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Prada

Après mon article sur la charmante Città di Bellinzona, je souhaite vous présenter un autre lieu hautement intéressant de ma région d’origine ; il s’agit du petit village fantôme de Prada (qui n’a rien à voir avec la marque Prada à laquelle vous êtes habitués). Je l’appelle village fantôme car il a été habité pendant un certain période au XIXe siècle et puis, du jour au lendemain, il a été abandonné et personne n’y a plus habité pendant plus d’un siècle.

En effet son histoire est assez hors du commun ; au XIXe siècle les habitants de Ravecchia, un village qui est aujourd’hui collé à la ville de Bellinzona, pour échapper à la Peste se sont réfugiés à la montagne et ont crée ce petit village appelé Prada (qui se trouve à environ 600 mètres d’altitude). Les habitants de Ravecchia ont vécu dans cet autre village pendant plusieurs années, jusqu’au moment où, le danger de la Peste étant passé, il sont retournés dans leurs anciennes maisons et abandonné Prada à son triste destin.

Comme vous verrez des photos que je vais vous proposer ensuite, il ne reste plus grande chose du village aujourd’hui ; la nature a reconquis ces terres que l’homme lui avait « volé » et là où autrefois il y avait un petit et florissant village, avec ses champs, ses vignobles et ses pâturages, eh bien il ne reste plus qu’une très belle forêt de châtaignier. La plupart des quelques 30 bâtiments qui composaient le village (on peut donc imaginer qu’une centaine de personnes y habitaient) sont désormais en ruine et partiellement submergées par les feuilles et le humus. Et il en serait de même pour la petite charmante église de Prada si un groupe de personnes bénévoles de Ravecchia n’avaient pas, en 1974 crée une association ayant le but de reconstruire ladite église. Aujourd’hui l’Eglise a été complétée et reste là, témoin d’une page d’histoire charmante et intéressante.

Je veux maintenant vous présenter quelques clichés de ce petit village de Prada, ou au moins de ce qui reste du village…


Une petite vue du Piano di Magadino. En fait le seul moyen pour se rendre à Prada est la marche ; depuis Artore il faut compter une vingtaine de minutes dans un très beau châtainier.


Première maison du village... comme vous pouvez voir, il n'y a plus grande chose... Tout ce qui était en bois a disparu... Seulement les pierres sont réstées comme témoin d'une époque tragique de l'histoire tessinoise.


Une de ces ruines vue de l'intérieur.


Un des bâtiments les mieux consérvés de Prada (mis à part l'Eglise)... Vous pouvez remarquer qu'il ne reste plus grande chose et qu'on n'utilisait pas trop de ciment pour bâtir ces murs


La Nature reprend gentiment ce qui lui appartenait...


L'Eglise de Prada. Charmante n'est-ce pas ?


Dernier cliché de cette série : il s'agit d'une inscription en latin qui parle de la construction du clocher de l'Eglise (ou de l'Eglise) et qui nous fournit une date : 1816.

Voilà... j'espère que vous avez apprécié la petite promenade dans les ruines de Prada.

Votre Paadre dévoué

Une meilleure version de moi-même

Ce soir je tiens à vous présenter un petit poème que j’ai composé. J’ai voulu parler de la vie, du long chemin que nous faisons vers l’inconnu, de la nécessité d’apprendre, de comprendre et de devenir une meilleure version de nous-mêmes. Naturellement j’aimerais que vous exprimiez votre avis sur cette petite composition, comme ça si elle est complètement nulle je ne vais pas recommencer :D.

Une meilleure version de moi-même

Je poursuis mon chemin
pour devenir une meilleure
et nouvelle version de moi-même.
Chaque jour
j’apprends et je comprends :

J’ai appris qu’il y a tous les jours
quelque chose à apprendre,
que chaque minute de notre vie
est importante. Une goutte d’eau
dans la mer de l’éternité.

J’ai compris qu’il ne faut pas
essayer de tout comprendre,
qu’il y a des choses qui échappent
à notre perception. Nous sommes
un grain de sable dans le désert.

J’ai aussi appris…
… à ne pas avoir de Regrets
… à coexister avec mon Passé
… à aller de l’Avant
avec confiance et sérénité.

J’ai aussi compris…
… que je ne suis pas parfait
… que je ne l’ai jamais été
… et que je ne le serai jamais,
mais je ne suis pas le seul.

En quatre ans
j’ai appris et compris
plus de choses
que durant le reste de ma vie

En quatre ans
je crois être devenu
une meilleure version
de moi-même.

