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15 septembre 2013 : Week-end de fête à Artore

Bonsoir à toutes et à tous !

 

Dans mon article de l’autre jour, je vous ai annoncé que j’allais vous parler de la « Festa della Madonna », événement majeur du calendrier mondain du village de Artore ; il est donc temps que je tienne mon engagement et que je vous parle de cette fête fort sympathique qui rassemble, chaque deuxième week-end de septembre, les habitants du village où j’ai grandi pour trois jours de festivités.

 

D’après mes connaissances, la fête comme on la connait aujourd’hui est née il y a près de trente-cinq ans lorsqu’un groupe de jeunes hommes motivés de la région, le « Gruppo Giovani Artore » a décidé d’organiser un événement pour accompagner les festivités de la « Madonna della Salute » (Notre Dame de la Santé), une fête religieuse profondément ancrée dans le village. Parmi ces jeunes, il y avait mon père, mon oncle Manu et bien d’autres personnes ; trois décennies plus tard, le groupe existe encore (ses membres fondateurs en font encore partie), il s’est enrichi de nouveaux bénévoles - comme par exemple mon frère - et il continue d’animer la vie de Artore qui, en-dehors de ces moments, s’écoule comme un long fleuve tranquille. Par ailleurs, dans quelques jours, le groupe proposera la traditionnelle « castegnada » (des marrons chauds pour tous les gens du village) ; sinon, il organise aussi la venue de Saint Nicolas en décembre, une promenade en car d’une journée destinée aux ainés du village, ainsi qu’un apéritif sur la place du village pendant les beaux jours.

 

Mais je reviens à la « Festa della Madonna » ; depuis plusieurs années, elle s’articule sur trois jours : elle commence le vendredi soir avec une dégustation de fromages venant des quatre coins du Tessin, mais aussi du reste de la Suisse et même de l’étranger. Pour des raisons d’organisation (et de budget) l’entrée à cette dégustation n’est pas libre, mais se fait sur inscription préalable et il paraît que les places disponibles partent comme des petits pains. Les festivités continuent le samedi en début de soirée avec un moment dédié aux enfants auxquels le Gruppo Giovani offre des hamburgers et des frites, pendant qu’un magicien les entretient avec des tours de magie ; la soirée continue avec une grande grillade ouverte à tous, suivie par une soirée animée par un groupe de musique, soirée très arrosée qui dure en général jusqu’à très tard.

 

La journée de dimanche (la plus importante) commence avec une messe, suivie d’une vente sur le parvis de l’église de gâteaux préparés par les paroissiens afin de financer les travaux d’entretien et rénovation de la petite (mais charmante) église de Saint Sébastien (petite pensée pour Loïc et Arielle). Après la messe, les habitants du village sont attendus par le Gruppo Giovani sous la tente des festivités pour un petit concert de la fanfare de Daro (le village entre le nôtre et la ville de Bellinzona) ; pendant ce temps, le bénévoles mettent la dernière touche au repas de midi : émincé de bœuf avec de la polenta (de la vraie, pas celle qu’on mange à l’hôpital…) ou, pour ceux qui n’aiment pas l’émincé, du fromage, du gorgonzola ou bien un bol de polenta avec du lait. Les festivités se poursuivent pendant tout l’après-midi avec de la musique, une petite loterie et en début de soirée les bénévoles rallument le grill et proposent à nouveau des grillades pour ceux qui ont encore un peu de place dans leur estomac.

 

Vous l’aurez compris, pendant ce week-end on mange beaucoup ; si en plus on connait beaucoup de monde (ce qui est mon cas…) on risque aussi de beaucoup boire et de se faire payer quelques verres par toute la parenté (et la mienne est très vaste…) ; cette année on a bien profité du cognac aux œufs concocté par mon cousin Luca et ses amis… Et que dire de la nourriture ? Les fromages étaient délicieux, les grillades magnifiques et je suis reparti de la tente avec de la polenta et de l’émincé à réchauffer lors de mon retour à Neuch. (oui, au Tessin on a encore peur que je ne mange pas à ma faim en terre romande…).

 

Cela faisait quelques années que je n’avais pas pu retourner au Tessin pour cette fête (en 2011 et 2012 j’étais au Danemark) et j’avais vraiment envie de retrouver cette ambiance si familière… De plus que j’ai pu monter sur le clocher et aider mes cousins et leurs amis « a tirlingada » : à l’occasion de certaines fêtes (Notre Dame de la Santé et Saint Sébastien - les patrons de l’église - ainsi que Noël), les jeunes de Artore sonnent les cloches de l’église en suivant un motif bien précis, transmis au fil des générations jusqu’à aujourd’hui. Lorsque j’étais adolescent, j’allais souvent « a tirlingaa », surtout que cela ne se faisait pas uniquement le jour même de la fête, mais chaque soir au cours des neuf jours qui la précédaient ; c’était donc assez bouleversant de reprendre en main « al campanon » (la grosse cloche) comme je le faisais autrefois.

 

Au final, ce week-end très attendu a tenu toutes ses promesses ; vivement 2014 !

 

Bien à vous

 

Votre Stefano

Le village vu depuis le haut du clocher. Au centre, la tente où a eu lieu la fête.

Le village vu depuis le haut du clocher. Au centre, la tente où a eu lieu la fête.

Quatre des cinq maisons en haut à gauche appartiennent à un membre de ma famille...

Quatre des cinq maisons en haut à gauche appartiennent à un membre de ma famille...

Une dernière vue de mon village depuis le clocher. C’est tellement beau !

Une dernière vue de mon village depuis le clocher. C’est tellement beau !

« Al Campanon », la grande cloche de l’église du village.

« Al Campanon », la grande cloche de l’église du village.

Mon cousin Luca et mon cousin (au 6e degré) Nicola très concentrés pendant la « Tirlingada ».

Mon cousin Luca et mon cousin (au 6e degré) Nicola très concentrés pendant la « Tirlingada ».

Le maniement du « campanon » est toujours très délicat…

Le maniement du « campanon » est toujours très délicat…

Mes cousins s’attaquent à la « Teresa », le grand final de la « Tirlingada ».

Mes cousins s’attaquent à la « Teresa », le grand final de la « Tirlingada ».

En compagnie de ma tante Doris (aucun commentaire sur le type derrière…).

En compagnie de ma tante Doris (aucun commentaire sur le type derrière…).

Pris sur le vif avec mon frère et mon cousin (au 5e degré) Christian.

Pris sur le vif avec mon frère et mon cousin (au 5e degré) Christian.

Mon frère et mon cousin : un duo explosif !

Mon frère et mon cousin : un duo explosif !

Photo de famille : mon père, ma mère, ma grand-mère et mon cousin.

Photo de famille : mon père, ma mère, ma grand-mère et mon cousin.

Les bénévoles (dont mon cousin et mon frère) s’activent derrière le bar.

Les bénévoles (dont mon cousin et mon frère) s’activent derrière le bar.