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27 février - 8 mars : carnaval !

Bonsoir à toutes et à tous !

 

Ce soir je vais enfin prendre le temps de revenir une première fois sur mon dernier séjour au Tessin afin de vous parler du carnaval, une des périodes plus attendues de l’année par beaucoup de monde du sud des Alpes ; le carnaval (je devrais peut-être dire LES carnavalS, car chaque village a le sien) est un véritable institution et demande des semaines, voire des mois, de préparation, que ce soit pour ceux qui l’organisent dans les différentes communes ou pour les participants, c’est à dire des particuliers, des groupes ou des « Guggenmusik », qui travaillent avec passion à leurs costumes, leurs chars ou leur répertoire musical.

 

C’était la première fois que je retournais au Rabadan, le carnaval de Bellinzona, depuis une bonne décennie ; la dernière fois avait - en effet - été en 2004 lorsque j’étais encore un étudiant consciencieux qui rentrait chez ses parents à la moindre occasion ; par la suite, je n’ai plus pu m’y rendre pour des raisons différentes et variées qui allaient des soucis budgétaires que chaque étudiant rencontre aux examens en passant par la préparation des dossiers de Meyriez. Ça m’a manqué ! Mais - en même temps - je n’ai pas vu ces dix ans passer et donc je n’ai pas vraiment l’impression d’avoir loupé quelque chose… de plus que j’ai toujours renoncé au carnaval sans regrets et le cœur léger.

 

Pour ce grand retour, il fallait marquer le coup et frapper très fort : c’est ainsi que j’ai décidé de participer au grand défilé du dimanche après-midi (retransmis en direct sur RSI) avec « Quei dal to Mam » (en français ça donnerait « ceux de ta mère »), le groupe que mon frère et ses potes ont créé il y a quelques années et qui participe régulièrement au « corteo » du dimanche. Non seulement j’avais envie de vivre cette expérience en tant qu’acteur (normalement je la vivais comme spectateur devant ma télé ou au bord du Viale della Stazione), mais - en plus de cela - le fait d’être dans un groupe m’évitait de perdre trop de temps à réfléchir au déguisement, ce qui est fort pratique (des gens qui réfléchissent pour moi : ça me fait un peu penser à l’armée…).

 

Pendant le défilé du dimanche, les différents groupes en profitent pour revenir de manière ironique, allégorique et percutante sur des événements qui ont marqué l’actualité régionale, nationale et internationale ; dans le défilé de cette année on a beaucoup moqué certains événements qui ont défrayé les chroniques au Tessin en 2013, mais aussi l’immigration massive, l’Europe et les déboires de Lara Gut. Le groupe de mon frère s’est attaqué à une thématique plutôt originale qui n’a été traitée par aucune autre équipe et qui a fait couler beaucoup d’encre dans les médias tessinois à la fin de l’été passée : les sangliers radioactifs.

 

Voici en quelques mots de quoi il en retourne : au cours des mois qui ont précédé la période de la chasse au Tessin (elle se déroule toujours les trois premières semaines du mois de septembre) on (je ne sais pas qui) a découvert qu’une partie des sangliers qui errent dans les forêts tessinoises présentaient une quantité excessive de Césium, un élément radioactif issu de la fission nucléaire qui peut être potentiellement dangereux pour la santé de l’homme ; ces valeurs hors-norme ont été attribuées à l’habitude des sangliers de creuser assez en profondeur dans le sol et de se nourrir de certaines sortes de champignons qui poussent sous la terre (et que l’autre gibier ne mange pas, d’où le fait que les autres animaux n’était point touchés), et qui auraient absorbé la radioactivité du terrain. Mais d’où vient à la base cette radioactivité ? Probablement de Tchernobyl. Eh oui ! Trente ans après les effets néfastes de cette catastrophe se font encore sentir, même chez nous. Du coup, les chasseurs qui parvenaient à tirer un sanglier, devaient - en plus de le déclarer comme le prescrit la loi - le faire tester pour voir s’il était radioactif ; s’il ne l’était pas, le chasseur pouvait rentrer avec son trophée, alors que s’il l’était, il devait s’en séparer et tenter à nouveau sa chance.