Sans Regrets, je poursuis donc
cette Route. Comme tout le monde
j’ignore ce qui m’attends au bout ;
ombre ou lumière (peu importe),
j’aurai l’éternité pour les apprécier.

La route n’a pas toujours
été facile ; maintes fois
je suis tombé, mais chaque fois
je me suis relevé
pour poursuivre mon chemin.

Je n’étais pas seul sur la route :
il y avait vous, mes amis d’un jour
et de toujours, pour me soutenir,
me guider. Mon phare dans la nuit
et mon port dans la tempête.

J’ai envie de,
… marcher vers la lumière
… évoluer et éclore
… être quelqu’un de meilleur
et ne pas avoir de Regrets.

Et vous, chers amis, vous êtes…
… ma carte et mes souliers
… ma canne et mon refuge
… mes guides et mes lumières
dans ce long voyage infini.

Sans aucun Regret
et insouciant des périls
qui m’attendent
je (pour)suis mon chemin.

Sans aucun Regret
Je deviens une nouvelle
et meilleure version
de moi-même.

Quelques Confessions Pontificales

Me voici de retour après quelques jours d’absence. Ces derniers jours j’ai passé mes soirées à bosser à un projet qui me tenait à cœur et qu’avec un peu de chance, ceux qui seront à ma fête de départ pourront admirer… Je n’en dis pas plus pour ne pas gâcher la surprise, mais il faut dire que, personnellement, je suis très satisfait du résultat.

Mais je pense que si vous lisez ces lignes vous aimeriez savoir quelque chose de plus croustillant et intéressant que mes divagations sur un projet mystérieux, c’est pour cette raison que je vais m’atteler à vous dire un mot de ces derniers jours passés au Tessin. Tout d’abord il faut que vous sachiez que je n’ai pas atteint mon but… je n’ai pas fait mon Coming Out familial. D’un côté je suis frustré car j’y tenais à le faire, mais de l’autre je n’ai pas réussi à trouver un bon moment ou une occasion qui se prêtait à cette déclaration. Et croyez-moi ce n’est pas que je n’ai pas essayé, mais comme je vous ai déjà dit, je trouve tout cela très difficile. Bon j’ai encore deux jours avant de m’envoler à Amsterdam pour voir Madonna et qui sait que le miracle ne va pas opérer ?

En tout cas il faut aussi noter que ma famille est un peu « aveugle ». Samedi soir je suis allé à une soirée gay ici à Bellinzona, une soirée très chouette en soi (dj Tatana aux platines), mais qui n’a pas réussi à me changer les idées comme j’espérais… donc je disais que je suis allé à cette soirée gay et que j’ai amené à la maison un magazine qui s’appelle Pride et qui est posé dans ma chambre en belle vue… J’attendais des questions de la part de ma mère, mais rien… Pas un mot par rapport à ça. Et avec mon frère c’est pas mieux : je lui avais dit que j’allais à cette soirée et le dimanche il m’a demandé comment était la soirée : je lui ai répondu qu’elle était cool et alors il s’en est sorti avec un « j’ai mes doutes… c’était une soirée pour les gays et les lesbiennes » :S. Non mais ils font exprès ?? Je n’en revenais pas… C’était probablement le moment rêvé, le moment où ils se décidaient à me questionner, mais rien. Frustrant n’est-ce pas ?

Sinon à propos de cette soirée gay, organisée par une association tessinoise de gays et lesbiennes n’était pas si mauvaise ; bon c’est clair qu’avec l’Equipe de Neuchâtel elle aurait été beaucoup plus drôle et que je me serais beaucoup plus amusé. Là j’ai fait la connaissance avec des jeunes et j’en ai aussi profité pour leur demander quelles étaient les possibilités pour des jeunes gays au Tessin et apparemment il n’y a pas grande chose

Et pour ceux qui veulent du croustillant, qui veulent savoir si le Paadre a dragué quelques jeunes hommes, eh bien il faudra que je vous déçoive ; d’abord il y avait plus de lesbiennes que de gays, ensuite les gays qui étaient là n’étaient pas trop intéressants et je n’ai pas vraiment trouvé de chaussure à mon pied. Mais bon… probablement je n’y comptais pas trop non plus.

Le soir avant cette fête je suis aussi sorti en ville et j’ai eu un moment de tristesse dû à un comportement homophobe qui m’a été personnellement adressé par un connard ; or il faut dire que la soirée n’avait pas spécialement bien commencé et que cette conduite a vraiment failli être le coup de massue final à ce vendredi soir, mais finalement le Paadre a montré au Tessin qu’il n’est pas si dépourvu de ressources et il a socialisé avec des jeunes gens très cool et de façon particulière avec deux jeunes hommes très charmants.

