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Un nouveau départ

Bonsoir à toutes et à tous !

 

2015 s’annonce d’ores et déjà riche en rebondissements ; après une année 2014 assez calme et avare en gros changements (j’y reviendrai dans un prochain article), voici que ma vie va être totalement chamboulée au cours des premiers mois de l’année qui a démarré il y a quelques jours. En effet, je vais me lancer à corps perdu dans une nouvelle aventure professionnelle qui m’obligera à quitter Neuchâtel pour une destination inattendue : le Tessin.

 

Mais laissez-moi vous raconter tout cela depuis le début : tout a commencé avec un message que j’ai reçu le vendredi 19 septembre lorsque je me trouvais dans le train pour Bellinzona ; dans ce SMS, ma tante Monica me transmettait le lien pour une offre d’emploi qu’elle avait repérée sur la Feuille officielle tessinoise et qui - selon elle - était susceptible de m’intéresser. Elle n’avait pas tort car il s’agissait de la mise à concours d’un poste d’archiviste avec titre universitaire auprès de l’ASTi (les Archives d’Etat du Tessin). J’ai bien cru que j’allais faire une attaque, non seulement parce que le poste décrit ressemblait trait par trait au poste de mes rêves, mais aussi parce que mon profil correspondait presque parfaitement à celui qui était recherché ; depuis la fin de mes études j’ai répondu à beaucoup d’offres d’emploi, mais aucune ne m’avait jamais encore correspondu aussi nettement.

 

Il ne m’a pas fallu réfléchir longtemps avant de décider de déposer ma candidature pour ce poste ; je n’avais rien à perdre car j’avais déjà un travail que j’aimais beaucoup et donc en cas de réponse négative je n’allais pas me retrouver à la rue (même si j’aurais été très déçu de ne pas avoir été pris). Si par contre la réponse s’avérait être positive, un nouveau chapitre de ma vie professionnelle s’ouvrirait devant moi. J’ai donc commencé à constituer mon dossiers de candidature ; il m’a fallu près d’une semaine pour rédiger la lettre de postulation car je voulais qu’elle soit parfaite. J’ai voulu mettre toutes les chances de mon côté et donc je me suis impliqué comme rarement auparavant pour préparer cet envoi ; j’ai pris tout mon temps et je n’ai envoyé ma candidature que la veille du délai de candidature, fixé au 10 octobre.

 

Après avoir envoyé mon dossier aux Ressources humaines du Tessin, je n’ai pas eu de nouvelles pendant deux bonnes semaines et c’est un vendredi matin, alors que je prenais la pause avec mes collègues et que j’avais presque oublié ce concours et ses enjeux, que la secrétaire du directeur des Archives m’a appelé pour m’informer que son chef souhaitait me voir pour un premier entretien, que nous avons organisé pour le lundi 3 novembre à 9 heures, c’est-à-dire le même jour où je devais être à Isone à 11 heures pour commencer mon dernier cours de répétition. La date ne pouvait pas être mieux choisie : je n’ai pas eu besoin de trouver une excuse bidon pour justifier un voyage au Tessin auprès de mes collègues et de mes amis (jusqu’à là je n’avais encore mis personne au courant de ma postulation : par la suite, je n’ai pas pu tenir ma langue et j’ai fini par le dire à quelques amis proches).

 

Le premier entretien avec le directeur des Archives et un de ses collaborateurs s’est bien passé : j’ai pu répondre de manière (que j’estime) satisfaisante à toutes leurs questions ; de leur côté, ils m’ont expliqué de manière détaillée quelles étaient leurs attentes par rapport au poste mis à concours et à la personne engagée. L’heure d’entretien a passé tellement vite ! A la fin de l’entrevue le directeur m’a informé qu’après avoir vu tous les candidats il organiserait une deuxième rencontres avec les deux ou trois (on était huit pour le premier entretien) qui l’auraient le plus marqué et qu’il me tiendrait au courant dans les quinze jours suivants.

