julienne, Pierre-Emmanuel (j’espère d’avoir orthographié le nom correctement), Christophe, Adrien et Ana.

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Moment de franche rigolade sur le CaPo (Canapé Pontifical) pour Johann, les deux CardinauX du Bas du Canton et le HC de la CardinalE.

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Une nouvelle photo de votre Paadre… En fait, le revoilà avec son mythique (et unique) chapeau de la Sainte Catherine ; j’aime bien cette photo !

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Une photo très sympathique d’Olivier.

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Et puis, forcément, quelqu’un a découvert la bouteille de limoncello cachée dans mon frigo… Nous nous sommes donc sentis obligés de goûter ce nectar produit par mon oncle et ma tante… Finalement nous avons presque fait la peau à la bouteille…

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Le Paadre et Tetta (non, pas Tetta, elle s'appelle Ana... mais bon, finalement ça revient au même).

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Johann qui fait un peu (et peut-être plus qu'un peu) sa star ;O).

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Et puis encore une autre photo de votre Paadre et Tetta… J’adore !

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Johann et mon ATF… hiiii !

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Et puis mon ATF et votre Paadre-déluré-en-train-de-faire-sa-Star !

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L’ATF a aussi suggéré de lancer une nouvelle mode pour l’hiver qui vient : des sous-vêtements en peau de mouton ! Pourquoi pas finalement ? Mais je me dis que plutôt qu’une nouvelle mode nous risquerions de nous attirer les foudres du WWF et la PETA (si jamais la peau de mouton sur la photo est synthétique)... Et puis, je n’appellerais pas ça une « nouvelle » mode car les vikings l’ont déjà fait.

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Dernière photo : votre Paadre essaie, tant bien que mal, d’imiter Boubou, le chien de sa grand-mère, en train de dormir sur le balcony de sa grand-mère… Personnellement je trouve que l’imitation est assez bien réussie et ceux qui connaissent la bête seront d’accord avec moi ;O).

Dulcis in fundo, voici une petite vidéo dans laquelle le Paadre raconte le dernier épisode de « l’épopée de la mâchoire » : il faut savoir que pendant une bonne dizaine de jours, votre souverain pontife a eu mal à sa mâchoire… il a attendu plusieurs jours avant de se rendre chez un médecin et lorsqu’il l’a fait, eh bien il n’a pas été très content du diagnostic… enfin, je ne vais pas vous raconter davantage… Il faut regarder la vidéo !

 

 

Bien à vous

Votre Paadre dévoué

Confession d'un vendredi passé à ne rien faire...

Dans ma tête le programme d’aujourd’hui était simple et sans faille : je devais me rendre à l’université, m’enchaîner à une table de la bibliothèque pour essayer de travailler un tout petit peu et avancer avec mon essai d’anglais. Hélas, le plan simple et sans faille a misérablement échoué à l’instant précis où je me suis installé devant cet ordinateur ; en partant de chez moi ce matin j’avais décidé de laisser mon laptop à la maison pour ne pas être distrait par les multiples distractions du net (MSN, facebook, mon propre blog), mais cet ordinateur a tout gâché. En l’allumant je me suis dit que j’allais juste vérifier mes mails et corriger des petites erreurs apparues dans mon dernier article)… hélas je n’ai pas été assez fort pour m’y détacher et travailler comme il aurait fallu que je fasse… en plus cet ordinateur présentait un piège redoutable : au démarrage de windows, la fenêtre d’MSN s’ouvre automatiquement et elle s’impose au regard innocent du pauvre utilisateur de pc qui ne souhaite qu’une chose : ne pas être piégé par les moultes distractions du web.

Donc me voilà, toujours devant cet écran, en train de vous décrire mon désespoir ! J’aurais voulu avancer avec mes lectures, prendre des notes et commencer à coucher noir sur blanc quelques idées pour mon essai et j’ai fini par me perdre dans les méandres d’Internet. Au final j’aurais quand même pu lire quelques pages, mais lesdites pages ne constituent qu’une infime partie de celles que j’aurais voulu lire aujourd’hui. Finalement je prends mon temps pour vous avouer mon déception par rapport à mon incapacité de suivre un plan pourtant simple et sans faille, mais il serait trop facile de faire d’Internet mon bouc émissaire.
En réalité, je me rends compte qu’aujourd’hui je n’avais pas du tout la tête à ça ; mes pensées étaient ailleurs, et cela depuis que Julienne m’a fait réaliser quelque chose pendant notre pause de midi. Je ne vais pas vous dire ici de quoi il s’agit (Julienne le sait et cela me suffit largement), mais je me rends compte que j’y ai pensé toute la journée ! Elle m’a simplement fait remarquer quelque chose qui était devant mes yeux et que je n’avais pas été capable de voir… Or il se peut que je n’aie pas voulu voir cette chose car j’ai appris à ne pas interpréter les signes de façon trop hâtive, mais dans le cas présent il semblerait que je suis le seul à ne pas avoir réalisé ce qui était en train d’arriver. Encore une fois je m’invite à la prudence, mais de l’autre côté je vais essayer de chercher les signes qui pourraient répondre à mes questions.
Enfin, on verra bien comment ladite situation va évoluer… Comme je dis je ne veux pas lire certains signes de manière trop hâtive car une mauvaise conclusion pourrait briser mon moral…
Voilà, pour ces considérations du vendredi après midi. Je vous souhaite un bon week-end.
Bien à vous
Votre Paadre dévoué

25 ans - Les photos (Partie 2)

Après quelques jours pendants lesquels vous avez eu la possibilité de voir, revoir et re-revoir la première partie des photos de mon anniversaire, il est désormais temps de passer à la suite et de vous présenter la deuxième partie des clichés… Je vous suggère aussi, de tout regarder jusqu’au bout car il y aura une petite (ou grande) surprise, un bonus qui n’était pas censé paraître par ici.