Voilà donc quelques Confessions de votre Paadre ; au plaisir de vous revoir par ici.

Votre Paadre dévoué

Najoua Belyzel - Entre deux mondes en équilibre

Le premier article de cette nouvelle rubrique consacrée à mes coups de cœur en matière de musique est consacré à Najoua Belyzel qui a tout récemment été définie comme la nouvelle Mylène Farmer ; or qui me connaît ne soit-il qu’un petit peu sait que je suis un grand fan de la rousse Mylène, c’est pour cette raison que j’ai attendu avec hâte l’occasion de donner mon point de vue concernant la déclaration susmentionnée.

Il est vrai que l’Univers musical de Najoua est très intéressant et se rapproche à celui de Mylène dans plusieurs aspects, mais je n’irai pas jusqu’à dire que Najoua est la nouvelle Mylène et si j’étais à la place de Najoua je ne serais pas ravi d’être continuellement vu de cette manière.

Najoua a aussi des choses à dire, ses fantasmes et ses peurs ; elle a aussi un Univers et à travers Entre deux mondes en équilibre nous avons pu en discerner les lignes générales ; maintenant il faudra voir qu’est-ce qui se passera ensuite, si cet Univers se précisera ou bien disparaîtra.  En tout cas Najoua a du talent et pourrait devenir un grand nom de la musique francophone sans avoir besoin d’une comparaison plus ou moins fondée avec la seule et Unique Mylène Farmer.

Je vais ici parcourir les douze titres de l’album et consacrer quelques lignes à chacun d’entre eux sans en tout cas avoir la prétention de vous inciter à acheter le CD, mais juste attiser votre curiosité et vous donner quelques pistes d’interprétation.


 

Je ferme les yeux : c’est la chanson qui ouvre le premier opus de Najoua et qui a été choisie comme deuxième single. Doubler le succès de Gabriel n’était pas évident, mais je pense que Je ferme les yeux avait toutes les caractéristiques pour s’imposer et pour imposer Najoua Belyzel au grand public. Le thème de cette chanson est l’amour ; la chanteuse est tiraillée entre un amour « terrestre » et un amour plus « céleste ». En plus elle parle de « l’Amour Universel » de « retrouver l’Etincelle » et elle s’adresse à l’Eternel à genoux et en sang, comme si elle était en train de prier.

Celui qu’il me faut : Ce deuxième titre de l’album parle en quelques sortes de l’âme sœur et nous rappelle quelque chose de très important : celui (ou celle) qu’il nous faut n’est pas forcement le plus beau, le plus intelligent, mais quelqu’un avec qui nous complète, quelqu’un qui nous fait sentir bien. J’aime bien le message de cette chanson et je ne peux pas ne pas le transférer à ma situation personnelle.

Bons baisers de Paris : Une chanson qui parle de Paris sous un angle différent que celui dont on entend parler d’habitude. Il faut avouer que cette chanson me rappelle Hollywood de Madonna car les deux abordent le même thème : on déménage dans la grande ville en quête de succès et célébrité et peu à peu on perd son âme, son identité et on change. On risque de devenir ce que les autres veulent que nous devenions et pas ce que nous voulons devenir. Personnellement j’aime beaucoup ce titre et je le verrais bien comme troisième single.

Comme toi : un autre titre qui parle d’amour ; cette fois la chanteuse nous parle de quelqu’un qui est accroché à son partenaire, qui dépend de lui, qui vit pour lui et qui en quelques sortes n’aime pas cette situation parce que cette situation la rend égoïste. Elle finit donc pour aimer et détester au même temps la personne aimée.

L’écho du bonheur : C’est la première chanson lente de l’opus ; Najoua s’adresse à un homme et lui dit qu’il est le seul qui pourrait la libérer, la faire devenir la « femme qui vit en elle ». Mais apparemment le rapprochement de ces deux âmes n’est pas possible dans l’immédiat car il y a des murs qui les séparent. Je trouve que ce titre laisse beaucoup de place à la libre interprétation de chacun d’entre nous ; déjà le fait que l’on parle de « murs » et non d’obstacles plus précis, fait en sorte que cette chanson puisse raconter l’histoire de beaucoup d’amoureux qui rencontrent des obstacles sur leur chemin.