 

Vous pouvez bien imaginer mon état à l’armée pendant cette période d’attente : mon corps était à Isone (et à Eiken pendant trois jours), mais - lorsque mon cerveau n’était pas occupé - ma tête était ailleurs ; et lorsque le directeur des Archives m’a appelé le mercredi 12 novembre j’ai failli faire une nouvelle attaque ; notre conversation téléphonique - qui a fait office de deuxième entretien - a duré une bonne demi-heure, pendant laquelle mon interlocuteur m’a demandé d’autres précisions concernant mon travail à l’HFR et mon parcours. Au cours de ce deuxième entretien il a également évoqué la possibilité que je doive lui envoyer d’autres documents, possibilité qui s’est concrétisée deux jours plus tard lorsqu’il m’a rappelé pour me demander de lui fournir certains papiers qui lui permettraient de bétonner mon dossier. Je lui ai donc envoyé ces papiers le dimanche, lors de mon retour à Neuchâtel ; et le surlendemain j’ai reçu l’appel de l’autre personne présente au premier entretien qui me demandait une toute dernière attestation ; par la même occasion, elle m’annonçait que les deux dossiers retenus avaient été envoyés à leurs supérieurs et qu’ils avait entamé le chemin qui leur permettrait d’atterrir devant le Conseil d’Etat qui allait enfin procéder à la nomination d’un des deux finalistes, un chemin qui pourrait encore prendre deux ou trois semaines.

 

Commence alors une longue attente éreintante pendant laquelle je ne pouvais pas m’empêcher de croire en ma chance au point que je devais parfois essayer de freiner mon ardeur pour éviter d’avoir une grosse déception au cas où le verdict était négatif. Finalement, le mardi 16 décembre aux environs de 14 heures, lorsque je me trouvais aux Archives de la Chancellerie (un signe ?) un appel a mis fin à ce qui pourrait être défini comme un calvaire long de quatre semaines : c’est ma grand-tante Fiore, qui travaille dans les hautes sphères du Département de la Culture, qui a eu le plaisir de m’annoncer que j’avais gagné le concours et que le poste d’archiviste tant convoité était à moi. Inutile de dire que j’étais aux anges et qu’il m’a été très difficile de contenir ma joie. Par ailleurs, après avoir annoncé la nouvelle à Baptiste, qui se trouvait aux archives avec moi, j’ai tout de suite appelé ma mère et envoyé des messages aux personnes que j’avais déjà mis au courant. Ensuite, il a fallu l’annoncer aux collègues et à ma responsable qui ne s’attendaient pas à un tel développement (certaines personnes étaient persuadées que je partirais un jour, mais pas aussi tôt que cela), mais qui étaient malgré tous les inconvénients que mon départ va provoquer, très contents pour moi.

 

Depuis le coup de téléphone de ma grand-tante je n’ai pas vraiment eu le temps de me remettre : en effet, j’ai tout de suite commencé à m’occuper de toutes les questions d’ordre logistique que mon départ au Tessin a engendrées. Il a surtout fallu que je commence assez rapidement à chercher un appartement dans mes Terres natales, car il m’a tout de suite semblé évident que cette fois je ne pourrais pas rester à Neuchâtel et faire les trajets chaque jour : il faudra rentrer au Tessin ! Et je n’avais aucune envie d’être à la rue (bon, au pire des cas, j’aurais pu profiter de l’hospitalité de mes parents pendant quelques temps) ! Fort heureusement, cette fois le hasard a fait très bien les choses et il se trouve que j’avais repéré, depuis un certain temps, une maison à louer à Artore, située à quelques minutes de marche de la maison dans laquelle j’ai grandi. Il s’agit d’un logement qui vient d’être rénové et qui se trouve dans le vieux centre du village. J’ai suivi de loin, mais avec un certain intérêt, les travaux de rénovation au cours de mes derniers séjours dans mes Terres natales et je me suis toujours dit que ça devrait être cool d’habiter dans cette maison ; et lorsque j’ai fait le concours pour le poste d’archiviste et j’ai vu que la maison était à louer, je me suis dit qu’elle devait être à moi.