J’attends avec hâte vos réactions.


Pour commencer cette deuxième série de photos, voici un cliché exceptionnel de Stefi et moi… Oui, oui ! Vos yeux ne sont pas en train de vous jouer un mauvais tour : ma compatriote est vraiment en train de me porter ;O).



Avec cette deuxième photo nous faisons un voyage éclair du Tessin au Val-de-Travers pour vous présenter un ami à moi qui n’avait pas encore fait son apparition sur ce site : me voici en effet avec Adrien, un gars du Vallon que j’apprécie beaucoup.



Un cliché de Sandra et votre Paadre (dévoué).



Et on revient sur Adrien (tu vois quelle chance tu as ? Pendant des années tu n’as eu droit à aucune photo et maintenant il y en a deux qui se suivent de très très près) et Mélanie.


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Petit montage de quelques clichés pris par mon ATF lorsque je faisais mon discours et j’ouvrais mes cadeaux. J’aime bien ce petit montage et je suis assez fier de le partager ici avec vous ;O).



Un autre cliché de la Star de la fête… ou devrais-je dire le « roi » de la fête ? Franchement je ne sais pas…Et puis que diable… on s’en fout :D.



Une photo très chouette de mon CardinaL du littoral Ouest et de Johann (avant que la bombonne de couleur rouge entre en action…).


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Et puis celui qui a pris cette photo mériterait le prix pour la « photo artistique de l’année » ! Elle est exceptionnelle et je l’adore comme tout :D.


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On se demande vraiment qu’est-ce que Delphine était en train de faire lorsque Sandra et Egbert discutaient aussi sérieusement… Si tu connais la réponse ma chère Delphine, n’hésite pas à me la faire parvenir ;O).


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Encore un cliché de Delphine, cette fois accompagnée de votre Paadre dévoué (et on me dit dans l’oreillette « déluré »).


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Deuxième petit montage qui regroupe quelques clichés que mon ATF a pris lorsque j’effectuais ma chorégraphie… On peut dire que ce moment est gentiment en train de devenir un moment classique et incontournable de mes fêtes d’anniversaire… Cette année j’ai chorégraphié la chanson « Jump » de Madonna… Je me disais que dans quelques années j’aurai fait assez de chorégraphies pour mettre sur pied un petit spectacle :D.



Et un autre montage avec d’autres photos de la choré…



… qui s’est concluse avec votre Paadre en train d’effectuer la sole position de Yoga qu’il connaît :D.



Un autre cliché qui aurait bien mérité le prix de « photo de l’année » !



Votre Paadre et Johann essaient (avec succès je dirais) de poser pour une photo sexy :D… Enfin, c’est à vous de juger…



L’ATF et Mélanie (Balcony bien entendu).


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Avec mon CardinaL du Haut du Canton, nous avons essayé de mettre en pratique quelques nouvelles idées pour notre petite chorégraphie… Le Paadre renversé sur une chaise avec la main de Sam qui se promène sur son torse (et j’ai bien dit « torse » et pas autre chose) pourrait par la suite devenir le climax d’une performance qui va entrer dans les annales…



Comment peut-on éteindre des bougies invisibles sur un gâteau d’anniversaire ? Eh bien la réponse est très simple : il faut souffler !


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Votre Paadre et Johann posent pour une photo plus « chaste » par rapport à la précédente…



Après une heure du matin, la fête s’est déplacée au Tuyau Rouge où votre Paadre et une petite équipe de « survivants » a voulu passer faire un coucou à Cindy, Christelle et toute l’équipe travaillant au bar lors de leur ultime soirée… Cet endroit me manquera énormément et j’ai toujours de la peine à croire qu’un bar aussi mythique que le Tuyau Rouge doive fermer parce qu’un connard a été malhonnête !



Deuxième photo au Tuyau Rouge : votre Paadre avec Manti et Tetta qui étaient, entre temps, redevenues Marie et Ana.


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Photo avec l’équipe du Tuyau Rouge (ou Rote Tuyau) : Harold, votre Paadre, Sarah, Christelle, Cindy et Davide. Merci pour tout les gars !



Votre Paadre, devenu Mister Salametti, avec Mélanie (Ba… stop Paadre ça suffit, tu l’as assez dit que c’est Mélanie Balcony ! Tais-toi !).



Autre cliché de votre Paadre.


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Et pour finir la deuxième (et ultime) série de photos, voici un cliché de votre Paadre et son CardinaL du Littoral Ouest sur le Balcony du Paradox.

The End

Ou peut être pas, car je vous avais promis un petit bonus… il s’agit d’une vidéo que Johann a pris lors de ma petite performance, une vidéo peut-être un peu courte (47 secondes), mais néanmoins très sympathique.

 

 

Bien à vous

 

Votre Paadre dévoué (et déluré)