Gabriel : Le titre que tout le monde connaît : c’est la chanson qui a lancé Najoua et qui a donné un aperçu de son univers. On s’interroge et on est intrigués par les lignes « es-tu fait pour lui / es-tu fait pour moi ?» et on se pose des questions sur ce cher Gabriel. C’est clair qu’ici l’ambiguïté est évidente, mais est-ce que ces deux lignes sont vraiment ambiguës ? La chanson dit assez clairement que Gabriel semble incapable de choisir s’il préfère les garçons ou les filles ou bien les deux…

Stella : Face à l’ambiguïté qui n’est pas ambiguë de Gabriel, dans Stella nous trouvons pas mal de matériel pour une longue et intéressante discussion concernant l’ambiguïté. Quels sont les liens de la chanteuse avec cette chère Stella ? Qu’elle est cette « maladie » dont souffrirait Stella ? A la fin de la chanson Najoua nous dit que Stella est la sœur qu’elle n’a pas, mais peut-on être sûrs que là derrière il ne se cache pas autre chose ? Et cette maladie ? Ce n’est pas à moi de rappeler que pas mal de personnes mal informées considèrent l’homosexualité comme une maladie. Ambiguë, très ambiguë…

Des maux mal soignés : Dans ce titre Najoua aborde un thème dans lequel, je suis sûr, beaucoup d’entre nous se retrouvent : nous tendons à cacher nos faiblesses à les enfuir au fond de notre cœur et on compte les soigner de cette façon. Mais on ne peut pas soigner ces maux de cette manière et Najoua nous invite à en parler, à les transmettre à nos proches. J’aime bien cette chanson qui, un peu comme L’écho du bonheur, est très lente et très douce.

Rentrez aux USA : L’OVNI de cet album ! Très belle chanson qui aborde le thème de la guerre (et on pourrait même dire la guerre en Iraq) et des soldats américains qui combattent loin de chez eux. Najoua incite les soldats à rentrer chez eux à retrouver leurs familles avant que « leurs veuves aillent chercher le bonheur ailleurs ». Une chanson très polémique dans laquelle la chanteuse incite les soldats à ne pas écouter la « voix des fous » (j’aime bien cette définition de G.W.B).

Mon sang, le tien : Une chanson qui parle très probablement de la relation privilégiée entre la mère et son enfant ; sur ce coup je ne suis pas sûr à 100% mais plusieurs indices me portent à cette conclusion : déjà le titre Mon sang, le tien me fait penser à deux personnes qui partagent le même sang ; ensuite on parle de « sein », de « premiers pas », de « trace » et de « fil ».

Docteur Gel : Ce titre parle d’abus sexuel de la part d’un adulte sur un enfant, de la peur de la part de cet enfant d’en parler, de sa souffrance et de la haine que cet enfant ressent pour ce Docteur Gel maintenant qu’elle comprend. J’aime bien ce titre.

La berceuse : l’agréable surprise de cet album : une chanson dérangeante, ambiguë dans laquelle Najoua dit (en deux mots) qu’elle en veut à ses parents de l’avoir conçue car elle n’avait pas envie de venir au monde. Elle décrit son père et sa mère comme ses premiers bourreaux et puis, de façon assez surprenante la chanson se termine avec « papa maman, je vous déteste, mais je vous aime ». A vous d’interpréter ceci comme un signe d’une schizophrénie latente ou encore comme un coup de génie inattendu à la fin de ce morceau. En tout cas c’est probablement dans ce titre que Najoua se rapproche le plus de Mylène Farmer.

Saluti da Bellinzona

L’article que je vais publier ce soir est consacré à la ville dans laquelle j’ai grandi. Ca faisait un moment que je voulais vous proposer cet article et cela pour plusieurs raisons : tout d’abord parce que Bellinzona (ou Bellinzone) est une petite ville très charmante et remplie d’histoire ; ensuite parce que c’est la ville où j’ai grandi et où j’ai quand même passé la plus grande partie de ma vie. Enfin je veux aussi vous parler de Bellinzona car je voudrais une bonne fois pour toutes détruire quelques mythes et remettre les pendules à l’heure de manière que l’on ne me fasse plus des remarques telles que « ah mais c’est Bellinzona le chef lieu du Tessin ? Je croyais que c’était Lugano ! ».