 

Cette histoire assez étonnante a beaucoup interpellé « Quei dal to Mam » et c’est pour cette raison que le thème a été retenu par le comité. C’est ainsi que notre beau char, avec sa tour de refroidissement de centrale nucléaire et cette horde de sangliers radioactifs (c’est pour cela qu’on était jaunes), a apporté la réflexion aux quatre coins du Tessin et de la Mesolcina, et notamment aux carnavals de Roveredo, Bellinzona, Chiasso et Biasca ; certains aurait aussi voulu aller à Tesserete, le cinquième grand carnaval du Tessin, mais - malheureusement - le cortège avait lieu en même temps que celui de Biasca. J’ai participé à tous les défilés sauf à celui de Roveredo car je n’étais pas encore en vacances.

 

Je n’ai pas vu passer le défilé de Bellinzona ; je n’ai presque pas vu les milliers de personnes qui nous applaudissaient au bord de la route car j’étais très concentré sur la chorégraphie (qu’on m’avait apprise à peine cinq minutes avant le départ du défilé) ; il faisait très chaud dans ce costume de fourrure jaune et nous étions tous en nage et au bout de nos vies en arrivant à la fin du cortège. A Chiasso nous n’étions pas très nombreux : ça se passait le mardi après-midi et donc beaucoup de monde travaillait (et d’autres récupéraient après un week-end assez « fatigant » à Bellinzona) ; le défilé nous a paru interminable, surtout que les enfants - mais également certains parents - ont pris un malin plaisir à nous remplir de confettis et de mousse à raser (je dirais même que les parents se sont plus acharnés que les enfants). C’est le cortège que j’ai le moins aimé. A Biasca, l’ambiance était géniale : nous défilions presque à la fin du cortège, ce qui nous a laissé le temps de faire l’apéro et de bien nous préparer ; au final, nous avons simplifié notre chorégraphie et - surtout - nous avons kiffé ! A la fin du défilé, tout le monde dansait sur le char, devant le char, autour du char, bref c’était génial ! En général, il y a avait tout le temps une bonne ambiance dans le groupe et cela même si - au niveau du classement dans les différents concours - cette année « Quei dal to Mam » n’a pas brillé : nous sommes arrivés treizièmes (sur dix-neuf) à Bellinzona, avant-derniers à Chiasso et neuvièmes à Biasca ; nous avons déjà mieux fait, mais - après-tout - l’important est de prendre du bon temps et pas se faire de mauvais sang à cause du point de vue d’un jury dont personne ne connaît ni la composition, ni les critères d’évaluation…

 

Pendant les trois défilés, nous avons eu une météo magnifique : le dimanche à Bellinzona il faisait grand soleil, alors qu’on avait eu un vendredi et un samedi pourris (la neige a même refait une apparition furtive mais embêtante, surtout dans certaines régions du canton). Par ailleurs, le mauvais temps de vendredi m’a poussé à rentrer chez moi à mon retour d’Ambrì, où j’étais allé voir le match des Léventins contre Lugano, au lieu que de sortir boire un verre avec mon frère et ses potes… Le lundi la pluie a fait un bref retour, mais elle a laissé la place au soleil dès le mardi matin pour le défilé de Chiasso et cela jusqu’à mon retour en Romandie le dimanche après-midi, c’est-à-dire le lendemain du cortège de Biasca.

 

Que dire encore de ce retour au carnaval après une décennie d’absence ? Eh bien que ce fut très chouette d’assister à certaines manifestations, comme par exemple le concert que les Guggenmusik ont donné sur les marches de la Collegiata, et de retrouver cette ambiance survoltée qui sort la ville de Bellinzona de sa léthargie (c’est encore plus le cas depuis que l’on impose un niveau maximum de décibel ridicule au centre-ville à cause d’un sombre personnage qui veut transformer Bellinzona en cimetière) l’espace de quelques jours. J’ai passé pas mal de temps avec mon frangin et ses amis, très difficiles à suivre lorsqu’il s’agissait de descendre des bières : je n’en avais pas encore terminée une que je me retrouvais déjà avec la suivante… dur ! Mais ce fut fort sympathique et j’ai pris du bon temps. Rendez-vous en 2015.