 

Mais avant d’effectuer n’importe quelle démarche pour la maison, il fallait attendre le résultat du concours, car je ne pouvais pas me retrouver avec un logement au Tessin mais pas de boulot ; autant dire que l’attente de la décision du Conseil d’Etat était plombée par la crainte qu’entre temps l’appart’ soit loué à quelqu’un d’autre, ce qui - à un certain moment - m’aurait semblé presque plus catastrophique que le fait de ne pas gagner le concours. Cette maison m’obsédait au point d’arriver à me dire que ce serait celle-là et aucune autre. C’est ainsi que le 16 décembre, après le boulot, j’ai appelé la propriétaire pour organiser une petite visite du bien en location ; à mon grand étonnement il était toujours libre, alors que j’avais craint qu’il parte en un rien de temps. La visite a été organisée pour le 25 décembre à 10 heures et n’a fait que confirmer mon coup de cœur pour cette maison, même si elle n’est pas tout à fait comme je l’avais imaginée. Pour essayer de freiner mon enthousiasme et avoir un œil plus critique j’ai effectué cette première visite avec mon père qui, détail assez important, connaît très bien la propriétaire.

 

Le logement se trouve dans une vieux bâtiment typiquement tessinois de trois étages ; il compte une grande cuisine habitable entièrement agencée avec poêle à pellets au rez-de-chaussée, une belle salle de bains avec douche italienne et une chambre à coucher au premier étage, ainsi qu’un grand salon au deuxième et une grande mezzanine qui peut facilement être transformée en bureau ou en chambre d’ami. Il n’y a pas de cave, mais il y a un petit local technique avec la pompe à chaleur, ainsi qu’une terrasse et deux grands balcons (un au premier et un deuxième). La maison a vraiment été rénovée avec goût (la propriétaire nous a dit qu’elle a fait les travaux comme si c’était elle qui devait emménager). A la fin du tour, j’étais conquis (et, ce qui est plus important, mon père aussi) ; j’ai donc manifesté mon intérêt tout en demandant d’avoir la possibilité d’y réfléchir pendant quelques jours avant de prendre la décision définitive. La propriétaire a été d’accord et m’a même laissé les clés afin que je puisse revenir visiter la maison avec ma mère.

 

Finalement, je n’ai même pas eu besoin de quelques jours pour prendre ma décision : en effet, une deuxième visite avec mon frère plus tard dans la matinée, ainsi qu’une troisième le lendemain avec ma mère m’ont convaincu. Et par chance, lorsque je me trouvais dans la maison avec maman, la propriétaire a débarqué avec deux amis à elle (que je connais aussi) pour leur montrer les travaux qu’elle a fait faire et je lui ai donc tout de suite dit que si elle voulait toujours de moi j’aimerais bien louer cette maison géniale et elle a été d’accord ; à présent, il ne me reste plus qu’à signer le contrat, mais je devrais avoir les clés de mon nouveau chez moi au début du mois de mars, comme ça je pourrai commencer à m’installer avant de commencer le nouveau travail.

 

En attendant, j’ai pas mal de pain sur la planche : tout d’abord, il me faut trouver un repreneur pour mon appartement de Neuchâtel, car il n’a pas été possible de donner ma résiliation dans les temps afin que je puisse partir à la fin du mois de mars sans chercher un nouveau locataire ; j’étais persuadé que le délai de résiliation était de trois mois (comme pour le 99% des appartements), mais non : pour le mien ce sont quatre mois, ce qui fait que j’aurais dû envoyer ma lettre le 30 novembre… or je savais que j’avais toutes mes chances d’obtenir le poste, mais je n’étais pas si inconscient… on ne vend pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué non ? Et puis j’étais convaincu que le délai était de trois mois ! Du coup, mon contrat de bail me lie à cet appartement jusqu’au mois de juin, à moins que je ne trouve un nouveau locataire (solvable de préférence) qui voudrait emménager dès le 1er avril ; j’ai déjà effectué quelques démarches pour trouver un repreneur, mais je vais vraiment me concentrer sur cela à partir de la semaine prochaine, après que j’aurai pris le temps le week-end qui vient de prendre quelques photos et de publier des annonces sur les principaux sites. Mais je ne me fais pas trop de soucis : je sais que d’autres appartements de l’immeuble se sont loués en un rien de temps car ce sont des biens très convoités, notamment par les étudiants.