Eh bien non ce n’est pas Lugano le chef lieu du seul canton entièrement italophone de la Suisse (il y aurait, pour être précis, l’intéressante exception du village Walser de Bosco Gurin au fond de la Valle Maggia), mais la charmante ville de Bellinzona. Or il faut savoir qu’au moment de la création du Canton Tessin, le chef lieu changeait régulièrement (sauf erreur toutes les années) et que les villes de Bellinzona, Lugano et Locarno étaient à tour de rôle le siège de l’administration cantonale. Seulement, comme vous pouvez bien imaginer, il était assez difficile de tout déplacer à chaque fois ; c’est ainsi que Bellinzona fut finalement choisie comme chef lieu du Canton (ce qui déchaîna le mécontentement des habitants de Lugano). J’aimerais dire à ce propos qu’il s’agissait du choix le plus judicieux car la Bellinzona se trouve au centre du territoire cantonal, donc une personne venant de Chiasso parcourt à peu près la même distance qu’une personne venant d’Airolo.

De nos jours Bellinzona est et reste une charmante petite ville de 17'363 habitants (chiffre au 31 décembre 2005, offert gracieusement par l’OFS) située dans cette vaste vallée creusée par le Tessin, la rivière à laquelle le Canton doit son nom. Comme il a été dit de façon assez claire auparavant, Bellinzona est le chef lieu administratif du canton (Lugano est probablement le chef lieu économique et Locarno le chef lieu touristique).

S’il vous arrivait de passer par Bellinzona, il faut absolument visiter les châteaux ; nous en avons 3 et ils font partie (les trois) de la liste de l’Unesco des patrimoines de l’humanité : Castelgrande (ou Castello d’Uri), Castello di Montebello (ou Castello di Svitto) et Castello di Sasso Corbaro (ou Castello d’Unterwalden). Chacun des châteaux tire son nom des trois premiers « cantons » de la Confédération helvétique. Sinon vous pouvez aussi visiter la vieille ville et si vous vous y promenez le samedi matin, vous pouvez profiter du marché citadin.

En dehors de Bellinzona vous avez aussi la possibilité de faire des magnifiques promenades. Si vous aimez marcher dans la nature je vous conseille le Motto della Croce, une petit col à 1200 mètres qui trône en dessus de Bellinzona. Depuis ce col vous pouvez voir tout le Piano di Magadino, le plateau qui s’étend entre Bellinzona et le Lac de Locarno, Locarno, les îles de Brissago et même le Mont Rose s’il fait beau, ainsi que la Valle Riviera et le début de la Valle Mesolcina.

Voici donc quelques curiosités de cette charmante ville de Bellinzona. J’aimerais bien entendu vous donner beaucoup plus d’informations concernant cette petite ville, mais cet article risquerait de devenir trop long et ennuyant ; c’est en guise de conclusion que je vous propose maintenant quelques photos et quelques cartes postales de la ville.


Pour inaugurer cette série de clichés, je veux commencer par cette vue de Castelgrande. Cette photo a été prise en 1991 lors du 700e anniversaire de la Confédération. Dans la cour du château vous pouvez voir la mythique tente que Mario Botta avait projeté pour l'occasion. Sauf erreur de ma part, ladite tente gît maintenant à Europapark.


Vue assez classique des trois châteaux illuminés (Montebello est partiellement caché par Castelgrande). C'est un peu l'image classique que l'on file aux touristes :D.


De nouveau les châteaux illuminés... Cette fois il s'agit de Montebello et de Sasso Corbaro uniquement.


Une vue du marché du samedi matin. Autrefois il était beaucoup plus sympa, mais on peut encore trouver des produits typiques de la région.


La petite Eglise jaune que vous voyez sur cette photo est l'Eglise d'Artore, mon petit village. En fait je n'habite pas vraiment Bellinzona, mais Artore. Autrefois c'était un village autonome, mais maintenant il fait partie de la commune de Bellinzona, un peu comme la Coudre à Neuchâtel. J'adore ce petit pays et je suis content d'y avoir grandi car il y a encore pas mal de nature... Bref un petit coin de paradis à deux pas de la "grande ville".


Castello di Sasso Corbaro. On l'appelle aussi Castello di Unterwalden ou Castel da Cima (c'est ainsi qu'on l'appelle en dialecte). Il est assez proche du village de Artore et il n'était pas rare qu'on y allait, avec mes amis, pour revivre les aventures des chevaliers. En tout cas, mes chers amis, vous avez devant vous, la photo du premier (et modeste) Palais Pontifical.


Saluti da Bellinzona

votre Paadre dévoué

L'autre...

S’il fallait indiquer une chanson de Mylène Farmer à laquelle on n’a pas accordé l’importance et l’attention qu’elle méritait tout naturellement, il s’agirait sans doute de L’autre, la chanson qui donne le titre au troisième opus de la rousse Mylène sorti en 1991. L’autre… est un morceau magnifique qui arrive toujours à me plonger dans des réflexions profondes. Ce soir je vous propose le texte de cette chanson que je veux aussi offrir comme cadeau à un très bon ami à moi qui fête aujourd’hui son 20e anniversaire.