 

Bien à vous

 

Votre Stefano

Petite pause cigarette avant de passer au bar suivant…

Petite pause cigarette avant de passer au bar suivant…

Un clin d’œil à une polémique qui a enflammé Bellinzona pendant plusieurs mois.

Un clin d’œil à une polémique qui a enflammé Bellinzona pendant plusieurs mois.

Ca donne faim de faire la fête n’est-ce pas frangin ?

Ca donne faim de faire la fête n’est-ce pas frangin ?

Photo de groupe : Michel, Theo, Riccio, mon frère, leur pote et sa copine.

Photo de groupe : Michel, Theo, Riccio, mon frère, leur pote et sa copine.

Votre serviteur avec les lunettes de Viola.

Votre serviteur avec les lunettes de Viola.

« Amici della Fenice », une Guggenmusik tessinoise de Ponte Capriasca.

« Amici della Fenice », une Guggenmusik tessinoise de Ponte Capriasca.

Des musiciens exceptionnels arrivés à Bellinzona depuis le canton Berne.

Des musiciens exceptionnels arrivés à Bellinzona depuis le canton Berne.

Le Roi Rabadan attend de faire son apparition avec sa cour…

Le Roi Rabadan attend de faire son apparition avec sa cour…

Spacatimpan, une autre « Guggen » historique du sud du Tessin…

Spacatimpan, une autre « Guggen » historique du sud du Tessin…

Cette clique avait des costumes magnifiques, inspirés de « Madagascar ». Génial !

Cette clique avait des costumes magnifiques, inspirés de « Madagascar ». Génial !

Votre sanglier radioactif dévoué.

Votre sanglier radioactif dévoué.

27 février - 8 mars : carnaval !
Photo de groupe prise par Viola : « Quei dal to Mam » et leurs figurants.

Photo de groupe prise par Viola : « Quei dal to Mam » et leurs figurants.

Merci à Viola pour ce cliché.

Merci à Viola pour ce cliché.

Un moment du défilé du dimanche (encore un cliché de Viola).

Un moment du défilé du dimanche (encore un cliché de Viola).

Castelgrande et Piazza della foca sous le magnifique soleil du dimanche.

Castelgrande et Piazza della foca sous le magnifique soleil du dimanche.

La « foca » emprisonnée pour être mieux protégée.

La « foca » emprisonnée pour être mieux protégée.

Des chauves-souris.

Des chauves-souris.

J’ai failli demander si je pouvais récupérer cette locomotive pour mes longs trajets entre Fribourg et Neuchâtel.

J’ai failli demander si je pouvais récupérer cette locomotive pour mes longs trajets entre Fribourg et Neuchâtel.

Séance de maquillage avant le défilé de Chiasso.

Séance de maquillage avant le défilé de Chiasso.

Mon frère ne semble pas très rassuré pendant le maquillage…

Mon frère ne semble pas très rassuré pendant le maquillage…

Tout le monde doit s’y plier, même les artistes…

Tout le monde doit s’y plier, même les artistes…

Notre magnifique char !

Notre magnifique char !

En attendant le début du défilé.

En attendant le début du défilé.

Un détail du char, avec les dessins de Michel.

Un détail du char, avec les dessins de Michel.

Photo de groupe à Biasca.

Photo de groupe à Biasca.

Elle est chouette cette photo.

Elle est chouette cette photo.

Mais que fait Scossa ?

Mais que fait Scossa ?

Et c’est parti pour le dernier défilé…

Et c’est parti pour le dernier défilé…

Notre magnifique chorégraphie.

Notre magnifique chorégraphie.

Cin-ghia-le !

Cin-ghia-le !

27 février - 8 mars : carnaval !
27 février - 8 mars : carnaval !
Tout le monde meurt à la fin…

Tout le monde meurt à la fin…

Le défilé de Biasca est terminé.

Le défilé de Biasca est terminé.

C’est l’heure de faire la fête !

C’est l’heure de faire la fête !

… n’est-ce pas Elia ?

… n’est-ce pas Elia ?

Photo de groupe sur notre char.

Photo de groupe sur notre char.

Scossa et Theo.

Scossa et Theo.

27 février - 8 mars : carnaval !
Caterina et moi.

Caterina et moi.

Une dernière pour la route.

Une dernière pour la route.