 

Et après il faudra se concentrer sur le déménagement : il n’y a pas que les cartons et les nettoyages (ma gérance m’a envoyé une liste longue comme le bras de points auxquels il faut faire attention en rendant un bien immobilier), mais aussi plein de formalités administratives, tels que les changements d’adresse, le déplacement des papiers dans la nouvelle commune (qui - dans mon cas - est aussi mon ancienne). Il faudra aussi que je décide si je prends tous mes meubles avec moi ou si j’en laisse quelques-uns ici ; lors des visites je vais sonder les envies des locataires potentiels et voir si certaines pièces peuvent les intéresser ; sinon je peux toujours essayer de les vendre sur la Toile, comme j’ai déjà fait avec le frigo et la cage aux rats. Et puis, il faudra bien entendu que je m’occupe de l’emménagement dans le nouvel appartement : je me suis déjà promené dans les principaux magasins de meubles, histoire de me faire une idée des prix et trouver les pièces qui pourraient satisfaire mes envies. Car oui : j’ai déjà une petite idée du genre de meubles et du style que je veux donner à ma future maison (ce qui est déjà un bon début).

 

Les premières enquêtes ont été assez concluantes, au point que j’ai trouvé tout le nécessaire pour la chambre à coucher, ainsi qu’une très belle table et des chaises pour la salle à manger. Celles-ci sont les dépenses plus urgentes : pour le salon et le bureau je peux - pour l’instant - utiliser une partie des meubles que je possède déjà et les changer à fur et à mesure que j’aurai le budget.

 

Voilà, les prochains mois vont donc être bien remplis ; actuellement je ne m’en rends pas encore vraiment compte, mais je pense que dans quelques semaines tout va s’accélérer ; il y aura des moments de stress pendant lesquels je vais certainement me dire « mais qui m’a fait faire ça ? », mais au bout de ces quelques mois de course et d’incertitude se trouve le poste dont je rêve depuis plusieurs années. Par ailleurs, le 30 décembre j’ai revu mon futur chef et après être tombés d’accord sur une date de début (le 1er avril), nous avons encore longuement discuté de ce qu’il attend de moi et des défis que je serai appelé à affronter une fois que j’aurai commencé à travailler aux Archives ; il va y avoir du boulot ! Et j’aime ça !

 

Je me réjouis de me lancer dans cette nouvelle aventure qui va bouleverser une vie bien rangée et une routine qu’il m’a fallu plusieurs années pour instaurer ; je vous avouerai que j’ai tout de même un peu peur de tout quitter et de faire ce saut dans l’inconnu car j’aime bien ma vie actuelle et je crains de me retrouver dans une situation qui me plairait moins. Mais - en même temps - s’il y a une chose que ce concours m’a appris, c’est qu’on peut toujours se donner les moyens de changer son avenir. Il faut aussi avouer que - malgré la joie de retourner à faire tout ce que j’aime vraiment à un endroit qui est cher à mon cœur - je ne peux m’empêcher d’être triste à l’idée de m’éloigner d’une très grande partie de mes amis ; il est vrai qu’entre Bellinzona et Neuchâtel il n’y a que quatre heures de train, mais il est indéniable que ce sera beaucoup plus difficile de voir mes amis de façon impromptue. Enfin, il faudra un peu plus d’organisation et de motivation, mais je suis convaincu qu’il sera toujours possible de voir mes potes assez régulièrement ; de plus qu’ils m’ont déjà tous dit vouloir venir me rendre visite au Tessin (je les comprends… il y a pire comme endroit pour passer des bons week-ends).

 

Voilà ! J’arrive au bout de la troisième page, donc il vaut peut-être mieux que je m’arrête ici. De toute manière, je crois avoir fait le tour de la question et avoir partagé avec vous l’essentiel ; et puis vous allez certainement encore entendre parler de cette nouvelle aventure très bientôt.

 

Bien à vous

 

Votre Stefano