Eh oui mon cher Benjamin, cette chanson et cet article sont mon très modeste cadeau pour toi et ceci pour une raison bien précise que peut-être tu devineras. Je ne sais pas si tu te souviens qu’un jour je n’allais pas trop fort et nous étions en train de discuter sur msn et tu m’as cité quelques lignes de cette chanson pour m’inciter à ne pas me laisser aller. Eh bien depuis cette fois-là je pense assez naturellement à toi lorsque j’écoute cette chanson.

En plus je trouve que le message enfui dans les paroles de Mylène est très beau : si j’interprète correctement il s’agit d’une chanson qui parle de l’amitié, du besoin d’avoir quelqu’un à nos côté, de la peur de la solitude et tout. J’aime bien cette chanson (ça doit être la troisième fois que je le dis mais bon :D).

Pour toi mon cher, Happy Birtdhay Darling

L’autre…

Quel émoi devant ce moi
Qui semble frôler l'autre,
Quel émoi devant la foi
De l'un qui pousse l'autre,
C'est la solitude de l'espace
Qui résonne en nous
On est si seul parfois
Je veux croire alors qu'un ange passe
Qu'il nous dit tout bas
Je suis ici pour toi
Et toi c'est moi.

Mais qui est l'autre
Quel étrange messager
Mais qui est l'autre
Ton visage est familier
Mais qui est l'autre
En toi ma vie s'est réfugiée
C'est un ami, c'est lui.

Toi et moi du bout des doigts
Nous tisserons un autre
Un autre moi, une autre voix
Sans que l'un chasse l'autre,
J'ai dans ma mémoire mes faiblesses
Mais au creux des mains
Toutes mes forces aussi

Mais alors pour vaincre la tristesse
Surmonter ses doutes
Il nous faut un ami
L'ami c'est lui.

Mais qui est l'autre
Quel étrange messager
Mais qui est l'autre
Ton visage est familier
Mais qui est l'autre
En toi ma vie s'est réfugiée
C'est un ami, c'est lui.

Mais qui est l'autre
Quel étrange messager
Mais qui est l'autre
Ton visage est familier
Mais qui est l'autre
En toi ma vie s'est réfugiée
C'est un ami, c'est lui.

 

Coming out familial

Dans mon dernier article je parlais brièvement de l’objectif que je me suis fixé pour ce séjour au Tessin : faire le Coming Out auprès de ma famille. Eh bien ce soir je veux en parler de façon un peu plus approfondie et vous exposer de façon plus complète le chaos qui règne dans mes pensées.

Il faut tout d’abord penser qu’il y a une différence entre « faire son Coming out auprès de ses amis » et « faire son Coming out auprès de sa famille ». En fait, c’est vrai qu’un rejet de la part d’un « ami » n’est pas facile à accepter, mais dans ce cas il serait utile de se poser une question toute bête : est-ce que je pourrais considérer comme un « ami » quelqu’un qui ne me comprend pas et qui ne m’accepte pas tel que je suis ? Pour ce qui me concerne, la réponse est assez clairement non.

Dans le cas de la famille, la question est légèrement différente ; je tiens à souligner que dans cet article je parle de mon cas car je ne voudrais pas que l’on voie ici une tentative de généralisation d’une problématique qui touche chaque homosexuel mais qui est (évidemment) vécue de façon différente de la part de chacun. Je ne pourrais pas supporter d’être rejeté de ma famille ; je ne pourrais pas supporter le fait qu’ils ne comprennent pas ou qu’ils comprennent mal ce que je veux leur dire.

Vous voyez, votre Paadre est le rejeton d’une de ces grandes (dans le sens « nombreuses » et non « puissantes ») familles tessinoises, soudées et bâties autour des grands parents (i nonni). Comprenez-moi bien, j’adore ma famille et je me suis toujours senti aimé par tout le monde : mes parents m’ont toujours donné tout le soutien, l’appui et la confiance que j’avais besoin, mais suivront-ils cet usage dans le cas d’un Coming out ? Je ne sais pas ! En plus ma famille vit dans un petit village (juste à côté de Bellinzona c’est vrai, mais toujours un petit village) et tout le monde sait que dans les villages les gens parlent… j’ai peur qu’il y ait des fausses rumeurs que pourraient gêner mes parents…

Et puis c’est facile de parler de Coming out, de dire s’ils ne l’acceptent pas tu coupes les ponts, mais je ne veux pas ; j’aime, je respecte et je dois pas mal de choses à mes parents : je ne vais pas vouloir couper les ponts… c’est pour ça que j’ai peur de leur avouer que je suis homosexuel car j’ai peur de leur refus. Cette hésitation est probablement une sorte de défense que j’ai bâti pour contourner le problème Coming out – rejet. Il faudrait maintenant laisser tomber ce moyen de défense et faire le grand pas… de l’ombre à la lumière il n’y a qu’un pas non ?

Certes cela n’est pas si facile à annoncer : ce n’est pas comme quand j’ai dit à ma mère « je n’aime pas le pot-au-feu » ou « je me suis acheté un nouveau manteau », je dois leur dire que j’aime les garçons et non les filles, que je ne vais pas marier MC (mais seulement Julienne si à ses 30 ans on sera encore célibataires les deux) et qu’en gros je suis omosessuale… Pas facile du tout, mais c’est quelque chose qu’il faut que je fasse (et tout seul probablement)…

Mais bon, un but fixé doit être atteint et il faut que je m’y mette un peu plus sérieusement.

Votre Paadre dévoué

Le Tessin

Me voilà à la fin de la première semaine loin de Neuchâtel… Il faut avouer que c’est assez difficile de sortir de la routine bien huilée que je suivais jusqu’à il y a quelques jours. Il faut croire que je ne suis plus fait pour le Tessin (ou peut-être le Tessin n’est plus fait pour moi). Non, ne vous inquiétez pas, le Paadre ne va pas se lancer dans une nouvelle déprime, ni d’ailleurs dans un nouvel article pour dire des choses déjà dites et répétées des dizaines (mais que dis-je, des centaines) de fois.

Or je suis arrivé au Tessin et j’ai passé une bonne partie de ma semaine dans le chalet de mes parents à la montagne ; le projet qui trottait dans ma tête était simple : me reposer et essayer de bronzer un peu. Inutile de dire que le temps n’a pas été très favorable à la deuxième activité de mon planning et même le repos ne fut pas vraiment au rendez vous… Donc finalement j’ai fait tout sauf ce que je souhaitais faire.

Ce qui me fait parfois rire c’est que les gens avec qui je parle du Tessin, voient mes terres d’origine comme un paradis sur terre, un coin exotique à visiter à l’intérieur même des frontières de notre petite Suisse. Pour ce qui me concerne, le Tessin est autre chose : c’est vrai, il y a des paysages magnifiques, des beaux jeunes hommes, et un climat très intéressant (ainsi qu’un festival du film que tout le monde nous envie), mais pour moi ceci est devenu très banal… c’est comme si j’arrivais à Neuchâtel et je n’arrêtais pas de lancer des fleurs sur la Place Pury ou Chaumont… Donc il faut comprendre par cela que pour ce qui me concerne le Tessin est loin d’être le Paradis sur terre et que dans les conditions actuelles je le vois plutôt comme un lieu d’exile, comme une prison.

Sinon à part ça, j’ai toujours pas mal de choses à faire… Mon départ pour Canterbury approche et il faut encore que je m’occupe de plusieurs formalités et de pas mal de paperasse, sans compter que je me suis fixé un but qui tout seul vaut le reste de mes préoccupations : j’ai décidé de faire mon coming out familial avant de partir pour l’Angleterre… or Time goes by so slowly, mais il passe et je n’ai pas encore trouvé le bon moment…

Voilà donc quelques réflexions

Votre Paadre dévoué

Dernier Paradox

Le moment de partir et de renter au Tessin est enfin arrivé… Les défaitistes pourraient dire que la boucle est bouclée, que la vie continue ou encore qu’un chapitre très important de ma vie se terminera cet après midi à 16h34 quand je prendrai mon train pour rentrer au Tessin. Pour ce qui concerne votre Paadre, eh bien, lui il tend à considérer cette aventure « anglaise », voir « canterburienne » comme une parenthèse entre les quatre meilleures années de sa vie et ce qui l’attend à son retour.

Quoiqu’il en soit, pouvait-il (notre Paadre donc) quitter ses terres neuchâteloises sans officier une dernière fois dans son Temple favori ? Eh bien non ! Une petite dernière au Paradox s’imposait et c’est donc pour cette raison qu’il a convié ses Cardinaux et son clergé à une petite soirée tranquille (et tout à fait officieuse).

Entre fous rires, Kamikaze et Martinis, le Paadre n’a pas du tout vu le temps passer… ce qui est positif c’est qu’il n’a guère eu le temps pour déprimer en regrettant, une fois de plus, d’avoir choisi de partir. De toute façon il y aura le temps pour cela une fois que je serai au Tessin.

Une série de clichés commémoratifs s’impose et voici donc quelques photos exclusives.


Au Floridita avant de débarquer au Paradox. De gauche à droite : Alain, Adrien, Romain (Cardinal du Littoral Ouest), Samuel (Cardinal du Haut du Pays de Neuchâtel), Nathalie, Carole, Julienne (CardinalE du Littoral Est).


Le Paadre et ses Cardinaux. Voici les Hautes sphères de son Clergé ou sa Secte comme l'appellent certaines personnes jalouses ;O). Petite remarque de Julienne sur ce cliché et je cite (à peu près :D) : "sur cette photo on voit tout de suite que la Cardinale du Littoral Est prend au sérieux son boulot et que ça ne rigole pas" :D. Faut m'excuser mais je ne pourrais pas citer ce qu'elle dixit plus précisement...


Carole et Cyrielle, deux charmantes demoiselles qui vont jouer un rôle qui n'est pas du tout négligeable durant mon absence : en fait je les ai chargées de surveiller mon cher Cardinal du Littoral Ouest et de garder un oeil bienveillant sur lui... Je sais que la tâche est rude, mais vous allez y arriver ;O). Gros bisous à vous.


Stefan et votre Paadre. Une petite photo pour te remercier d'être un des plus grands fans de ce site ;O)... Je t'adore.


Cette vue va me manquer lorsque je serai en Angleterre... C'est la noce au Paradox.

Votre Paadre dévoué

Tour de Force

La fin de ce long tour de force approche… Il est vrai que le mois de juillet a été très intense et que je suis au bord du collapse, mais il faut que je vous dise un secret : je suis heureux d’éprouver cette fatigue car cela montre que j’ai profité un maximum du temps qui me restait pour passer des bons moments avec les personnes que j’aime bien. C’est vrai que là j’ai probablement épuisé mes réserves d’adrénaline, mais j’aurai du temps pour les rembourrer et je ne me fais aucun souci pour cela… Par contre votre Paadre doit avouer qu’une vague de tristesse a commencé à parcourir l’étang calme et paisible de son cœur…

En rentrant ce soir, par cette longue route droite qui mène du centre ville à Champréveyres, j’ai soudain réalisé que c’était une des dernières fois que j’empruntais cette route… En quatre ans je l’ai parcourue à pieds, en voiture, en vélo, en bus, sous le soleil, sous la pluie, sous la neige, bourré, heureux, fâché, contrarié, et j’en passé. Ce soir je regardais les bâtiments défiler et j’ai eu de la peine à retenir quelques larmes… Je sais cela pourrait paraître con, mais ça va me manquer…

Il faut peut-être que je mette quelque chose au clair pour ceux qui ne me connaissent pas de façon approfondie : c’est vrai qu’en ce moment je fais ma petite déprime pré-départ-en-Angleterre et que l’on pourrait sérieusement se poser la question « mais alors pourquoi il part si ça le fait chier ?». Eh bien c’est bien plus compliqué que cela : lorsque j’ai décidé de partir j’étais dans une phase de ma vie où j’avais extrêmement besoin de changer d’air et même avant cette phase, j’avais prévu de partir une année à l’étranger (je ne savais juste pas quand cela se serait concrétisé). En tout cas cette phase m’a poussé à prendre la décision et à entamer des démarches nécessaires car je savais qu’une fois la machine en route il aurait été difficile, voir carrément impossible de faire marche arrière. Ainsi a donc débuté mon long chemin pour en arriver là… C’est vrai qu’en ce moment je fais ma petite déprime et je pleurniche sur tout ce que je vais quitter ici, mais qui ne ferait pas cela ? Après tout je laisse une vie entière derrière moi et je marche vers l’inconnu…

Donc voilà quoi, j’appréhende, je me sens fatigué et attristé… Je ne sais pas si j’ai peur de ce qui m’attend pendant ces prochains huit mois… c’est même difficile de le dire… ce qui est certain c’est que je reviendrai à Neuchâtel et j’espère retrouver la vie que j’avais quitté. Vous savez, et celle-ci est une vraie confession, c’est la première fois dans ma vie que j’ai réussi à nouer des liens si forts avec des gens et j’ai juste trop peur que ces liens auxquels je tiens ne résistent pas à l’éloignement… dans mes pires cauchemars je reviens de Canterbury et je n’ai plus aucune place ici et je vous jure que c’est complètement effrayant.

Voilà donc pour le petit quart d’heure « confessions » de ce soir. Je vous embrasse

Votre Paadre dévoué